‹ Contribution à l'étude des variations du taux de l'urée dans le liquide céphalo-rachidien: à l'état pathologique et principalement au cours de l'urémieChapitre 21 sur 30 · À. — OBSERVATIONS D'URÉMIE CURABLE · texte numérisé non relu

À. — OBSERVATIONS D'URÉMIE CURABLE

Les cas d’urémie curable avec dosage de l’urée dans le liquide céphalo-rachidien dont ncus avons eu connaissance sont au nombre de neuf : ces neuf observations ont toutes été publiées antérieurement à lexception d'une très intéressante que nous devons à l’obligeance de M. Norpuax, médecin des hôpitaux de Saint-Étienne. Il faudrait encore y Joindre, croyons-nous, un cas de Dircksex et un autre de Acnarp et LoEPER : dans l’un et l'autre le taux de l'urée était de 0,40 °/,,; mais nous manquons de renseignements sur leur évolution clinique.

La quantité d'urée trouvée dans le liquide céphalorachidien de ces différents cas à varié entre les chiffres de 1 gr. et 2 gr. 55. Nous n'avons pas trouvé de chiffres plus élevés, et nous pensons avec MM. Morzarp et Fro- MENT que l'urémie est presque toujours mortelle avec des chiffres dépassant 3 gr. et atteignant 4 gr.

Le plus souvent il s'est agi de néphrites chroniques, il faut toutefois en excepter l'observation de NoBécourT et Darré et une de CARRIÈRE, répondant l’une et l’autre à une néphrite scarlalineuse. Les quatre cas curables de CARRIÈRE, les deux de Nosécourr concernent des enfants de 4 à 16 ans. Les cas de CHAUFFARD, CAUSSADE et Vaizerre, NorDMAN concernent par contre des adultes âgés. Il est à remarquer que les faux d'urée de

CT 2 gr. à 2 gr. 55 ont élé aussi bien observés au cours d'urémies curables chez l'enfant que chez l'adulte.

Il s’est presque toujours agi de coma avec convulsions: telle n’est pas pourtant la seule forme d'urémie que l'on trouve dans ces observalions. Au cours de l’urémie gastro-intestinale rapportée par Nosécourr et DARRÉ, on avait trouvé le chiffre de 1 gr. 77 d'urée dans le liquide céphalo-rachidien. Ainsi que l'avaient déjà fait observer MM. MozLarp el FRoMENT, la constatation d'un chiffre élevé dans le liquide céphalo-rachidien n'est pas en relation nécessaire avec une forme nerveuse d'urémie. Cette rétention est sans doute conditionnée par l’azotémie elle-même ; bien que. ainsi que nous l'avons déjà fait remarquer, il existe souvent une différence notable entre la quantité durée du sang et celle du liquide céphalo-rachidien. Enfin, dans l'observation de M. Norpuax, il s'agissait d'urémie dyspnéique ; le taux d'urée constaté étant d’ailleurs beaucoup plus élevé (2,55). Bien que le malade présentàât un peu de bronchite, il est certain que cette dyspnée n'était pas conditionnée par l’état pulmonaire : elle survenait par crises et fut notablement améliorée par la ponction lombaire. Une deuxième ponction faite quinze jours après environ ne décelait plus que 0,90 °/0 durée.

Chez un malade présentant une urémie cliniquement incontestable, un taux d'urée se maintenant entre { gr. et 2 gr. 50 constitue un élément de pronostic favorable ; toutefois CARRIÈRE, ainsi que nous le verrons plus loin, rapporte quatre cas de mort chez des malades présentant ces chiffres d'urée : il s'agissait, 1l est vrai, dans trois

cas, de néphrites aiguës, érysipélaleuse, diphtérique ou

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scarlatineuse, c'est-à-dire, ainsi que le fait remarquer M. Morrarn, de formes d'urémie moins pures que celle accompagnant la néphrite interstilielle de l'adulte. Enfin, dans ces quatre cas, il s'agissait d'enfants.

