OBSERVATION XV
Claisse et Gastinel. Soc. méd. des Hôpitaux de Paris, du 9 juillet 1909, p. 85.
G... S., 49 ans, entre le 8 juin 1909, salle Trousseau, pour vomissements et douleurs dans la région gastrique,
Rien de particulier à noter dans ses antécédents.
Depuis sept mois environ, elle accuse des signes d’entérite. Appétit diminué, digestions lentes et pénibles, sensation de pesanteur, éructations après chaque repas. Jamais elle n’a présenté d'accidents rappelant la colique hépatique.
Une nuit, six semaines avant l'entrée de la malade dans le service, de vives douleurs stomacales apparaissent.
La malade eut un vomissement abondant, et même, d'après elle, elle aurait eu une hématémèse.
Le lendemain, elle put manger et même avec appétit.
Cependant, les vomissements deviennent plus fréquents depuis ce moment. Apparaissant d'abord longtemps après l'ingestion
ss FR — des aliments, ils suivirent bientôt toute prise d'aliments, même liquides.
C'est pour ces vomissements que la malade vient à la Pitié.
Examen : grande torpeur intellectuelle et prostration très marquée. Quelques heures après son entrée, la malade a des vomissements abondants, alimentaires at bilieux.
Constipation intense : depuis trois jours n’a émis ni matières ni gaz.
Douleur épigastrique exagérée par la pression. Foie normal.
Urines : rares, surtout pendant les trois premières journées passées à la Pitié.
Analyse : 160 cc. en vingt-quatre heures.
Légère quantité d'albumine.
Urée 21, ramenée au litre 26,90.
Le taux des urines double les jours suivants entre 400 et 500 cc.
Rien d’anormal au cœur et aux poumons. Pouls 96. Température 3704.
Les lavements sont sans action.
Les douleurs et les vomissements augmentent, météorisme abdominal.
Le 13 juin au soir, on remarque sur le visage une poussée de fièvre d'urée. À ce moment la torpeur est absolue, la malade complètement indifférente est dans un état d'anéantissement intellectuel. C'est souvent aussi sans s'en apercevoir quelle vomit sans douleur, sans effort. Par moment elle sort de sa torpeur, de sa somnolence et accuse de vives douleurs gastrointestinales.
Le 15 juin la malade a une selle extrêmement abondante à la suite d'un lavement.
Le 16 juin apathie marquée. Apparition d'une céphalée s'aceusant de plus en plus, on lui fait une ponction lombaire de 8 cc.
Il importe de noter que pendant les quelques heures qui succédèrent à la rachicentèse, la malade reprit pour ainsi dire connaissance. La torpeur sembla céder notablement, elle parla volontiers quelque temps.
On devait le lendemain faire une prise de sang pour examiner le sérum, mais dans la nuit les vomissements reprirent très abondants et la malade mourut.
Examen du liquide céphalo-rachidien.
Le liquide soutiré est clair.
Au point de vue cytologique il ne présente aucun élément cellulaire.
Au point de vue chimique, il ne contient pas d'albumine, mais une quantité d’urée de 2 gr. 56 par litre.
Autopsie. — Intestin grêle : anses fortement météorisées. A 30 centimètres de la terminaison de l’iléon, on trouve deux gros calculs, formés par de la cholestérine, l’un de 22 gr. 50, l’autre de 11 grammes.
L'intestin au-dessus de l’occlusion est météorisé, au-dessous, il est aplasié et rétracté.
Foie : Au niveau du hile, processus de péritonite enkystée. Poids : 1,450 grammes.
Nombreuses adhérences à sa face inférieure. La vésicule est réduite à une coque ouverte ayant les dimensions d'une pièce de 5 francs.
On retrouve la fistule vésiculo-intestinale située au-dessous de la valvule pylorique.
Reins : 190 grammes. Ne présentent pas de lésions de sclérose. Se décortiquent aisément, A l'examen microscopique, on note une intégrité absolue de tous les glomérules; en certains points, légère desquamation dans la lumière du tube. |
Rale : 115 grammes, aspect normal.
Cœur : 340 grammes, légère adhérence de la région aortique.
Poumons et cerveau : Rien à signaler.
2° Urémie proprement dite.
Pour faciliter l'étude des observations d’urémie proprement dite, au cours desquelles le dosage de l’urée a été fait dans le liquide céphalo-rachidien, ces cas étant déjà nombreux (nous avons réuni 21 observations),
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nous envisagerons séparément les cas d'urémie curable ou du moins susceptibles d'une amélioration momentanée et les cas d’urémie mortelle.