‹ Contribution à l'étude des variations du taux de l'urée dans le liquide céphalo-rachidien: à l'état pathologique et principalement au cours de l'urémieChapitre 22 sur 30 · OBSERVATION XXIV · texte numérisé non relu

OBSERVATION XXIV

Caussade et Villette. Société médicale des Hpitasx de Paris, 1909. É

B... Vincent, employé, âgé de 26 ans, entre, le 31 mai 1908, à l'hopital Tenon, salle Trousseau.

Il a été pris brusquement dans la journée d'attaques éclamptiques ; peu après il tombe dans le coma.

A l'examen, il est inerte, respiration lente, résolution muscu-

laire, sensibilité obtuse. Température, 37°; pouls, 100 ; tension artérielle, 18. Ni Kernig, ni raideur de la nuque, ni troubles ocu-. laires, ni troubles des réflexes.

Incontinence complète des sphinicters.

Visage un peu bouffi avec léger œdème des paupières. Œdème lèger des membres inférieurs, œdème très accusé à la région lombaire.

Bruit de galop net.

Urines peu abondantes, très gros disque d'albumine.

Le diagnostic de coma urémique est posé.

On pratique immédiatement une saignée de 400 gr., et le malade sort du coma.

Interrogé le lendemain, il ne fait mention d'aucune maladie capable d'expliquer les accidents actuels : des petits signes de Brihgtisme, le malade ne présente que la céphalée fréquente.

15 juillet. — Le malade sort sur sa demande notablement amélioré :

Toutefois, il a encore { gramme d'albumine par litre, de la polyurie (2 litres en 14 heures), de la céphalée par intermittence, avec un léger œdème malléolaire : le ventricule gauche est hypertrophié, mais le bruit de galop a disparu.

La ponction lombaire faite en même temps que la saignée donne les résultats suivants :

Liquide louche coulant rapidement, hypertension très nette.

L'analyse chimique revèle 0,40 d'urée par litre et 8 grammes de chlorures, des traces de sucre et d'albumine.

L'examen cytologique montrait une polynucléose abondante, d'une centaine d'éléments par champ. Leur numération donnait:

DORMI. 1 5 init ne bandes: 9 °/00 LONDON, eue soude a uitqan is s à 8 — Grands mononucléaires,...,....... : 2 —

Donc, il y avait surtout des polynucléaires, ceux-ci étaient intacts.

Les recherches bactériologiques, d'autre part, furent négatives.

Une nouvelle ponction lombaire pratiquée cinq jours après la

— 63) première donnait un liquide où l'on ne décelait plus aucun élément cellulaire.

Même résultat pour la troisième ponction lombaire faite cinq jours après la seconde.

En résumé, au cours d'une crise classique d’urémie, nous avons vu une réaction méningée des plus nettes avec polynucléose considérable (intégrité de ces polynucléaires), et nous avons constaté leur disparition en quelques jours avec les phénomènes urémiques.

Bulletins et mémoires de la Société médicale des Hôpitaux de Paris, séance du 24 juillet 1908 : Urémie convulsive et coma-

teuse.

Page 1