‹ Contribution à l'étude des vitaminesChapitre 17 sur 50 · SAC · texte numérisé non relu

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concentrés. humanisés, maternisés; plus tard on y ajoute des farines stérilisées. Et l’on en donne d'autant plus que l'enfant souvent « vient mal ».

On change de marque, on restérilise un lait déjà industriellement modifié : l'enfant va plus mal jusqu’au jour où on lui fait prendre du lait cru, quelques cuillerées de purée de pommes de terre, du jus de fruits crus, oranges, citrons, etc... L'enfant prend ces aliments avec avidité. En deux ou trois jours l’anémie s’atténue, les couleurs reviennent, les douleurs cessent, et l'enfant, complètement guéri, reprend sa santé et sa croissance normales.

Nous publierons la lettre suivante du Docteur Courtade, parue dans la Revue de Chimiothérapie (N°5 septembre, octobre 1917) et qui a la rigueur d'une expérience de laboratoire

«Dans une maison, où j'allais de loin en loin, mais non comme médecin consultant j’appris un jour qu'une fillette encore au berceau était gravement malade et qu'elle était soignée pour du rhumatisme et une maladie de cœur. Bien que le fait me parut assez surprenant, je ne dis rien. Plusieurs semaines après, l'enfant allant de plus en plus mal, le médecin traitant annonça un matin que l'énfant était presque à l'agonie et qu'il fallait se hâter de télégraphier au père, mobilisé, de revenir au plus vite s'il voulait voir son enfant encore vivante. C'est sur ces entrefaites que j'arrivai à la maison ce même malin; on me pria de voir l'enfant... Je vis une fillette de onze mois couchée dans son lit, les yeux

ouverts, un peu troubles, dont les membres étaient en-

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veloppés dans une épaisse couche d’ouate. Le moindre déplacement des membres provoquait des cris plaintifs, de faibles gémissements, c'est done à grand peine que Je pus l’ausculter et constater qu'il n'y avait rien d’anormal au cœur ni aux poumons. En examinant la bouche, on trouvait les gencives dépourvues de dents, d'une couleur noirâtre. Le diagnostic s’imposait : scorbut infantile ou maladie de Barlow, d'origine alimentaire. )

« J’appris en effet que, depuis quatre à cinq mois, cette enfant était nourrie avec du lait stérilisé et homogénéisé et cela sans besoin, sans nécessité, sans surveillance. Je conseillai à la famille de faire venir, le plus tôt possible, le médecin traitant, pour le prier d'appeler en consultation un maître en pédiatrie ; mais comme cette consultation pouvait se faire attendre 24 à,48 heures, il fallait, en attendant, sans perdre une heure, supprimer le lait stérilisé et donner du bon lait ordinaire, non bouilli. Quand je revins à la maison, 15 jours après, la joie se lisait, sur tous les visages : l'enfant était guérie... Voilà ce qui s'était passé après mon départ : le médecin traitant, jugeant la malade à l'agonie etn espérant pas un relour à la santé, ne voulut pas se déranger et, à plus forte raison, appeler en consultation un maître des hôpitaux d'enfants : de sorte que l'enfant ne fut soignée par aucun médecin... Quant au lait, le premier biberon fut refusé, la fillette goûta au deuxième, but avec suite le troisième et avec voracité le quatrième et les Suivants, de sorte qu’en quelques jours la trans-

formation élait complète et, au bout de quinze jours,

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quand je la vis, la petite malade n’était plus reconnaissable.

Les circonstances ont fait qu'aucun médicament n'a été donné et que le simple remplacement du lait stérihisé par du lait ordinaire vivant, a opéré cette résurrection ».

Il est donc de toute évidence que le scorbut infantile est dû à la déficience dans les laits industriellement préparés d’üne part, dans les farines raffinées et stérilisées d'autre part, d'une substance anti-scorbutique. Cette même substance se retrouverait dans les légumes, le jus de viande crue et les fruits crus.

La question du lait est de toute première importance puisqu'elle est celle en somme de l'alimentation du nourrisson... On a péché ici par excès de zèle et c’est en voulant trop bien faire que l’on à mal fait. On na vu dans le lait que sa composition chimique, et on a même cherché à la modifier. On a voulu « humaniser » le lait des animaux, « materniser » le lait de vache ordinaire. On a homogénéisé, condensé, stérHisé, le lait ; on est même arrivé à le présenter sous forme de poudre qu'il suffit de délayer dans de l’eau pour obtenir un lait que l’on croyait absolument normal. Mais ici encore CE QUI EST CHIMIQUEMENT CONVENABLE NE L'EST PAS PHYSIOLOGIQUEMENT ; LES DIVERSES MANIPULATIONS INDUSTRIELLES FONT DISPARAITRE DU LAIT UNE SUBSTANCE INDISPENSABLE A SON ASSIMILATION NORMALE.

De nombreuses recherches furent entreprises pour étudier l'influence de la cuisson du lait ou de ses modifications industrielles sur la santé des jeunes animaux.

Guerlach déjà avait remarqué que des veaux nourris

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