‹ Contribution à l'étude des vitaminesChapitre 31 sur 50 · RE EE · texte numérisé non relu

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d'une assimilation plus étendue, soit que, plus jeune, on remplace un mauvais régime par un autre plus rationnel, alors la fixation du calcaire se fera activement sur les os. Il semble que l'organisme veuille rattraper le temps. perdu, la calcification devient intense, envahit le cartilage. Le squelette, déformé quand il était de consisne te >

tance molle, est fixé dans cette position vicieuse. Mais « les travées directrices d'ossification font totalement défaut et l’on ne retrouve en aucun point la transition entre la subtance fondamentale cartilagineuse calcifiée et les lamelles osseuses, observées dans l'os normal (Spillmann) ». Dans le rachitisme, tout est pêle-mêle ; là, du tissu médullaire ; au dessus, du tissu ostéoïde ou de l'os ; à côté, du tissu calcifié ; au-dessous peut-être du cartilage encore conservé » (Virchow).

Il semble que l’on soit en présence d'une réparation hâtive, et partant mal dirigée. Mais le processus rachi- ‘tique peut être arrêté avant... si un changement de régime est survenu plus tôt, les lésions vont regresser, le cartilage de conjugaison reprendra peu à peu son épaisseur normale ; la néo-formation vasculaire diminue et s'arrête, et le processus d’ossification reprend son évolution habituelle... Que le changement de régime arrive plus tôt encore, la réparation se fera plus vite et mieux; on sera en face d’un rachitisme fruste, qui souvent passera inaperçu, et dont les lésions osseuses ne seraient visibles que par un examen histologique.

pe qe Rôle des Vitamines dans le rachitisme.

Le rachilisme est une maladie de misère, essentiellement chronique, son début est insidieux, sa marche lente. C'est dans les grandes villes qu'elle est le plus fréquente et dans les quartiers ouvriers. La femme, pendant sa grossesse continue à travailler jusqu'au terme le plus avancé de celle-ci et, souvent, voulant faire les économies pour l'enfant qui va naître, elle restreint sa propre nourriture. Plus tard, elle abandonne l’allaitement au sein, condamnant son enfant à un sevrage prématuré, au biberon, à une alimentation grossière... pour aller chercher un salaire dans une usine ou dans un atelier.

Et, aux deux pôles de la société on trouve cet abandon de l'allaitement au sein, cette mauvaise alimentation du nourrisson et du tout jeune enfant. Dans la classe aisée, on remplace le lait naturel par des laits raffinés, stérilisés, condensés, modifiés profondément par les différentes manipulations physiques et chimiques... Plus tard, on remplace la nourriture naturelle par des farines industriellement préparées. Et les enfants, ainsi alimentés avec trop de raffinement, seront des candidats à la maladie de Barlow.

A l’autre pôle de la Société, c’est la classe ouvrière et pauvre. L'enfant est tôt sevré ou alimenté par une mère mal nourrie, il prend un lait pauvre quand il tête sa mère, un lait qui ne lui convient pas quand il est mis au biberon trop tôt... Une nourriture défectueuse quand on

lui donne des potages, de la viande, des sauces... Ces

enfants auront des troubles de la nutrition et deviendrontrachitiques.

La mère qui se prive pendant sa grossesse ne se rend pas compte en effet que c’est surtout le petit organisme qui se développe en elle qui est le plus privé, et que c'est à ses dépens qu'elle fait des économies. Quand il naîtra, il sera en état de moindre résistance, chétif et malingre, et bien souvent, un examen histologique montrerait déja chez lui des lésions de rachitisme. Puis, le fœtus, mal nourri quand il était dans le sein de sa mère, sera mal nourri quand il sera devenu un nourrisson; les lésions qui commençaient se développeront et deviendront manifestes; elles naitront sur un. terrain prédisposé si elles n’existaient pas encore. « Laissez, dit Comby, à l'enfant sa mère pour l’allaiter et pour lui donner les soins que réclame son âge et sa faiblesse cet enfant ne deviendra pas rachitique. Remplacez celle-ci par une nourrice mercenaire éloignée, non surveillée, ou par l'allaitement artificiel, le rachitisme apparaîtra presque inévitablement ».

