‹ Contribution à l'Étude des Variations Physiologiques et Pathologiques du Taux Réticulocytaire, Chez le LapinChapitre 11 sur 105 · FIG · texte numérisé non relu

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Hématies de lapin

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Les hématies sont hémolysées par le réactif qui est hypotonique, et le colorant se fixe sur les réliculocytes. C'est, somme toute, une variante de la coloration supravitale; on colore des hématies hémolysées, mais non fixées.

II. — Hémolyse des hématies de lapin adulte par l'acide acétique dilué

Lorsque on a dilué du sang de lapin avec une solulion d'acide acétique à 0,5 %, pour effectuer une numération de leucocytes par exemple, on constate au microscope que les hématies ont disparu. Il est de notion courante que ces hématies, débarrassées de leur hémoglobine par l'hémolyse, n'ont pas été entièrement détruites. H reste leur stroma. Mais ce Stroma, sans précautions spéciales, est très peu visible. Tout au plus, peut-on, en utilisant un plus fort grossissement, et en fermant convenablement le diaphragme, deviner le pourtour d'un nombre minime d’entre eux.

En hémolysant, comme il vient d'être dit, du sang de lapin, et en examinant avec attention une goutte de cette dilution au microscope, on constate au milieu des stromas presque invisibles, quelques rares éléments beaucoup plus distinets : ce sont des disques d'aspect légèrement réfringent, dont la surface, irrégulièrement granuleuse, est parsemée de gros points brillants.

Assez rares chez les lapins adultes normaux, ces éléments deviennent très nombreux chez les lapins infectés par des trypanosomes. c'est en étudiant l’anémie provoquée chez le lapin par Trypanosoma congolense que notre attention s'est trouvé attirée sur eux [16]. Nous avions remarqué que, lorsque l'hypoglobulie tombait à 2 millions, ces stromas visibles après l'hémolyse devenaient si nets et si nombreux qu'ils constituaient une gêne véritable pour nos numérations de leucocytes. Beaucoup apparaissaient, au faible grossissement, aussi réfringents que ces derniers. Ils donnaient à la surface du quadrillage un aspect chagriné. Nous avions été frappé également de la teinte grise el poussiéreuse que prenait, pour nos lapins anémiques, la s0lution chlorhydrique de sang pour le dosage colorimétrique de l’hémo-

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globine avec l'appareil de Sahli. Gelte teinte grise rendait difficile et moins précise la lecture des résultats.

D'autre part, nous avions remarqué que l'augmentation du nombre de ces hématies hémolysées opaques coïncidait régulièrement avec les poussées de réticulocytes mis en évidence par la coloration supravitale. Nous avions done, dans le travail cité plus haut, émis l’hypo- (hèse qu'il s'agissait probablement d'éléments ayant la même significalion physio-pathologique que les réticulocytes. Nos investigations à travers l’abondante bibliographie des réticulocyles ne nous ont pas renseigné. Les traités d'hématologie sont muets sur ce sujet.

Les réliculocytes, dans la littérature, semblent ne devoir leur existence qu'à leur propriété de retenir les colorants vitaux. Il ne nous a pas paru impossible, a priori, que la propriété de devenir opaques, après l'hémolyse par l'acide acétique dilué, puisse révéler un autre aspect des mêmes éléments. Nous avons entrepris, en continuant l'étude de l’anémie dans les trypanosomiases, de comparer les résultats fournis par la coloration supravitale avec ceux que nous obteuions en numérant les éléments signalés ci-dessus.

Ayant acquis la certitude, par de nombreuses numéralions comparalives, que les éléments mis en évidence par l'hémolyse acétique étaient des réticulocytes, nous nous sommes demandé si ce procédé, non décrit, ne pourrait pas servir de technique pour la numération simultanée des leucocytes et des réticulocytes.

TECHNIQUE POUR L'OBSERVATION ET LA NUMÉRATION DES RÉTI- CULOCYTES PAR L'HÉMOLYSE ACÉTIQUE.

Le liquide de dilution de choix est celui qu’on utilise habituellement pour la numération des leucocytes, la solution d'acide acétique à 0,5 %. On peut l’employer sans colorant, ou bien ajouter L gouttes de violet pentaméthylé, de bleu polychrome de Unna, ou mieux, la même quantité de violet vital de C. M. Laur, mais la présence du colorant n’est nullement indispensable, celui-ci ne fait que souligner les éléments qui seraient, sans lui, parfaitement visibles, comme le sont les leucocytes,

Hématies de lapin hémolysées par l'acide acétique à 0,5 °,, sans coloration

Dans un carré de la cellule de Thoma, on devine un Certain nombre d’hématies hémo-

lysees. On voit nettement 6 réticulocytes (hématies visibles après l'hémolyse acétique) et un globule blanc.

On utilise, pour la numération, la pipette à globules blancs au 10°, La dilution se fait de la même facon que pour les leucocytes. On aspire le sang jusqu'au trait 1/2, pour les lapins normaux. S'il est prévu que les éléments doivent être nombreux, on n'aspirera que jusqu'au trait 1/5. Le mélange doit se faire avec soin, mais sans violence. On opérera d’abord la numération des leucocyÿtes sur toute la surface du quadrillage d’une cellule de Thoma, avec un objectif faible (n° 4 Leitz), puis, laissant la cellule sur la platine, on examinera à un plus fort grossissement (n° 7 Leitz). Avec cel objectif, tout le champ est occupé par un des carrés moyens, formé lui-même de 16 carrés plus pelits. On commencera par se rendre compte si tous les éléments sont bien déposés à plat sur la lame. S'ils flottent encore entre la lame et la lamelle, il faut attendre qu'ils soient tombés.

Pour bien les voir, il faut diaphragmer assez fortement. IIS apparaissent sous l'aspect de disques très légèrement réfringents, jaunâtres, si l’on à employé la dilution acétique sans colorant, ou bien gris ardoisé si l’on a ajouté du bleu de Unna. Ils sont sans épaisseur, c'est dire qu'un de ces éléments apparaît el disparaît brusquement pour un très faible déplacement de la vis micrométrique. Dans la mise au point, sa présence est annoncée, un peu avant qu'il n’apparaisse nettement, par une ombre qui va en se précisant el prend brusquement l'aspect d'un cercle parfaitement arrondi, à lintérieur duquel, on voit quelques grosses granulations un peu réfringentes. Comme ces granulations ne sont pas toutes au point en même temps, elles donnent l'impression d’une surface mamelonnée rappelant la surface mamelonnée des cultures de bacilles de Koch en ballon de Sauton. Aucune confusion n'est possible avec les leucocytes, beaucoup plus rares, beaucoup plus gros, plus visibles, plus réfringents, et surtout plus épais, c'est-à-dire restant visibles pour de grands déplacements de la vis micrométrique. D'autre part, leur noyau est toujours distinct, à contour irrégulier, très brillant (fig. 2).

On comptera, comme on le fait pour les hématies, les éléments contenus dans chacun des petits carrés du carré moyen. On totalisera les résultats de la numération de 5 carrés moyens. Il suffira d'ajouter au total 3 zéros, si l'on a employé une dilution au 20°, pour avoir le nombre de ces éléments par mmc. de sang.

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