SECOND CAS
Le second cas offre, au point de vue de la physiologie nerveuse, un intérêt d'autant plus grand qu'avant l'opéra-
. tion le patient avait déjà une paralysie des muscles animés par le nerf poplité externe, tandis que les parties du ds du pied desservies par les branches cutanées du même nerf conservaient leur sensibilité normale. Or, cet état, malgré l’incision d'un segment du nerf poplité externe, réséqué avec la tumeur, ne s’est nullement modifié. La tu meur avait à peu près le même siège et les mêmes dimensions que la précédente. Quand elle fut mise à nu on vit qu’elle avait considérablement déplacé et aplati les nerfs sciatique et poplité interne, tandis que le nerf poplité exter-. me, complètement entouré par la masse sarcomateuse, la traversait. On ne pouvait presque pas, même après avoir fendu la tumeur, reconnaître le nerf dans son épaisseur. Il fallut, en conséquence, réséquer avec la tumeur un grand fragment du nerf poplité externe et dénuder le poplité interne et le sciatique. La guérison marcha très vite ; la sensibilité des parties innervées par le poplité externe demeura intacte (à chaque piqûre d’épingle dans le territoire de ce nerf le patient réagit, et localise exactement le point piqué, quoiqu'il ait les yeux fermés).
L'auteur pense que la conductibilité nerveuse s’est rétablie par quelque filet anastomotique du poplité externe, ou ce qui semble impossible à cause de la grande étendue de la perte de substance, par la réunion et la régénération des extrémités du nerf.
BICKERSTETH. Ext. des\Archives de Méd. 1883