Et c'est un fait que chez les sauvages de l'Afrique comme chez les peuples civilisés de l’Extrême-Orient, en Chine, au Japon, dans l'Inde, le rachitisme est presque inconnu. C’est que dans ces pays on ne connaît pas le biberon, et l’allaitement maternel est le seul mode d’allaitement. Les enfants têtent leur mère jusqu'à deux, trois ans et plus,et jamais ils ne deviennent rachitiques.

Chez nous, dans la classe moyenne des villes, dans les campagnes, on rencontre une faible proportion de

rachitiques.

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Si le grand air des champs, les libres ébats au soleil, dehors, ou dans de vastes pièces largement aérées, jouent un grand rôle, le régime alimentaire en joue un non moins important. Ces deux. conditions d’ailleurs sont étroitement unies et, en quelque sorte fonction l'une de l’autre. Pour que l’enfant puisse profiter pleinement du grand air de la campagne, ou de la brise salée qui vient du large, il faut que ses fonctions soient bien normalement équilibrées, et d'autre part, les conditions extérieures d'air, de lumière et d'exercice réagiront sur les fonctions digestives. Une alimentation saine fournira à ce Jeune organisme tout ce qu'il réclame pour se développer normalement, pour croître et grandir.

Est-ce à dire que l'appétit ait besoin d’être stimulé? Non, pas toujours, car, même dans un air confiné et ‘vicié, même dans les logements étroits, sombres et humides des faubourgs, le petit rachitique a bon appétit, au contraire, il apparaît comme avide de nourriture, il est vorace... Il mange beaucoup, mais assimile ‘mal. « Les rachitiques, dit Comby, sont polyphagiques, olydipsiques ; on ne peut les rassasier, ils surchargent incessamment leur estomac ». Ne faut-il pas voir dans cette voracité un véritable « appétit physiologique » en tous points semblable à celui que nous avons signalé dans les chapitres précédents, pour les aliments frais que nous avons vu contenir des Vitamines, et cet appétit doit être « électif »; ce n’est pas la quantité que l’instinct fait rechercher à l'enfant mais la « qualité » de

l'aliment. Dans la nourriture qui lui est fournie il

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semble qu'un élément fasse défaut, et qui serait indispensable à l'enfant pour sa bonne nutrition générale, et osseuse en particulier. Cette substance déficiente, il la cherche, il la réclame à tous les aliments qui lui sont présentés; il cherche à « tromper sa faim » et il est très vraisemblable que si expérimentalement on arrivait à isoler cette substance, et à la donner sous forme de « traces » l'enfant satisfait perdrait vite cet appélit anormal et quasi nocif.

En effet, l’enfant absorbe des aliments pour lesquels son organisme, d'autant plus fragile qu'il est plus jeune, n’est pas adapté; il en résulte des troubles gastro-intestinaux, de la dilatation d'estomac avec toutes ses conséquences : fermentations anormales, formation de toxines et retentissement sur l’état général.

Mais, dira-t-on : cette substance déficiente réclamée par l’enfant, et dont la déficience même serait la cause intime du rachitisme, existe dans le lait de vache, existe dans la viande, dans les soupes que l’on fait manger à l’enfant... oui certes elle existe, mais sous une forme qui n’est pas adéquate à la délicatesse de l'organisme infantile. Plus tard, l'enfant plus âgé puisera dans la viande, dans le lait de vache, dans les œufs, à la fois les matériaux organiques et minéraux qui lui sont nécessaires, el cette substance, cette sorte de catalyseur indispensable à leur métabolisme et qu'avec Funk nous appelons Vitamines.

