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lavages à pression de la vessie. Nous croyons que ces derniers sont préférables, à tout prendre, aux instillations, que l’on pourrait réserver aux uréthrites localisées, quitte à les abandonner, si l’on n'obtient pas un résultat assez prompt, pour en compléter l'effet par les grands lavages antiseptiques. Ceux-ci, combinés à la dilatation, nous ont presque toujours donné les résultats les plus satisfaisants et les plus décisifs.
Nous croyons bon de donner ci-dessous le résumé de quelques observations, qui nous sont personnelles ou qui nous ont été communiquées
par notre confrère de Rennes, M. le D' Lautier.
Observation 1
Rétrécissement blennorrhagique de l’urèthre, compliqué d’inflammation aiguë du canal, secondaire à des tentatives de dilatation. Guérison (personnelle).
Le nommé X..., âgé de 24 ans, nous a consulté dans le courant de l’année 1896 pour la [première fois. IL avait eu, pendant son passage au régiment, une blennorrhagie qui s'était maintenue plusieurs mois à l’état aigu. Il s'était du reste très mal soigné et avait eu recours à toutes sortes de remèdes et de recettes préconisées par un pharmacien. Au bout d’un certain temps, l'écoulement avait disparu, puis, sous l'influence d’excès
de régime, avait reparu et passé à l’état chronique, caractérisé
par une goutte purulente que le malade observait d'habitude à son réveil. À notre première consultation, nous avions pratiqué l'examen de l’urèthre et constaté la présence de plusieurs points rétrécis, que nous commencàmes à traiter avec succès par la dilatation progressive. La malade avait négligé de compléter le traitement de son rétrécissement, et ce ne fut qu’un an après les premières séances de Béniqué qu'il eût l’idée d’acheter une sonde et de la passer lui-même. Cette sonde, en gomme n° 15, lui servit à plusieurs reprises dans la journée et il négligea de l’aseptiser. Le soir de sa tentative de dilatation, il sentit d'assez vives douleurs dans le canal et constata un retour à l’état aigu de son écoulement qui avait pour ainsi dire cessé depuis la dilatation del’année précédente. Il revint alors nous trouver et nous constatâmes une uréthrite très intense, avec sécrétion abondante de pus jaune-verdàtre et douleurs des plus vives. D’après notre conseil, le malade se soumit à un traitement par les émollients, les boissons alcalinées, les grands bains, etc, puis, au bout d’une dizaine de jours, les symptômes inflammatoires étant calmés, nous lui fimes pendant une semaine, tous les jours, un lavage àcanal ouvert de l’urèthre antérieur avec une solution de permanganate au 4000°. Ce traitement réussit à merveille et l'écoulement disparut complètement dès le quatrième ou le cinquième lavage. Nous perdimes encore de vue notre malade, et ce n’est que deux mois après qu’il revint se faire dilater le canal, comme nous le lui avions conseillé. Nous avons passé d’une façon régulière et méthodique la série des Bougies Béniqué jusqu’au n° 50, sans que le malade ait vu de nouveau reparaitre son
uréthrite.
Observation 2
Uréthrite chronique liée à un rétrécisssment de l’urèthre. Dilatation et grands lavages antiseptiques. Guérison (per-
sonnelle).
M. X. âgé de 40 ans, est depuis longtemps atteint de blennorrhée. Il a vu le suintement purulent dont il est atteint succéder à une uréthrite aiguë contractée il y a quelques années. Il ne s’est pas préoccupé outre mesure de son état, et ce n’est que depuis un an environ qu’il a remarqué de la gêne de la miction, l’obligeant à un eflort plus ou moins notable, une diminution de force et de calibre du jet de l’urine. C’est surtout pour ces phénomènes qu'il vient nous consulter. Nous le soumettons à l'exploration de lurèthre et nous trouvons à la portion pénienne deux rétrécissements légers, un troisième à la région bulbaire beaucoup plus serré et n’admettant une bougie fine qu'après tätonnement prolongé. L'écoulement est peu abondant, constitué par une gouttelette blanc jaunâtre. laissant sur la chemise de petites taches d’un jaune safran. Le malade ne se plaint d'aucune douleur au moment de la miction ; l’effort qu'il est obligé de faire pour uriner est le seul sujet de son inquiétude. Le traitement consiste dans la dilatation progressive et celle-ci, difficile au début, s'obtient sans peine au but de quelques séances. Le suintement reste le même. L’urèthre admettant alors le 50 de la série béniqué, nous com-
mençons des lavages de la vessie avec une solution de permanga-
nateau 4000° puis au 3000°. Guérison en quinzeséances, prati-
quées tous les deux jours.
