‹ Contribution à l'étude des vitaminesChapitre 30 sur 50 · DATE · texte numérisé non relu

DATE

il existe des cas où la maladie apparait chez des enfants qui n’ont jamais présenté de troubles gastriques ni intestinaux. Spillmann a observé des gastro entérites dans 19 p. 100 des cas de rachitisme, par contre nombre d'enfants atteints de gastro entérite chronique ou aiguë meurent, et l’autopsie ne montre aucune lésion osseuse macroscopique ni microscopique.

En résumé : 1° On observe des cas de rachitisme évident sans troubles gastro-intestinaux précédents ou concomitants ; 2 On observe des cas de gastro entérites ne s’accompagnant d'aucune manifestation osseuse pathologique.

Il apparaît donc que si les troubles gastro intestinaux coïncident souvent avec le rachitisme, ils doivent être considérés comme un symptôme, au même titre que les troubles de l'ostéogénèse, au même titre que le mauvais fonctionnement des organes hématopoïétiques. Îl n'y aurait entre la gastro entérite et les déformations osseuses qu'un rapport d'étiologie commune, mais pas un rapport de cause à effet. Et le symptôme osseux reste le symptôme capital du rachilisme avec l’anémie qui l'accompagne. Dans le syndrôme squelettique, la lésion capitale reste ce qu'avaient signalé les premiers auleurs : la mauvaise calcification, la prépondérance du cartilage sur l'os; et la définition de Broca est vraie qui dit que : « Le rachitisme n’est au point de vue osseux qu'une déviation, un arrêt, une suspension de l’ostéogénèse normale ».

Evidemment, si on supprime complètement le calcaire de l'alimentation d’un jeune enfant, celui-ei ne peut

en fabriquer avec de l’albumine ou avec des sucres, et ses os ne pourront pas se calcifier, mais 1à n’est pas tout à fait la question et le fait que les lésions squelettiques résultant de la privation complète de sels de chaux ne sont pas les lésions typiques du rachilisme, n’infirme en rien la théorie de la mauvaise calcification osseuse.

D'autre part, le rachitisme n'est pas seulement une maladie de los et A. Poncet, Jules Guérin puis Spillm ann ont montré que dans le rachitisme les manifestations osseuses longtemps considérées comme constituant toute la symptomatologie, n'étaient qu'un symptôme; et même un symptôme tardif. « Un enfant n’est pas rachitique parce qu'il a les os déformés; il peut l’être déjà depuis longtemps lorsque la réaction osseuse se manifeste par des signes extérieurs. Le rachitisme n'est donc pas comme on l'a cru longtemps une maladie locale mais bien une maladie générale à mani-* festations osseuses.

L'enfant aura à sa disposition des sels de chaux mais il ne pourra pas les assimiler. Les sels calcaires traverseront l'organisme sans s’y arrêter, sans avoir rempli le rôle que l’on était en droit d'attendre d’eux. L’os restera extrêmement pauvre en calcaire. Les cellules, cartilagineuses cependant continueront à se reproduire activement mais sans ordre, le cartilage sérié n’existera plus dans l'os rachitique, et les cellules cartilagineuses seront irrégulièrement tassées les unes contre les autres. Mais, vienne l'organisme à trouver une nourriture convenable, soit que plus âgé, il soit capable

Page 1