Mais à tout âge convient une nourriture spéciale. La nature modifie le lait de la mère suivant l’âge de l’enfant; le colostrum des premiers jours n'a pas la même

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composition que le lait du quinzième jour, et celui-ci, que celle du dixième mois.

-. Dans un aliment qui n’est pas rigoureusement préparé pour lui par la nature elle-même, l'enfant trouvera des graisses, de l’albumine, des hydrates de carbone, des sels de chaux, mais il manquera dans ces aliments la substance indispensable qui les rendra assimilables; ou, si elle existe ce sera sous une forme non adéquate à l'organisme de l'enfant.

Quand les chimistes font des analyses de lait de femme, de vache, de chèvre, de jument, d’ânesse, etc... 1ls dosent les matières protéiques, les graisses, les sels, le sucre... mais cette substance que Funk a mis en évidence dans le lait, échappe à leurs recherches et à leur dosage. |

On est frappé de l’analogie existant entre l'histoire de la pathogénie du rachitisme et celle que nous avons éludiée dans les chapitres précédents. Déjà Funk avait émis l'hypothèse que le rachitisme était une maladie de déficience au même titre que le béri-béri et le scorbut. Cette hypothèse nous paraît très plausible.

PoUR QUE LA GROISSANCE SOIT NORMALE CHEZ UN ENFANT, NOUS AVONS MONTRÉ LA NÉCESSITÉ D'UNE « VITAMINE DE CROISSANCE » POUR QUE LE MÉTABOLISME DE LA MOLÉCULE PROTÉIQUE SOIT POSSIBLE, LA PRÉSENCE D'UNE VITAMINE EST INDISPENSABLE... POUR QUE LES ENFANTS NOURRIS AU LAIT STÉRILISÉ NE SOIENT PAS ATTEINTS DE LA MALADIE DE BARLOW, IL FAUT LEUR DONNER UNE VITAMINE... N'EST-ON PAS EN DROIT DE SE DEMANDER ALORS SI L'OS POUR SA

HOULBERT G

Leo

CONSTITUTION NORMALE N’A PAS BESOIN LUI AUSSI D'UNE VITAMINE QUI PRÉSIDERAIT À L'ASSIMILATION DU CALCAIRE ?

Les auteurs avaient signalé la possibilité de la maladie de Barlow intra utérine..…. d’autres, comme nous le verrons dans la suite ont insisté sur la fréquence du béri-béri congénital, d’autres aussi sur des cas de pellagre congénitale. Nous avons vu qu'il existait 1c1 aussi des cas de rachitisme fœtal, et Comby a prétendu que celui-ci s’observe surtout dans les grossesses semellaires.

ÎL EXISTERAIT DONC DANS LE SANG DE LA MÈRE TOUT D'ABORD, PUIS DANS SON FAIT, UNE, SUBSTANCE DE LA NATURE DES VITAMINES QUE NOUS AVONS DÉJA ÉTUDIÉES ET QUI PRÉSIDERAIT A L'OSTÉOGENÈSE DU SQUELETTE DU JEUNE ENFANT. Vienne cette substance à faire défaut ou à ne pas être suffisante (cas des grossesses gemellaires) il en résullera des troubles profonds dont la manifestation la plus évidente sera ce que nous appelons le rachitisme. [Il n'est pas étonnant que ces troubles dépassent le système osseux el retentissent sur l’état général et sur les organes hématopoïétiques.

Comme d'autre part, le manque de Vitamines n’est qu'un des défauts de la mauvaise alimentation offerte au jeune enfant, les autres, (représentés par la différence de composilion physique et chimique entre le lait étranger et le lait de femme), produiront des troubles gastro intestinaux qui, à leur tour, agironk sur la mauvaise nutrition de l'enfant. Ajoutons une mauvaise aération, un manque de lumière et d'exercice, et nous aurons des enfants rachitiques.

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