‹ Contribution à l'étude des vitaminesChapitre 32 sur 50 · ICI ENCORE IL NE SUFFIT PAS DE DONNER A L'ENFANT DES · texte numérisé non relu

ICI ENCORE IL NE SUFFIT PAS DE DONNER A L'ENFANT DES

MATÉRIAUX EN QUANTITÉ SUFFISANTE ; ICI ENCORE CE QUI PARAIT CHIMIQUEMENT CONVENABLE NE L EST PAS PHYSIOLO- GIQUEMENT.

Nous voyons l'importance de cette notion au double point de vue prophylactique et thérapeutique. Jusqu'à présent, le traitement du rachitisme, basé sur l'étiologie plus que sur la pathogénie, donnait de bons résultats, du moins au tout début de l'affection ; et la prophylaxie par l'allaitement maternel était efficace. Mais il nous semble que l’on puisse, que l’on doive faire davantage. Nous savons que les lésions peuvent débuter chez le fœtus à l'intérieur de l'utérus maternel ; les observations cliniques d'autre part nous ont montré que parfois des enfants, même nourris au sein, étaient rachitiques. Ce n'est donc plus seulement l'enfant qu'il faudra soigner, il faudra agir sur le fœtus et pour cela donner à la femme enceinte une nourriture non seulement riche en chaux, mais aussi riche en cette substance appelée : Vitamine.

En étudiant la croissance el la maladie de Barlow nous avons été amenés à la même conclusion : il faut que l'alimentation de la mère soit riche, d'autant plus riche que la femme travaille davantage..…., et plus lard il faut que son lait soit de bonne qualité non seulement au point de vue chimique et physique, mais aussi au, point de vue physiologique spécial que nous avons envisagé.

Il ne faut pas cependant être trop exclusif et négliger jes autres conditions hygiéniques de la mère et plus

Ve

tard du jeune enfant, conditions de bon air, de clarté,

d'exercice, de propreté.

Plus que jamais, à la protection du premier âge il faut adjoindre la protection de a femme enceinte.

Quelle alimentation alors conseillera-t-on ? Une alimentation saine, riche en matières protéiques, en hydrates de carbone et en sels calcaires, une alimentation qui sera aussi naturelle que possible, en prenant le mot « nalurel » dans son sens le plus large, c’est-à-dire « près de la nature. » On bannira les mets compliqués fortement épicés, les conserves, les salaisons, les mets fermentés... on évitera la trop grande cuisson. Surtout on conseillera le laitage, eru si possible, les œufs crus ou peu cuits, les légumes verts qui contiennent du calcaire sous la meilleure forme qu'on puisse donner, les crudités, les fruits, les viandes saignantes rôties ou grillées. On recommandera comme boisson le lait ou la bière. Une mère, ainsi nourrie, mise dans de bonnes conditions d'aération, aura un sang riche en matières nutrilives « assimilables » pour le fœtus qu’elle nourrit... Plus tard elle aura pour son enfant un lait excellent.

Mais si l’allaitement au sein est rendu impossible, le médecin doit surveiller attentivement l'allaitement de l'enfant quand il est confié à une nourrice et surtout, quand on pratique l'allaitement mixte. Au moment du sevrage il faudra donner à l'enfant un lait, le moins « travaillé » possible, le plus près du lait naturel, du lait cru, si la vache est bien saine; il faudra prendre garde aux farines alimentaires.

Mais comme nous l'avons vu pour la maladie de

tete

Barlow le lait cru peut avoir de très graves inconvénients et l’on sait que c’est lui qui doit être rendu responsable de beaucoup de cas de tuberculose; mais, puisque nous savons ce que la stérilisation détruit dans le lait, il suffira d'ajouter au lait stérilisé des produits qui contiendront des Vitamines pour éviter l'apparition du rachitisme comme de la maladie de Barlow.

Si l'enfant est déjà rachitique... rien ne servira de Jui donner des « poudres récalcifiantes » qui souvent ne seront pas assimilées et qui même dans bien des cas pourraient augmenter la décalcification comme l'a montré Fritch. La vie à la campagne réalisera pour l'enfant toutes les conditions non seulement d'air pur, de soleil, mais encore d'alimentation saine. L'air marin s’est montré avoir une action éminemment favorable. L'huile de foie de morue d’autre part (introduite en France par Bretonneau en 1827), est actuellement d'un usage courant. C'est un médicament que tous les auteurs s'accordent à considérer comme étant de premier ordre, surtout l'huile fauve, celle qui n’a pas élé épurée, outre des corps gras, des métalloïdes, des alcaloïdes, elle doit contenir des Vitamines. Les femmes enceintes chétives devraient en prendre, elles augmenteraient certainement la qualité nutritive de, leur sang puis de leur lait.

Et ainsi, grâce à ces notions nouvelles sur l’étiologie du rachitisme et aussi de la maladie de Barlow on peut espérer diminuer le rachitisme, sinon le faire disparaitre. Les enfants naîtront plus robustes et partant plus résistants en face de toutes les maladies de l’enfance ; la mortalité infantile sera diminuée et la race sera plus

riche et plus forte.

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