Si ces chiffres permettent en général des conclusions pronostiques assez fermes, ils n'autorisent pas toujours le clinicien, en présence d'un coma par exemple, à éliminer tout autre diagnostic que celui d'urémie ; nous avons rapporté dans le chapitre précédent quelques observations qu'il est intéressant de comparer avec celles-ci. Mentionnons simplement le fait suivant: dans les cas où le liquide céphalo-rachidien contenait beaucoup d'urée sans qu'il s'agit d'urémie pure, on avait toujours affaire à un adulte où à un vieillard et à une néphrite chronique.

Il ne nous à pas paru important d'insister sur le traitement fait à ces différents malades qui échappèrent à leur crise d’urémie. Nous ne voulions nullement, sousentendre par là, que le traitement fût sans importance, mais les règles.de ce traitement sont bien fixées et appliquées sans grandes variations par tous les cliniciens. Il s’agit toujours et surtout de la saignée, en aucun cas on ne doit se contenter de la ponction lombaire, mais celle-er, bien que son efficacité dans le traitement de l'urémie ait été discutée, semble bien contribuer au traitement. Nous nous contentons d'insister sur le fait suivant: on peut évacuer chez un urémique sans inconvénients, peut-être même avec avantage, une assez grande quantité de liquide céphalo-rachidien.

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O8sERvATION XVI

Due à l’obligeance de M. Nordmann, médecin des hôpitaux de Saint-Elienne (inédite, résumée)

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P..., Jean, 71 ans, jardinier.

Pas d’antécédents héréditaires.

Personnellement a toujours eu une bonne santé. Depuis:trois ou quatre ans tousse les hivers, Pas d'éthylisme, ni de spécificité. À exercé son métier de jardinier jusqu'à il y a environ quinze jours; a été forcé de cesser parce qu'il toussait et était oppressé.

A l'examen: Aux poumons, emphysème et râles de bronchite disséminés sans signes d'épanchement. Aw cœur, pointe dans le cinquième espace sans souflle, ni galop. Pouls régulier et tendu, tension = ‘Ù à 21. Pas d'œdème des jambes.

Polyurie et pollakiurie, Urines claires avec un disque moyen d'albumine.

26 oclobre 1909. — Depuis deux mois dans le service, le malade se plaint de dyspnée survenant par accès et pourtant l'examen du poumon ne révèle qu’un peu de bronchite, Il continue à se lever cinq à six fois par nuit pour uriner; la quantité d'albumine contenue dans les urines varie selon les jours. Pas de trace d'œdème.

Dans la nuit du 26 au 27, violente crise d’oppression. A l'épreuve du bleu de méthylène, l'élimination commence au bout de douze heures après. Léger disque d'albumine.

Ponction lombaire pratiquée le 27. Elle ramène 11 ec. de liquide absolument limpide, coulant facilement sous légère pression. L'analyse (M. Joris) donne Îl°s chiffres suivants: Urée : 2,55 °/, chlorures : 7,60.

A la suite de celte ponction, le malade fut notablement amé- Lioré, la dyspnée diminua et les accès de suffocation disparurent pendant quarante-huit heures sans autre traitement adjuvant.

Les accidents ayant réapparu, on fait une deuxième ponction: celle-ci, par contre, n'amène aucune amélioration. Le malade

G4 — souffre de nouveau de dyspnée continue avee exacerbations ; l'examen de la poitrine a toujours été et est encore négatif. Les urines contiennent une assez forte quantité d'albumine; il n'y a jamais eu de traces d'ædème, uniquement de la dyspnée. Le malade reste presque continuellement assis sur son lit demandant à chaque instant qu'on lui ouvre la fenêtre; les inhalations d'oxygène ne le soulagent pas. On lui fait des piqûres d'héroïne (0,005) qui le font un peu dormir et on se tient prêt à lui faire une troisième ponction lombaire ou une saignée. Deuxiême ponc-

tion, taux de l’urée : 0,95 °/,.

OBSERVATION XVII (résumée)

Carrière. Archives générales de inédecine, 12 seplembre 1905, page 2306.

A..., D., 7 ans. Néphrite scarlatineuse. Urémie comateuse et convulsive. Albuminurie : 12 grammes.

