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quer certains cas où la sensibilité persistait plus ou moins obtusé malgré la résection du nerf sciatique: Voici ce qu’écrit Létiévant :
Sensibilité suppléée après la section du sciatique
La sensibilité conservée dans une si grande par-
-tie du membre, après la section du sciatique au
milieu de la cuisse, s'explique naturellement par
la théorie des suppléances, et quelques souvenirs
anatomiques en font comprendre le mécanisme.
> La face interne de la jambe et d’une portion du
pied ne peut pas être privée de sensibilité ; elle est
innervée par le nerf saphène interne né du crural,
, et qui recouvre de ses ramifications divergentes,
non seulement la face interne, mais encore les sur-
- faces antérieure el postérieure de cette partie du
membre ; ses rameaux les plus inférieurs attei-
gnent jusqu'aux liinites de Ta plante du pied ; quelquefois on les aurait suivis jusqu’au gros orteil.
La surface externe de la jambe, dans sa moitié
supérieure, reçoit les ramifications cutanées d'un
gros nerf, le petit sciatique. Celui-ci, après avoir
innervé cette région, n'est pas épuisé ; il s'anasto-
nose encore par un filet assez gros avec le saphè-
ne externe dont il constitue une des racines im-
portantes.
Le saphène externe, son accessoire el la branche
cutanée péronière sont destinées à Ja peau de la
moitié inférieure de la face externe de la jambe et
Nenet
à celle du dos du pied. La section du grand sciatique entraîne la paralysie de ces nerfs ou mieux celle de la portion de la peau qu'ils animent.
Mais l’anastomose du petit sciatique est pour eux une source nerveuse qui persiste. Cette anastomose explique sans doute pourquoi la portion jambière de la plaque anesthésiée conserve une certaine sensibilité à la douleur et à la température : les tubes anastomotiques du petit sciatique s’y sont répandus. S |
Il est probable que les tubes anastomotiques s'épuisent dans celte portion de la plaque, car, dans le reste du pied, au dos comme à la plante, il n'y à plus aucune sensibilité à la douleur, ni à la tempéralure : il ne S'y perçoit plus que quelques vagues sensations de contact ou de frottement d'autant moins accusées qu'on s'éloigne davantage des limites des parties vraiment sensibles.
On remarquera que les régions sur lesquelles les sensations de contact ou de frottement sont seules perçues, sont surtout voisines des parties saines (bordure de la plaque) ce qui rend très rationnelle leur interprétation par le second mode de sensibilité suppléée : l'ébranlement des papilles les plus rapprochées et qui dépendent des nerfs sains du membre. Ces papilles recueillent les impressions qui se produisent sur les bords de la plaque anesthésiée et les transmettent au sensorium commun qui les apprécie. » |
Pour conclure de tout cet exposé, nous retien-
FEAT te
drons que la résection du nerf sciatique suivie de paralysie et d’anesthésie dans le territoire de ce ner n'entraîne pas éommeé on pourrait le croire, une impotence fonctionnelle absolue du membre inférieur ; la possibilité de la déambulation est notée dans un grand nombre d'observations, tout au moins dans les premières années qui suivent l’opération. Mais on est, à présent, en droit de demander ce qu'il advient si en plus viennent se greffer des troubles trophiques cui constituent le danger direct des sections nerveuses et surtout des réseclions nerveuses. « L’atrophie et la dégénérescence fibreuse des muscles ne sont-elles pas l’apanage presque obligatoire de la section des nerfs moteurs » ? C'est ce que MATHIEU se demande à propos du cas de Bour£zLzy (archives générales de médecine, juin 1880). « Nous n'avons pas, dit-il, à examiner ici, si cette transformation aponévrotique, pour ainsi dire, si nette dans notre cas, à la simiple palpation, se produit prinitivement dans le muscle, où si elle est le résultat de la propagation descendante d’une névrite proliférative ». Du reste ces troubles trophiques sont également notés dans les observations de TRELAT, de MARCHAND: Sans insister sur la sécheresse de l’épiderme, sur sa desquanation furfuracée, sur la déformation de-. ongles, il faut noter davantage l'œdème mou de la jambe, l’épaississement et linduration du Ussu hypodermique et surtout des ulcérationsqui se sont toujours produites sur une partie anesthésiée de la
LEr poALEe
peau. Ge sont là autant de troubles sérieux qui assombrissent le pronostic déjà grave de ces opérés. Il serait, en outre, intéressant de savoir si l’atrophie musculaire, les rétractions tendineuses conjointement observées ne contribueront pas à imprimer aux différents articles du membre des positions vicieuses qui jetteront une perturbation profonde dans le jeu de la marche et de la station de-. bout ?
>) Cas où la résection du nerf sciatique non suivie de suture n'est accompagnée d'aucuns troubles tardifs.
Nous avons, parmi nos observations, recueilli. deux cas qui rentrent dans cette catégorie. Nous les relatons ici car tout leur intérêt réside dans ce paradoxe physiologique. La première est relatée dans la Gazette des Hôpitaux, 1864, page 319. C’est. une lettre de Micnon à MARJOLIN, sur un névrome du sciatique. «Mme X... avait un névrome du sciatique, à la sortie de l’échancrure sciatique, du volume d’un œuf de poule, accru très rapidement, très douloureuse.
Extirpation de la tumeur avec section du nerf sur une longueur de 7 à 8 centimètres. Mme X... marcha d’abord avec une béquille ; mais après quelques mois, elle put marcher sans appui, aller beaucoup dans le monde et au bal, où elle dansa les danses à la mode à cette époque. Elle a été guérie c’est-à-dire qu'il n’y a pas eu de récidive.