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III. — La tuberculose rénale

Le rein bifide ne semble pas plus prédisposé à la tuberculose que le rein normal. C’est ainsi que Braasch et Scholl n’ont trouvé que 6 cas de tuberculose sur 144 cas de reins doubles, soit 4 % des cas.

Franco, sur 170 cas de reins doubles n’a trouvé que 13 cas de tuberculose dont 10 avec localisation au rein supérieur et 3 seulement au rein inférieur. Nous-même n’avons trouvé aucune localisation de bacille de Koch sur le rein malformé dans les 6 cas d’uretères bifides rapportés par nous. Au contraire, dans un cas le rein normal était tuberculeux, tandis

Nage

que le rein malformé était parfaitement sain (observation n° ID. :

La pathogénie de la tuberculose rénale en cas de bifidité urétérale n’offre pas un grand intérêt. Plusieurs théories ont été énoncées. En général, on admet l’origine hématogène : une petite embolie bacillaire, le plus souvent localisée au rein supérieur donnerait une petite caverne, puis l'infection s’étendrait

‘au bassinet et au tronc urétéral commun.

L’autre bassinet et l’autre rein ne sont infectés que s’il se produit une stase urinaire, ce qui explique que l'infection tuberculeuse reste si souvent localisée à une seule masse rénale.

L’infection par voie lymphatique a été également défendue par Crabtrée et elle ne fait pas de doute dans le cas rapporté par lui. C’est ainsi qu’il existait dans ce rein tuberculeux un bassinet malade et un bassinet sain, mais au microscope il décela des tubercules même dans la partie du parenchyme rénal correspondant au bassinet sain.

Le diagnostic de la tuberculose rénale offre une difficulté particulière en cas de bifidité urétérale. Cette difficulté a été mise en évidence par le Professeur Jeanbrau, au Congrès de l'Association Française d’Urologie de 1936.

Il est évident, en effet, que si on cathétérise un uretère bifide et si la sonde, s’engageant au delà de la bifurcation pénètre dans le bassinet correspondant à l’hémi-rein sain, la division d’urines donnera un résultat négatif, même si l’autre masse rénale est tu-

berculeuse. On passera alors à côté du diagnostic pour penser à une tuberculose vésicale, soit primitive, soit consécutive à une tuberculose prostatique ou génitale.

Quant au traitement de cette complication, elle peut prêter à discussion. La lésion ayant tendance à se localiser à un seul rein, on pourrait envisager la possibilité d’une héminéphrectomie. Mais devant l’impossibilité où se trouve le chirurgien d’avoir, avant l’opération, la certitude que l'infection est limitée à un seul rein, le plus souvent, il a recours à la néphrectomie, si toutefois le rein du côté opposé est sain et fonction-

ne normalement.

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