‹ Contribution à l'étude des tumeurs primitives du nerf sciatiqueChapitre 20 sur 23 · ARCHIVES GÉNÉRALES DE MÉDECINE JUIN · texte numérisé non relu

ARCHIVES GÉNÉRALES DE MÉDECINE JUIN

Sarcome du sciatique, résection du nerf, mal perforant et variole, par BOUILLY, chirurgien des Hôpitaux, et Ma- THIEU, interne des Hôpitaux. — Résumée par PERET GiL- BERT, Page 115. 4

Le nommé L. C., âgé de 31 ans, cuisinier, entre le 15 avril

Les premiers symtômes de l'affection qui l'amène à l'hôpital se sont manifestés il y a 6 mois. A cette époque, il commença à éprouver, dans le pied gauche, des fourmillements, des picotements, qui se produisaient surtout la nuit, pendant le repos au lit.

Ce fut seulement au mois de février 1878 qu'il éprouva pour la première fois, en s’asseyant, une douleur d’une vive intensité, dans la cuisse... Il s'aperçut alors de l’existence d’une tumeur, vers le 1/3 supérieur de la face postérieure de la cuisse.

A partir de ce moment, les phénomènes douloureux allèrent rapidement en s'aggravant. Les: élancements gagrièrent les jambes et devinrent tellement violents que tout repos était imposible. Les douleurs procédaient par exacerbation et s'exaspéraient surtout la nuit. Pas de somineil.

24 avril. — Le malade est grand, assez vigoureux, d’un ‘ teint pâle et lymphatique. Il à maigri beaucoup depuis quelque temps. Il se tient immobile dans son lit, la jambe fléchie sur la cuisse, dans l'attitude des gens atteints de sciatique. On ccnstate, en effet, les points douloureux caractéristiques de la sciatique, Au-dessous du pli fessier, se trouve une tumeur qui occupe le 1/8 supérieur de la cuisse.

Allongée, fusiforme, limitée agsez nettement en haut, se perdant en bas insensiblement vers les parties profondes ;

"ele est immobile dans le sens vertical, avec des. mouv»: RAA ment de latéralité peu étendus.

k | Consistance dure à la partie supérieure À AU ee A Ps de fluctuation dans son milieu

SN Longueur 12 centimètres. Largeur 4 centimètres.

Fe : Le malade <nbupe à ce de den de très inten- |

1 ses. Er pr Ke à LR {

La palpation ne devient pénible que quand on cherche à imprimer à à la tumeur des mouvements de latér alité. ; Jambe amaigrie. Pas de modifications de la peau. Con- servation de la sensibilité : : il paraît Le avoir un peu d'hy- ‘| poresthésie’ profonde. Muscles plus flasques que du côté opposé : : la jambe est habituellement fléchie sur la cuisse, ee sans contracture. Le pied est. inerte, en extension passive. k Traitement résolutif sans amélioration. L'opération n'a Je dieu que le 28 mai. Une incision verticale de 15 à 18 centi- ; | mètres est faite, dans la direction du grand axe de la tu, | mer Î Incision ‘de la peau et de l'aponévrose. La tumeur située entre la longue portion du biceps et le demi membra-

ceaux nerveux sont refoulés à Ja Surtacel Il est de toute Ê nécessité de pratiquer la section du nerf, au- -dessus et au- | dessous de la tumeur. Le lendemain, on constate l'abolition de la sensibilité sur la jambe et le pied, à à l'exception de la partie qui correspond à la face interne du tibia et au, bord interne du pied :

Les jours suivants se déclare une variole. LÉ de juin | jétat de. la sensibilité est le suivant : la face dorsale du | pied, da partie interne de la face plantaire, les orteils et 4e talon sont insensibles. Fa

Le malade a conservé la sensibilité le long du bord in: terne du pied, jusqu’: au niveau de l'articulation métacar. po-phalengienne du gros orteil, le tiers interne de la plante du pied à conservé paiement là sensibilité.