Ponclion lombaire. — Quantité 60 cc., pression 45 ce. au début, 105 cc. à la fin; À — — 0°56, urée 2,05 ; pas d’albumine ni de sucre; chlorures 4,95 ce. Cytologie: néant. Toxicite : 40 gouttes, tuent un cobaye de 220 grammes. Amélioration passagère, puis de nouveau délire, ébauche de convulsion.

Deuxième ponction lombaire. — Quantité 75 cc., pression 360 ce., au début 110 cc., à la fin; A = — 0°58; chlorures 3,65; urée 2 grammes, ete. Toxicite: 15 gouttes, tuent un cobaye de 225 grammes. Amélioration progressive.

OBSERVATION X VIII (résumée) Carrière. Archives générales de médecine, 12 septembre 1905, page 2308.

J..., R., 12 ans. Urémie au cours d'une néphrite consécutive à une scarlatine ayant évolué deux ans auparavant. Coma et convulsions.

Ponction lombaire. — Quantité 45 cc., pression 215 ce. au début et 90 ce. à la fin; 4 = — 058; chlorures 3,15; urée 1,12,

0 | ni albumine, ni sucre, etc. Toxicite: 11 gouttes tuent un cobaye

de 250 grammes. Très grande amélioration. Cytologie : quelques cellules endothéliales aplaties.

OBSERVATION XIX résumée)

Carrière. Archives générales de médecine, 12 septembre 1905, p. 2309.

T. X..., 16 ans. Néphrite scarlatineuse devenue chronique. Urémie convulsive et comateuse au bout de trois ans.

Ponction lombaire. — Quantité, 40 cc.; pression au début, 120 ce., et à la fin, 80 ce. ; A=0° 52; chlorures, 3,55; urée, 0,96; traces d’albumine, ete. Toxicité : 58 gouttes tuent un cobaye de 220 gr. Cytologie négative.

Deuxième ponction, quelques jours plus lard. — Quantité, 30 ce.; pression au début, 85 ce., puis 72 cc; chlorures, 4,80; urée, 2 gr.; pas d’albumine, ete. Toxicité : 125 gouttes tuent un cobaye de 280 gr. Amélioration persistante.

OBsERvATION XX (résumée)

Carrière. Archives générales de médecine, 12 septembre 1905, p. 2911.

M. L ..,14 ans 1/2. Népbrite d'origine indéterminée, coma et convulsions.

Ponction lombaire. — Quantité, 20 ce.; pression au début, 73 ce., à la fin, 71 ce.; ni albumine, ni sucre; urée, 1,75; chlorures, 2,20, etc. Toxicité, 16 gouttes tuent un cobaye de 275 gr. Cytologie : rares lymphocytes.

Amélioration immédiate et persistante.

OBSERVATION XXI (résumée) Nobécourt et Darré, Société de pédiatrie, décembre 1905. X...,4ans. Néphrite scarlatineuse. Urémie gastro-intestinale sans accidents méningés, etc.

Ponction lombaire. — Chlorures, 7,66; urée, 1,77.

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OBsERVATION XXII (résumée)

Nobécourt et Harvier. Société médicale des Hôpitaux de Paris, 23 octobre 1908, p. 383.

Néphrite à la suite d'une angine légère sans éruption. Convulsions, signe de Kernig, etc. Urines très albumineuses avec cylindres. :

Ponction lombaire. — Hypertension; chlorures, 7,91: urée,

1,23. Guérison persistante.

OBSERVATION XXIII (résumée)

Chauffard. Semaine médicale, 1907, p. 541.

F...,60 ans, coma et éclampsie, œdème des jambes. Pouls : 120, tension, 24. Température : 400. Ni Kernig, ni raideur de la nuque. Urines très albumineuses avec cylindres. Saignée de 400 grammes faisant tomber la tension à 16.

Ponction lombaire. — Pas d'hypertension, albumine, urée, 0,98 ; polynucléose pure et abondante, sans cytolyse.

Amélioration notable. Néanmoins une dizaine de jours après, deuxième ponction lombaire : albumine, urée, 1,08.

Huit jours après, troisième ponction lombaire : urée, 0,99.

La polynucléose rachidienne avait diminué huit jours après le début, et disparu deux jours plus tard sans lymphocytose consécutive.

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