CHAPITRE VI
Diffusion de l’urée dans l'organisme au cours de l’urémie. -- Toxicité de l’urée.
Lorsque l'urée est retenue dans lorganisme, où S'accumule-t-elle ? Peut-on parler pour elle ainsi que pour les chlorures d'une véritable diffusion ? Déjà les anciens auteurs ont, avec QUINQUAUD, posé la question. Wipaz à bien montré la différence qui existe à cet égard entre les chlorures et l’urée. Très rapidement leschlorures, loin de Ss'accumuler dans le sang, diffusent vers les tissus entraînant consécutivement, ainsi qu'on le sait, la production d’ædèmes interstitiels. L'urée par contre resterait à un taux élevé dans le sang et tendrait de ce chef, malgré limperméabilité à s'éhminer par le rein.
Deux observalions de Wipaz et JAvaz ont montré toutefois que le taux de l'urée du liquide céphalo-rachidien et celui du sérum sanguin étaient représentés par des chiffres {très voisins quand il y avait rétention forte d'urée ; le taux élaitle même à quelques centigrammes près. Bien plus, Java et Apcer ont cherché à établir : « que l'urée retenue se répand dans les liquides de l'organisme à un taux assez uniforme » : la teneur en urée des différents (ranssudats (ascite, liquide d'œdème, pleurésie) el du sérum sanguin sans être identique, est, disent-ils, assez voisine ; cette affirma-
“IN qe tion est étayée sur quatre observations dont deux néphrites avec urémie, un cas de cirrhose et un cas d’anasarque chez un cardiaque.
Le professeur agrégé LesiEur nous à communiqué plusieurs observations de néphrite chronique où l’on a fait le dosage comparatif de l'urée dans le liquide céphalo-rachidien, le sérum sanguin, le liquide d'œdème etle liquide pleural. Contrairement aux faits observés par JavaL et Apcer, l'écart entre les taux d'urée de ces différents liquides est le plus souvent considérable; il en élait de même dans une observation de la clinique du professeur LÉPINE, qui nous à été communiquée par M. FroMExT et RocHaIx, mais ici, les nombreux dosages ont élé faits après la mort. Enfin il nous faut rappeler l'observation d’ictère grave avec urémie associée de Wipaz et ABrami où il y avait 7,64 °/,, d'urée dans le liquide céphalo-rachidien et seulement 5,09 dans le sérum sanguin, etenfin l'observation du professeur Pic où il y avait 0,25 °/,, d'urée dans le liquide céphalorachidien et 0,81 °/
Ces différentes données, on le voit, sont quelque peu
\ dans le sérum sanguin.
contradictoires ; nous avons tenu toutefois à poser le problème, car il n’est pas sans intérêt de savoir, au point de vue pratique, si lon peut, indifféremment, pour faire un diagnostic ou un pronostic d’urémie, doser lurée dans les transsudats, le sérum sanguin où dans le liquide céphalo-rachidien. Nous ne sommes pas en mesure à l'heure actuelle de donner une solution définilive de ce problème. Nous nous contenterons donc de présenter dans un petit tableau toutes les analyses comparatives d'urée dans les différentes humeurs de lorganisme qui ontété faites à notre connaissance.