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ROLE DES VITAMINES EN PATHOLOGIE

Dans le premier chapitre nous avons étudié le rôle des vitamines dans la vie normale. Nous verrons que leur rôle n'est pas moins grand dans la pathologie. Nous étudierons d’abord les maladies de lenfance maladie de Barlow, puis le rachitisme, nous verrons: ensuite les autres avitaminoses, le scorbut, le béri-béri,

la pellagre.

Rôle des vitamines dans la maladie de Barlow (1).

« Le scorbut infantile est une affection caractérisée par une anémie marquée et de fortes douleurs rapportées aux os. Anatomiquement, il est essentiellement caractérisé par la présence d’épanchements sanguins sous-périostiques, siégeant en principe, autour des os des membres inférieurs. Après l’éruption des dents, on rencontre, comme dans le scorbut des adultes, des ecchymoses gingivales; en général elles sont moins importantes. Ce qui distingue le scorbut infantile des

(1) L'historique de la maladie de Barlow est longuement exposée dans le remarquable article de Netter (Semaine médicale, février 1899).

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autres anémies, c'est son arrêt immédiat sous l'influence du lait frais et du jus de légumes et fruits frais. » (Thomas Barlow).

On est souvent en présence d’un nourrisson bien portant, gras, bien soigné. mais nourri artificiellement, soit au biberon, soit à l’aide des bouillies industriellement préparées.

De sexe indifférent, il est âgé le plus souvent de sept à onze mois, quelquefois quinze. Souvent, mais pas toujours il présente des signes de rachitisme, mais d'un rachitisme en général peu marqué. Une gastro-entérile plus ou moins grave est habituelle. Le début a été assez brusque; sans que l’on sache trop pourquoi. - l'enfant prend un aspect grognon, il pâlit, se plaint dès qu'on le touche, sa température est à 38 ou 3%... Bientôt on remarque un œdème léger d’un pied, puis de l’autre. L'impotence fonctionnelle a augmenté peu à peu, jusqu'à empêcher tout mouvement. C'est généralement à ce moment que le médecin est consulté. On localise assez facilement la douleur presque toujours au niveau d’un cartilage de conjugaison, et du côté de l’'épiphyse fertile, en haut du tibia, en bas du fémur.

Aux symptômes locaux que nous avons signalés s'en joignent d’autres que l’on doit toujours rechercher pour poser le diagnostic : ce sont les hémorragies. Parfois, on constate seulement quelques taches purpuriques, un peu de mélœna, ou d’hématurie, une tendance aux épistaxis. Mais c'est surtout la bouche que l'on doit examiner. Les gencives sont luméfiées, turgescentes,

violacées, saignantes et fongeuses, l’haleine est très

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fétide. Même quand l'enfant est plus jeune et que les dents ne sont pas encore sorties, on note sur les gencives, au niveau du rebord alvéolaire, la présence de petites plaques ecchymotiqu:«.

L'œdème augmente progressivement, la peau est lisse et tendue, mais sans changriient de couleur et sans hyperthermie locale. Parfois, les mêmes symptômes apparaissent aux membres supérieurs, toujours au niveau des épiphyses fertiles, près du poignet et de l'épaule. Quelquefois, mais rarement, les symptômes peuvent s'étendre à la face, à la région scapulaire et vertébrale. Des cas d'exophtalmie ont été signalés et d'ecchymoses conjectivales.

Si l'enfant n’est pas soigné, les lésions s’accentuent et arrivent au décollement au niveau des cartilages dia-épiphysaires, des extrémités antérieures des côtes au niveau des jonctions chondro-sternales. Parfois même on constale des fractures diaphysaires véritables. « En même temps, l'état général fléchit de plus en plus : l'enfant s'alimente mal, reste couché sur le dos, anxieux dès qu'on semble vouloir le toucher; il s'anémie de plus en plus et finalement succombe cachectique » (A. Broca). *

La pathogénie de la maladie de Barlow a été peu discutée, on s’est rendu compte tout de suite des relations qui existaient entre son apparition et le mode de nourriture des enfants atteints. C'est Barlow qui étudia le premier cette maladie à laquelle on donna son nom. Il pose en principe que si l'hygiène défectueuse peut

jouer un rôle, l’étiologie vraie doit être recherchée dans

la privation prolongée de légumes frais (ou de leurs équivalents) c’est-à-dire la viande fraîche crue et le lait frais. Et, dit-il : « il semble que plus nous enlevons de choses à un aliment vivant, plus son pouvoir antsscorbutique diminue. Les légumes frais sont des antscorbutiques plus puissants que les légumes cuits ou conservés. La viande crue est plus antiscorbutique que la viande cuite, et le jus de viande crue que le bouillon ».

Il remarque de plus que dans tous les cas qu'il a observés, l'enfant était nourri non pas au sein, mais artificiellement, avec du lait, extrêmement dilué, additionné de spécialités alimentaires: quand lenfant est plus âgé, on remarque qu'il a été nourri avec des aliments conservés, avec des « spécialités alimentaires ».

D'ailleurs Barlow insiste sur ce fait, que les accidents disparaissent bien vile si on donne aux petits malades du lait frais, non coupé; si on remplace les spécialités alimentaires par de la purée de pommes de terre et une cuillerée de jus de viande crue... du jus d'orange, de CILTON ELEC

À la suite de Barlow, plusieurs médecins d'enfants éludièrent la question du scorbut infantile et de son éliologie alimentaire. Frankel, Janet-Lane-Claypon, Holst et Frôlich établissent l’analogie des symptômes entre la maladie de Barlow et le scorbut expérimental des cobayes. Barlow, Holst, Looser cherchent à établir l'identité de la maladie de Barlow et du scorbut des adultes. Neumann publie des observations d'enfants atteints de scorbut infantile après avoir été nourris avec du lait chauffé quinze minutes dans un Soxhlet. Comby

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rapporte que dans trois cas personnels l'usage exclusif et prolongé du lait de Gaertner (Gaertner de Vienne a obtenu par la centrifugation, un lait maternisé, décaséiné et sucré), a été suivi de scorbut infantile; sur 20 cas de cette maladie publiés en France, 12 sont imputables au lait Gaertner. |

Heubner, Meyer incriminent le lait cuit... Brachi et Carr guérissent les enfants scorbutiques en leur donnant du lait cru ou du jus de citron ou de fruits... En France, paraissent de nombreuses publications : A. Broca, Marfan, Variot, Comby, Lagane, Spillmann, Weill et Mouriquand, etc.

En somme, on peut poser en principe qu'un enfant nourri de lait frais ne devient pas scorbutique. Il existe quelques observations-de maladies de Barlow chez des nourissons élevés au sein, mais ces faits s'expliquent par l'élat de santé de la mère. Kuhn de Moringen rapporte une épidémie de scorbut. 11 signale 13 cas survenus chez des enfants dont plusieurs étaient très jeunes, nourris au sein, mais les mères qui allaitaient étaient elles-mêmes atteintes de scorbut (nous reviendrons ultérieurement sur ces faits).

D'autre part les stalistiques démontrent loutes, que c'est surtout chez les enfants de la classe riche et moyenne que sévit le scorbut; il est très rare dans la classe ouvrière où les enfants sont nourris au sein, puis prennent du lait de vache, cru; de bonne heure ils mangent des purées de pommes de, terre el différents légumes naturels. Dans la classe aisée au contraire on donne le plus souvent aux enfants des laits conservés,

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