‹ Contribution à l'étude des vitaminesChapitre 21 sur 50 · LEO TES · texte numérisé non relu

LEO TES

aux jeunes enfants sous formes d'aliments vivants. Les nourrices et les femmes enceintes devront faire rentrer dans leur régime alimentaire des légumes verts même des crudités tels que des hors-d'œuvres, de la salade, du cresson de fontaine, des fruits. Elles prendront des viandes saignantes, même de la viande crue, du lait cru, de la crème, du fromage blanc, du beurre, des œufs crus ou très peu cuits.

Au lait bouilli ou stérilisé de l'enfant, on ajoutera le jus d'une demi-orange, d’un demi-citron ou celui d'un autre fruit. On donnera de temps en temps un biberon de bouillon de légumes très peu cuits.

Mais c’est surlout quand l'enfant sera plus âgé, quand à son lait on ajoutera des farines, qu’il faudra augmenter la quantité de vitamines. En effet, le lait qui pour lui, employé seul, était anti-scorbutique peut ne plus l'être si on lui ajoute des farines « raffinées ». Les hydrates de carbone que l’on ajoute ainsi au lait réclament pour leur propre assimilation une grande quantité de « sub- stances spéciales » et si le lait était déjà pauvre en vitamines, il deviendra tout à fait insuffisant à ce moment. Les accidents vont se manifester et seront d'autant plus précoces et d'autant plus marqués que l’on augmentera davantage la quantité d’hydrates de carbone. Funck, puis Weill et Mouriquand ont d’ailleurs montré que ceux-c1 vident d'autant plus le « stock de vitamines », qu'il sont donnés en plus grande abondance.

Il s’agit bien en effet, d’un « stock de vitamines ». L'organisme emmagasine des réserves de ces subs-

tances, quand l'alimentation lui en procure en abon-

dance. Zn utero, le fœtus en fait une véritable provision qu'il emprunte au sang de sa mère puis il en trouve dans le lait de sa mère ou de sa nourrice, et si plus tard, le lait étranger ou la nourriture qu'on lui donne sont carencés, 1l puisera dans ses réserves. Ce ne sera qu'après certain temps, d'autant plus long que la provision était plus abondante, que se manifesteront les symptômes de carence.

Le scorbut n'apparaît jamais avant cinq mois et Barlow écrit : « Il est clair que l'organisme a le pouvoir de puiser dans ses réserves pendant de longues pério dés pour obvier à la privation d’un aliment complet ». Récemment (Archives de Médecine des enfants, avril 1915) Comby a montré que le scorbut est relativement tardif chez le nourrisson. C’est seulement après six ou dix mois de consommation de lait carencé qu'apparaissent les symptômes de la maladie de Barlow.

Il peut se faire cependant que les accidents soient plus précoces. il peut se faire surtout que des enfants plus jeunes présentent des signes atténués de scorbut vague et que l'on ne rapporte pas à cette maladie.

Uñ nourrisson est chétif, il vient mal, pâle et grognon il est d'une sensibilité excessive; cependant 1l est élevé au sein. Ces symptômes disparaissent si la mère confie son enfant à une bonne nourrice ousi elle lui donne une alimentation mixte avec du bon lait. Examinons la mère, interrogeons-là. Quelquefois chétive; elle peut tout aussi bien paraître bien portante... mais ses gen- cives sont rouges et tuméfiées, facilement saignantes ; elle se plaint d’asthénie, de douleurs dans les membres.

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