A la jambe, anesthésie de la région externe. Au niveau VS PAR MNOE HAS AMEN NA

neux est. facilement énuclée à l'aide des doigts. Les fais.

de l'articulation tibio-tarsienne, la zone “d'anciens oceupe environ les deux tiers antéro-internes de la jambe. Sur. la face interne de la jambe et sur le bord interne du pied, la sensibilité est conservée. Pendant ce temps-là, Ja variole suit son évolution. Des ulcérations se montrent en diffé. rents endroits ; au pied et à la jambe ; la cicatrisation fe la plaie se fait lentement. On observe en même temps des : ha) troubles trophiques du:côté de la peau et des ongles ; ue | À pertrophie du tissu cellulaire sous-cutané, atrophie mus- : | culaire énorme. Les muscles ne réagissent plus aux exci- “+ -tations électriques. A malade marçhe en, se servant de bé-. . quilles : il s'appuie à peine sur lextrémité du pied. # L'articulation tibio- -tarsienne n'étant plus fixée par les ALES muscles, le pied a une tendanéé à se dévier latéralement. : AU commencement de février 1880, dix mois après la ré-

section du sciatique, on constate la présence de deux ulcé-. 4

rations siégeant l'une au niveau de la tête du cinquième Fo

HS sien, longue de 2 à 3 centimètres, déuite plès peti- res

te, à l'ex! trémité de la pulpe du gros orteil. Toutes les deux Ë re ” F

sont taillées à pic, sur un fond bourgeonnant et -sanieux. “

15 avril 1880. — L'ulcération. du gros orteil s'est fermée.

Celle du cinquième métatarsien a continué à progresser. - :

Un stylet introduit arrive jusqà l'os dénudé. A la suite

d'un pansement approprié l'ulcér ation marche vers la sue,

| rison. D Es

Æ JARR - L'état de la sensibilité s'est assez. modifié: ir ue tout

é d'abord que l'étendue de la zone insensible, constatée sur 1a partie externe de la jambe, ait “encore diminuée. re

La bande d'anesthésie, suivant la direction du péroné, e

persiste. En dehors de cette. zone insensible, se trouve une zone de sensibilité imparfaite. Presque partout il rar on i retard dans la perception. À la partie. supérieure de de

aie jambe, l’anesthésie qui, au début, allait jusqu'à la tête du péroné, s'arrête à 4 ou 5 travers. de doigt au-dessous.

L'atrophie et les troubles cutanés re Rien. nine.

se

d'une névrite ascendante.

[EXAMEN ANATOMIQUE. — La tumeur, se présentait sous la.

\ forme d'une masse ovoïde, allongée, à striation très mar- quée à la surface, constituée par les faisceaux nerveux épaissis. et rejetés à. Ja périphérie. Au niveau des deux ex-

trémités, au- dessus et au-dessous de la section, le nerf pré-

sente un diamètre bien au-dessus de la normale.

Le centre de la tumeur est "mou ; il existe une sorte de cavité centr ale, remplie d'une sorte de bouillie graisseuse, qu'il est facile d'imprimer par une pression assez légère.

L'examen macroscopique fait par M. QUÉNU, chef de laboratoire d'histologie de Clamarf, a permis de conclure ‘ quelles lésions du nerf au niveau de la section du bout cen- ‘ral sont celles de la névrite interstitielle, névrite à la fois intra et extra- fasciculaire. On pourrait se demander si ces amas de cellules embryonnaires n'ont pas une autre signification, eb si si elles ne sont pas l'indice d'une propagation ar néoplasme, au bout central, nous ne le pensons pas ; d'abord nous n'observons pas au niveau de ces îlots, de | petits vaisseaux à parois embryonnaires et ensuite il y à

dans le tissu, une tendance manifeste à l’organisation con-

jonctive. | =

ES côté d'ilots de cellules rondes, nous distinguons ça et. - là des cellules étoilées, fusiformes, des faisceaux de tissu

à conjonctif ; chaque préparation pourrait servir à l'étude du développement conjonctif. Les coupes faites en pleine tu-

meur démontrent la. nature sarcomateuse de celle-ci, Abon-

dance de cellules rondes et de corps fibro-plastiques plon- * gés dans une gangue granuleuse, il n°y à nulle part, tr ace

de” tubes nerveux. Il s'agit donc d’une tumeur sarcomateuse dont le centre a subi la dégénérescence graisseuse.

