‹ Contribution à l'étude des tumeurs primitives du nerf sciatique (volume 2)Chapitre 25 sur 36 · SOCCIÉTÉ ANATOMIQUE DE PARIS · texte numérisé non relu

SOCCIÉTÉ ANATOMIQUE DE PARIS

Séance du 27 mai 1896

Fibro-sarcome du nerf sciatique, par MM. LEGUEU et MARIEN

Il s'agit d'une volumineuse tumeur enlevée sur le sciatique d’un homme de 35 ans. Cette tumeur, du volume des deux poings, (s'était développée dans la partie ischiatique de ce nerf. Elle fut enlevée par excision, le nerf n'ayant pu être conservé, confondu qu'il était avec la masse principale de la tumeur.

. De forme ovoïde, elle est d’une consistance plutôt dure et présente à la coupe, un tissu assez résistant, qui offre une coloration blanchâtre translucide. Par le raclage, il est difficile d'obtenir un résidu quelconque. Sur une section faite à travers ce tissu, l'on voit des tourbillons ou pelotonnements séparés par des tractus longitudinaux.

A l'examen microscopique des coupes, l’on constate que ce néoplasnie est constitué, en majeure partie, par des cellules fusiformes qui ont un gros noyau granuleux, se colovant fortement : leur protoplasmia. est transparent et, elles se terminent par deux extrémités allongées.

Elles sont de dimensions variables et se ramifient entre elles.

Des vaisseaux sanguins ont pour parois propres des cellules embryonnaires soudées les unes aux autres et ils affectent la même direction que celles de ces cellules.

Il est. à noter que les éléments embryonnaires ont une : tendance à s'organiser en tissu conjonctif, car l’on aperçoit un grand nombre de travées fibreuses répondant à la description classique du sarcome fasciculé.

Pape SARCOME DU SCIATIQUE

Communication orale de POIRIER, relatée dans PERET GILBERT, thèse de Paris 1891

Le 24 décembre 1890, j'ai enlevé à Ducey, dans la Manche, avec l'assistanice des docteurs TISON et LORETr, une tumeur développée dans le nerf sciatique, Sur un homme de 38 ans.

La tumeur de volume d'un gros œuf d'oie, était de cou-

‘leur noirâtre et de consistance très ramollie par places. Elle s'était développée sur le tiers moyen du nerf sciatique. La dissection attentive (le membre étant anémié par la bande dEsmarck, nous permit de voir que les fibres du nerf étaient détruites par places ou éparpillées en divers points de la tumeur. Résolus à faire le possible pour conserver quelques fibres nerveuses, nous suivimes successivement plusieurs faisceaux ; mais dans la profondeur de la tumeur, ses faisceaux étaient détruits.

Cependant nous pûmes garder un faisceau du diamètre de 3 millimètres environ, reliant les deux bouts du tronc nerveux qui fut excisé dans le reste de ses fibres sur une: longueur de 14 centimètres environ. Le faisceau que nous pûmes isoler et conserver n'était pas sain : il présentait un renflement ovoiïde de même couleur noirâtre et de même consistance que le reste de la tumeur. Sachant qu'en conservant ce faisceau, je m'exposais à une récidive rapide, maïs craignant, d'autre part, qu'après la section com- -plète du nerf le membre ne fut’et ne restât paralysé, je griai le docteur Tison de conclure. Il passa dans la chambre voisine où était réunie la famille et revint en me priant de conserver la continuité du tronc nerveux. Alors je me

L'or

contentai d'exciser le petit renflement ovoïde et avec une curette je le grattai et ie vidai de mon mieux.

Suture. — Réunion par première intention.

