MAUR
c) Néphrectomie. — Cette intervention ne présente aucun caractère particulier dans la bifidité urétérale. Mais son indication prête souvent à discussion ? Il s’agit là, en effet, d’une intervention radicale qui suppose l’intégrité fonctionnelle et histologique du rein opposé. Or, dans la bifidité, il existe fréquemment une anomalie de l’autre rein qui est à même de donner ultérieurement les mêmes symptômes que le rein malade. Il y a donc intérêt à adopter l'intervention la plus conservatrice.
Il faudra cependant recourir à la néphrectomie dans les pyonéphroses volumineuses s’accompagnant d'une forte température.
On y recourt aussi, en général, quand le rein malformé est atteint de tuberculose si toutefois l’intégrité de l’autre rein le permet. |
Cependant quand la lésion tuberculeuse est localisée à une seule masse rénale, on peut envisager la possibilité d’une héminéphrectomie et il existe des cas, tel le cas classique de Legueu ou l’héminéphrectoinie a donné d’excellents résultats.
C’est ainsi que les indications de la néphrectomie dans les complications de la bifidité urétérale se li-
mitent de plus en plus aux dépens de l’héminéphrec-
tomie.
d) L’héminéphrectomie consiste dans l’ablation d’un des deux bassinets d’un rein double, avec résection de toute la portion de parenchyme rénal correspondant à ce bassinet, s’opposant ainsi, à la « néphrectomie partielle » qui consiste dans une résection limitée
ROLLAND
de parenchyme rénal, pouvant intéresser tout au plus un calice.
Cette opération fut pratiquée pour la première fois en 1896, par Pawlick, de Prague. Depuis cette opération a été refaite par plusieurs chirurgiens et à donné des résultats satisfaisants. En France, elle a été pratiquée surtout par Legueu, Papin, Lepoutre et Marion. Jusqu’à présent les nombreuses héminéphrectomies pratiquées n’ont encore donné aucune mort post-opératoire. Il semble donc qu’il s’agisse là d’une intervention relativement bénigne.
Technique. — La résection de la dernière côte en plus de la lombotomie habituelle facilite l’extériorisation du rein double. Une exploration du pédicule rénal permettra alors de voir si les deux bassinets ne sont pas accolés l’un à l’autre ou si le tronc artériel n’est pas unique pour les deux reins ce qui rendrait l’intervention impossible.
Si cet examen du pédicule ne montre aucune contre-indication, on procède à une hémostase provisoire par compression du pédicule vasculaire, puis on sectionne le parenchyme rénal suivant le sillon séparant les deux reins. On pratique une incision cunéiforme en ayant soin de ne pas ouvrir un calice. La section du parenchyme étant faite on sépare et on lie le pédicule du rein à enlever.
Pour faciliter l’hémostase, on attire en général, sur la suture un lambeau adipeux ou musculaire. Mais cette pratique sera rigoureusement évitée s’il y a la moindre infection.
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On ferme ensuite la capsule sur la suture du parenchyme et on termine en fixant le rein restant le plus haut possible (Technique de Marion, exposée par Théodorescu, A. Ionel. Société d'Urol., juillet 1935).
Nous avons dit plus haut la bénignité de cette in-
tervention. Cependant des hémorragies ont été si-
gnalées mais elles n’ont jamais mis en péril la vie des opérés.
Les accidents infectieux sont plus à redouter parce qu’ils peuvent imposer une néphrectomie ultérieure.
Indications. — L’héminéphrectomie peut trouver des indications nombreuses dans la bifidité urétérale.
C’est surtout dans les hydronéphroses rebelles et dans les pyonéphroses récidivantes que cette opération donne des résultats excellents, elle est d’autant plus indiquée que dans ces cas le parenchyme rénal est presque complètement détruit. Toutefois dans les pyélites chroniques et les pyonéphroses les accidents infectieux sont assez fréquents.
Elle sera aussi le traitement de choix dans les cas de lithiase rénale où celle-ci n’intéresse qu’un seul bassinet.
Nous avons vu plus haut que son indication dans la tuberculose rénale prête à discussion du fait qu’il est souvent impossible de savoir, macroscopiquement, si l'infection tuberculeuse n’intéresse qu’un
seul rein.