CHAPITRE IH
Etiologie
L'étiologie des tumeurs primitives du sciatique est aussi obscure que celle de toutes les tumeurs ; les auteurs incriminant tour à tour pour les tumeurs des nerfs le rhumatisme, la scrofule, la lépre sans jamais apporter aucune preuve certaine de leur influence, nous avons fouillé dans nos observations mais sans trouver quelque rapport.
La syphilis a été incriminée également. ARoNssOHN cite deux cas où le malade avait contracté la syphilis antérieurement. Le fait paraît avoir la valeur d’une simple coïncidence, il ne peut rien prouver.
LeBoucQ, dans sa thèse inaugurale, rapporte une observation un peu plus probante : il s'ag.…sait d’une tumeur de la partie postérieure de la cuisse qu’il diagnostiqua être un névrome. Le malade ayant eu la syphilis, le traitement à l'iodure de potassium fit disparaître la tumeur. Etait-ce
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bien d'abord une tumeur du sciatique ? Il est permis d'en douter et nous opposerons à ce fait, le cas de Roux, dans lequel le traitement mereuriel appliqué à un spécifique porteur d’un névrome du sciatique ne donna aucun résultat.
Le traumatisme, dans un grand nombre d'observations, a été regardé comme cause de là tumeur. Nous avons recherché dans nos observations et n'avons (trouvé que trois cas où le rôle du traumatisme ail pu être invoqué. Dans notre observalion personnelle, c'est à la suite d’un violent coup de pied à la partie postérieure de la cuisse que la douleur est apparue et nécessita 4 ans plus tard l'ablation d’une tumeur à ce niveau. De même dans le cas de Verneuil rapporté par Türrier, «le y novembre 1870, le malade ressentit un effort, une douleur dans le jarret et, quinze mois plus tard, on trouva une tumeur du creux poplité. » Dans le cas de BonNET : « J. Gaudet, à la : suite” diun Choc: recut-sSur “le/%jar ret gauche, s’aperçut, au bout de 3 ans, d’une petite dureté sur ce point. » Que conclure de ces faits où la tumeur n'apparaît que F5 mois, 3 ans après lé coup ? Peut-être le trauma a-t-il produit une initation inflammatoire du nerf, d’où prolifération et suractivité ? Tout cela demanderait à être vérifié. Du reste, ce ne serait donc qu'exceptionnellement que les néoplasmes des nerfs succèderaient au traumatisme. Il est plus probable que par un préjugé très répandu le malade accuse un:
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traumatisme antérieur, à l’occasion duquel son attention a été attirée vers des troubles qui jusque là ne l'avaient point frappé. Bref, aucune preuve n’en a jamais démontré la véritable influence et tout au plus, peut-on considérer le traumatisme comme une cause occasionnelle.
D'autres auteurs, plus modernes, ont invoque l'hérédité et ont signalé les rapports qui existaient entre la maladie de RECKLINGHAUSEN et les tumeurs isolées des nerfs. « Ces relations (1) sont déjà mises en évidence par la recherche des antécédents familiaux. Une malade de Rapox, porteuse d'un névrome plexiforme, avait son père atteint de neuro-fibromatose. POxcETr, ARNozAN et d’autres ont mème retrouvé la maladie de Recklinghausen dans les deux générations précédentes. » Nous-même pouvons mentionner deux cas, celui de Besson et celui de Lirrce dans lesquels le père d’une part et la mère d'autre part étaient porteurs de tumeurs sous-cutanées.
« Les relations directes sont plus intéressantes. D'après Cunéo, un grand nombre de névromes s0litaires ne sont en réalité que le stade initial d'une maladie de Recklinghausen. » On ne compte plus les observations de malades opérés d’une tumeur en apparence unique, et chez lesquels ont apparu ultérieurement tous les signes de neuro-fibromatose. » Dans l'observation empruntée à MACKENZIE
Cuxéo, Revue de Chirurgie, 1909.
on peut voir un de ces cas. C’est le seul que nous ayons trouvé mais il se peut qu'un examen ultérieur eût fait découvrir de nouvelles tumeurs. Ce sera au chirurgien de se rappeler ces relations pour les découvrir en les cherchant.
Quant à la fréquence relative de ces tumeurs du sciatique, suivant l’âge et le sexe, voici quel est le résultat de notre statistique.
Pour l’âge, pour 25 cas où l’âge est noté Les limiles extrêmes seraient donc 9 ans et 60 ans. Voici leur fréquence. : |
Entre Tr él :10. ans.T1: cas
1 VTT € 20 — 2 — 1:57 90 et 30 — 06 — 3o et 40 — 9 — — oo et 5o — 3 — + | VON tor er
Cette statistique nous permet d'admettre pour les tumeurs primitives du sciatique, les conclusions de GIRARDIN à propos des tumeurs des nerfs en général. «Si l’on considère que l’époque d’observation est souvent très éloignée de la date d’apparition de la tumeur, nous nous croyons autorisés à conclure que les tumeurs des nerfs, sans être propres à l’âge moyen de la vie, sont néanmoins peu fréquentes chez les enfants el plus communes avant 4o ans qu'après.
« Quant au sexe, l'homme serait plus exposé que. la femme. En effet, sur 26 cas, 2r concernent des
PARA LR
hommes et 5 des femmes. Ceci avait déjà été reconnu par les auteurs et on savait que les tumeurs des. gros troncs nerveux étaient plus communs chez l'homme. » Nous n'avons trouvé aucune raison de ce fait ; quelques auteurs ont cependant songé à établir une relation entre cette fréquence et la vie de l’homme plus exposé aux traumatismes que la femme.