Je n'étais pas sans inquiétude sur les fonctions du membre, étant donné la petitesse du faisceau conservé, et la délacération que je venais de lui faire subir. Huit jours après, une lettre du Dr Tison m'’apprit que le membre inférieur avait conservé toute sa sensibilité et sa mobilité. Je ne peux pas renseigner très exactement sur lä nature de la tumeur dont l'examen histologique n’a point été fait ; je l'ai d’ailleurs enlevée ‘par petites masses, ayant cherché pendant tout le cours’de l'opération, à ménager les filets nerveux. Elle était formée d’un tissu mou, noirâtre, amolli par places, très friable et je crois qu’il s'agissait d'un sarcome. | ;

Elle avait débuté 2 ans auparavant, était restée petite, pendant 22 mois, puis s'était subitement accrue dans les deux mois qui précédaient l'opération que le malade avait toujours refusée. Ce malade était jaune, maigre, cachectique, peu rassurant pour l'opération.

Cr NÉVROME DU 'SCIATIQUE POPLITÉ EXTERNE Ablation de la tumeur par G. Roux (Marseille Médical 1886, page 577.) — Résumée

C..., femme de 56 ans, souffre depuis trois ans, de viotentes douieurs .dans la région externe de la jambe droite. Contaminée par son mari qui avoué sa spécificité, elle est d’abord traitée par le mercure.

N'ayant pas d'amélioration le Dr Roux, procède à un nouvel examen et finit par découvrir dans le creux poplité, une petite tumeur, fort douloureuse au toucher.

. Opération. — Mise à nw de la tumeur, ouverture de la gaîne.

Le chirurgien pratique la décortication et conserve la plus grande partie des fibres superficielles qui, n'ayant subi qu'un allongement, pourront entretenir, plus tard, l’innervation du membre. Guérison 6 mois plus tard, toutes les fonctions de la marche se passant avec une Res parfaite.

Examen. — Tumeur de la grosseur d'un œuf de pigeon dure au toucher ; surface lisse, bien circonscrite, entourée d'une membrane d’enveloppe sur laquelle sont développées les fibres nerveuses, comme les mailles d'unifilet autour d'un ballon.

Examen histologique. — Tissu fibreux et un nombre considérable de cellules embryonnaires, avec peu de tubes nerveux.

Hume. The lancet 1886, Tome Il, page 344. Résumé d'après PERELT (GILBERT

SARCOME DU NERF POPLITÉ INTERNE

Joseph...., 30 ans, mineur, entre le 28 janvier 1886, se plaignant d'une tumeur de la région poplitée avec douleurs dans la jambe. Le début de l'affection paraît remonter à 4 mois. Les douleurs pouvaient être réveillées par la flexion forcée de la jambe sur la cuisse, et par les efforts

de travail ; elles se propageaient jusqu'à la plante du pied et la base des orteils. ä |

Depuis quelques semaines, le malade s'était aperçu de l'existence d'une tumeur située derrière le genou. Sa santé n'avait pas été aussi bonne que pendant l’année 1885. 11 est grand, bien développé, avec une maïgreur générale et une pâleur spéciale de la face.

Vers la partie inférieure de l'espace poplité du côté droit, sur la ligne médiane est une tumeur qui s'étend jusqu’au centre gastrocnémien. La /tumeur est. profonde, sans oponévrotique, mobile quand la jamdke est fléchie immobile quand elle est étendue, légèrement mobile cependant dans le sens latéral lors de l'extension de la jambe. Elle est douloureuse à la pression. É

Le diagnostic fut : sarcome, et d’après la direction des irradiations douloureuses, tumeur du poplité interne.

4 février. — L'opération démontre que la tumeur, molle, ovale, extrêmement vasculaire, est accolée aux fibres du nerf poplité interne, Comme elle n'avait pas d’adhérences avec les tissus voisins, elle fut séparée de la gaîne des vaisseaux facilement, et le poplité interne avec lequel elle était incorporée, fut dégagé à une certaine hauteur audessus et au-dessous.

Le tronc du nerf fut alors divisé : la partie enlevée mesurait trois pouces et demi.