Observation 3
Blennorrhée sans rétrécissement apparent. Traitement par la dilatation et les grands lavages au permanganate. Guérison
(Communiquée par le M. le D' Lautier).
M. X, négociant, vient me trouver en 1895, pour un écoulement chronique, peu abondant, il est vrai, mais persistant depuis de longues années. Le malade a eu, il y a plus de dix ans, une blennorrhagie aiguë, et cette inflammation, tout en s’atténuant et se réduisant à un simplesuintement, ne s’est jamais éteinte. Les traitements les plus divers ont étéemployés, les injections de toute sorte ont été essayées sans succès. L’exploration du canal ne me permet pas de constater de rétrécissement et j'introduis sans difficultés les plus 2ros numéros des bougies béniqué. Je conseille au malade de lui pratiquer des instillations au nitrate d'argent. Celles-ci faites avec persévérance pendant plus d’un mois, tous les deux jours, à des titres différents, ne produisent aucune amélioration, bien que je me décide à les pratiquer successivement dans l’urèthre antérieur et dans l’urèthre postérieur. Le malade, découragé, est sur le point de renoncer au traitement, lorsque je lui conseille la dilatation, avec les bougies métalliques, combinée aux grands
lavages antiseptiques de la vessie. Après trois ou quatre séan-
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ces de dilatation je pratique les lavages à 0.50 centigr. pour 2 litres d’eau bouillie, et j’ai la satisfaction; au bout de cinq lavages consécutifs de tarir ce suintement rebelle. M. X. que j'ai revu à plusieurs reprises, n'a plus constaté d'écoulement
depuis près de trois ans,
Observation ‘4.
Rétrécissement de l’urèthre. Poussée d’uréthrite aiguë sous l'influence d’efforts de miction (communiquée par M. le Dr Lautier).
M. X... âgé de 45 ans, a été soigné par moi d'un rétrécissement peu serré de la région bulbaire, que j’ai eu l’occasion de traiter dans descirconstances curieuses. Le malade, bien que se sachant atteint de s{énose du canal, et s'étant fait soigner assez régulièrement, n’avait jamais constaté depuis plusieurs années d'écoulement appréciable, lorsqu’à la suite d’un voyage en chemin de fer, il seretint pendant longtemps d’uriner, et, se trouvant à une station où le train n’arrêtait que deux ou trois minutes au plus, il voulut évacuer le contenu de sa vessie. Craignant de ne pas avoir le temps de le faire avant que le train ne repartit, il fit des eforts considérables et ressentit, pendant la durée de la miction une douleur assez vive. Le soir il constata que la douleur ne se calmait pas et fut fort étonné : de constater un écoulement séro-purulent, aiguetassez abon-
dant. Cet écoulement, au sujet duquel il vint me consulter, ne
dura pas, et au bout de quelques jours, sous l’influence des
Û émollients etde quelques bains, il n’en restait plus trace. Le rétrécissement de la région bulbaire ne paraissait pas augmenté, bien qu’il fût très perceptible à la bougie exploratrice. En dehors de toute autre cause pouvant expliquer cette uréthrite, je suis tenté d'attribuer la poussée inflammatoire à l’irritation traumatique exercée sur la muqueuse de l’urèthre, en arrière de la stricture, par la poussée brusque du liquide urinaire, expulsé violemment parle malade au cours de son voyage. Des exemples analogues ont du reste été signalés et ont reçu la même interprétation.