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dique u une récidive locale. Rien non plus: ne met sur la voie

SARCOME KYSTIQUE DU NERF SCIATIQUE

Dr MARCHAND

Société de ‘chirurgie (Séance du 30 juillet 1879)

Observation résumée. — Il s'agit d'un malade de 38 ans, dé bonne santé, sans antécédents morbides.

Il y à cinq ans qu'il s'aperçut par hasard, de l'existence d'une grosseur peu volumineuse, allongée, siégeant profondément à la partie postérieure de la cuisse gauche. Peu à peu, cette grosseur à grossi d'une facon lente et continue : ne provoquant d'autres douleurs que quelques souffrances assez vives, quand une violence accidentelle, même légère venait à l'atteindre.

Il y à deux ans, à cause du volume, il consulta un docteur qui emploie sans résultats quelques résolutifs. Tout semblait normal lorsque six Semaines environ avant l'époque à laquelle il fut soumis à l'observation du docteur Marchand, sous l'influence d’un mouvement forcé, il perçut une sorte de craquement suivi d'une douleur vive. A partir de ce moment, la tumeur prit un accroissement subit, qui augmenta son volume d'un bon tiers, et devint d'une sensibilité excessive à toute pression. La marche devint presque impossible, tant étaient pénibles les contractions musculaires qu'elles nécessite,

De plus, les douleurs spontanées se montrèrent presque en même temps, ayant pour point de départ la tumeur, avec irradiations vers là jambe et le pied. Elles revenaient par accès, étaient particulièrement vives la nuit, et consistaient en. élancements rapides se renouvelant à courts intervalles et cheminant suivant le trajet bien connu des cCivisions du sciatique.”

dre SAN | Envoyé au docteur Marchand, celui-ci constate en \ Dre “ æ d'une tumeur volumineuse, Siégeant à la partie posté- É rieure de la cuisse, dont elle atteignait, en haut, da partie 6 ‘moyenne, en bas elle arrivait jusqu'à à l’ extrémité supérieu-

LL transversal, 11cm environ! La peau était partout mince et rieurs, son exploration n' était possible qu'à la condition

tour d'elles opposaient un sérieux obstacle,

M La partie accessible était d'ailleurs lisse, régulière, sans Le ‘ Fe bosselures! En déprimant les muscles, on parvenait à cir- conscrire latéralement le néoplasme, tandis qu'on-ne pouvait juger aussi aisément de ses connexions profondes.

haut, en bas, au contraire, la tumeur était mobile jusqu’à an certain point. La consistance était partout ferme et ‘élastique. CAS partie la plus $aillante on percevait comme : NX aa une fluctuation profonde et obscure.

NÉE La tumeur était sensible au toucher, et sa pression était ‘ M très pénible ; ; par contre, nul trouble du côté de la motrici- VE vs

JR) PA té, de l'appareil circulatoire, ni du côté de la jambe, quoi-

; \ que là saillie du ‘mollet. fut moins forte que lautre de MR eme id à : | Nous dûmes dont songer immédiatement à un de ces néo- 4e plasmes dont le développement ne s'accompagne point d’apus % bord de troubles graves de l'organisme, et qui ont leur Hoi de. départ dans le tissu conjonctif du nerf. Dép Ans fut donc décidée avec a paper que commenf

re du creux poplité. Elle ne faisait pas une saillie considé-. rable, bridée qu'elle était, par l'aponévrose fémorale, qui. tes refoulait entre les muscles de la région. Elle ou nait surtout vers la région postéro-interne du membre, vers le point où es vaisseaux traversent le grand adducteur pour se. porter” vers le creux du jarret. Son grand axe Ver- À c tical et légèrement DRE en dedans, mesurait 16 cm, de ie

normale. Profondément encastrée dans les muscles posté. ï

de fléchir la jambe ; dans l'extension, les tissus tendus au-.

Les déplacements latéraux étaient faciles, tandis que de à

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