Examen anatomique. — La tumeur est encapsulée dans la gaîne du nerf ; elle se termine d'une façon nette à ses deux extrémités : on ne peut la séparer du nerf par la raison bien simple que des tubes nerveux la traversent. A la coupe, on voit deux grandes cavités 1emplies de sang et de grumeaux.

L'examen microscopique permet de voir un grand nombre de cellules embryonnaires occupant les interstices qui séparent les tubes nerveux. C’est un fibro-sarcome du nerf poplité interne.

sou | L'examen des troubles de sensibilité et de la motilité fournit les résultats suivants : la sensibilité fut intéressée dans toute la zone inmgervée par le tibial postérieur. L’extension du pied sur la jambe fut conservée par suite de l'intégrité des branches musculaires des gastrocnémiens qui se détachaïent au-dessus de la tumeur. La sensibilité ‘du cou de pied et du pied qui dépend du poplité externe, fut respectée ; aussi indemnes les péroniens latéraux.

NÉVROME DU TIBIAL POSTÉRIEUR par LANNELONGUE

Journal de médecine , de Bordeaux 1886, p. - #14

Il s’agit d'un homme âgé de 60 ans ; pas d'’antécédents. A l'âge de 16 ans, il s'aperçoit de la présence, en arrière de la malléole interne du côté droit, d'une tumeur, grosse à cette époque, comme une noisette. Cette tumeur a aug: menté peu à peu, et insensiblement de volume. Au début, le malade souffrait fort peu, mais à mesure que la tumeur faisait des progrès, les douleurs devenaient plus vives et présentaient des irradiations du côté de la plante du pied et jusqu'aux orteils.

Au mois d'août dernier, chute d'une grande, hauteur à la suite de laquelle la tumeur a augmenté de volume. Lè malade est obligé de s’'aliter à cause de l'impossibilité de travailler et de la vivacité des souffrances.

En &e moment, il n’a pas de fièvre, mais perte . die some

. meil. Tantôt le malade éprouve une sensation de pied mort

dans la région plantaire, tantôt les douleurs sont lanci-

a | A bre

nantes au niveau même de la tumeur et au-dessous d'elle : elles rappellent les douleurs fulgurantes de l'ataxie.

La tumeur, située en arrière de la malléole interne du côté droit, est de la grosseur d’une mandarine allongée dans le sens vertical ; mobile sur les parties profondes. La peau a conservé son aspect normal. Si on fait contracter te tendon d'Achille, la tumeur reste mobile et indépendante. Dans le sens vertical, au contraire, pas de mobilité.

La consistance de la tumeur est dure ; sa surface est régulière, sans bosselures ; elle n’est ni ramollie, ni fluctuante en aucun point de sa surface.

L'exploration de la tumeur permet de constater que la tibiale postérieure est située en avant d'elle ; pas de souffles ni d'expansion.

L'examen des troubles fonctionnels est le suivant : la sensation douloureuse n'est pas la même aux deux extrémités du diamètre vertical ; c’est en haut qu’elle est la plus forte, et cette douleur se traduit par des contractions du visage, ou si l’on persiste par de véritables cris. Partant de là, la sensibilité s’exagère suivant des lignes verticales, séparées par des zones indolores. La douleur retentit à la piante du pied, sous la forme de fourmillements et de violents lancements. Enfin la compression du nerf tibial postérieur au-dessus du lieu d'élection de la tumeur, fait disparaître l'hyperesthésis au-dessous, ce qui dénote une connexion. intime entre le tronc nerveux et le néoplasme situé sur son trajet. On peut alors impunément presser la tumeur, le malade ne sent rien.

. Après une série de considérations sur le diagnostic différentiel de la tumeur, le professeur Lannelongue s'arrête enfin à celui du fibrome du nerf tibial postérieur.

L'opération eut lieu le 25 mars. Il s'agissait bien, en effet, d'un fibrome au-dessus duquel s'étalaient les fibres nerveuses du tibial postérieur. II n'y a eu qu'à récliner ces

LINGE fibres pour énucléer facilement la tumeur. Guérison complète. ,

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