PRÉPARATION DU 2-ÉTHYLNAPHTALÈNE PUR
Le 2-éthylnaphtalène, qui, comme on l’a vu, est très rare dans la nature, a été préparé par différents procédés qui peuvent se classer dans trois catégories :
a) La synthèse de Fittig.
b) La synthèse de Friedel et Crafts.
c) La réduction du 2-acétylnaphtalène.
a) La synthèse de Fittig appliquée au brome-naphtalène et au bromure d’éthyle à été indiquée pour la première fois par Fittig et Remsen (!) qui n’ont pas spécifié l’isomère bromé employé. Plus tard,-Brunel (?) a utilisé l’action, à 60°, du sodium sur un mélange de 2 brome-naphtalène et de bromure d’éthyle. À partir de 24 g. de 2-brome naphtalène, il a préparé 13 g. d’un produit assez impur distillant de 2400 à 270° et dont il a extrait un 2-éthylnaphtalène cristallisable dont le picrate fond à 69°.
On voit que le rendement n’est pas très élevé, et, de plus, le dérivé bromé n’est pas d’une préparation aisée, puisque, par action directe du brome sur le naphtalène, c'est en position « que se fixe Br.
b) La synthèse dé Friedel et Crafts permet de condenser un dérivé halogéné de l’éthane, soit sur le naphtalène, soit sur la tétraline; dans ce dernier cas, l'opération doit être
évidemment suivie d'une déshydrogénation.
(!) Ann. Chem., 155 (1870), 118.
(2) Ber. d. Chem. Gesells., 47 (1884), 1180
Marchetti (!) a appliqué cette méthode au naphtalène su lequel il a condensé le chlorure d’éthyle au moyen de chlorure d'aluminium : le carbure ainsi préparé est incristallisable et son picrate fond à 71°. Brunel a également utilisé cette préparation (oc. ctt.).
Elle permet d’après ces auteurs d'obtenir l'isomère P, mais on ne peut éviter la formation simultanée de l’isomère « et aussi de naphtalènes di- et poly-éthylés.
On peut peut-être rattacher à la synthèse de Friedel et Crafts de nombreuses préparations assez récentes, indiquées dans des brevets allemands et anglais et qui consistent à fixer, par simple addition, l’éthylène sur le naphtalène sous une pression de 20 atm. Le catalyseur employé est du chlorure d'aluminium, du bromure d'aluminium, certains préconisent même le fluorure de bore, d’autres le silicate d'aluminium. La température de la condensation varie de 509 à 2000. Ces préparalions, certes susceptibles d'utilisation industrielle, présentent les mêmes inconvénients que les précédentes du point de vue de la pureté des produits obtenus.
Plus récemment, Barbot (?), au cours d’une étude sur la synthèse des homologues du naphtalène, a condensé le bromure d'éthyle sur la tétraline en employant comme condensant le bromure d'aluminium, qu'il a trouvé préférable au chlorure. La fixation du groupe éthyle se fait évidemmentsur le noyau benzénique de la tétraline, et presqu’exclusivement en position $. En déshydrogénant ensuite l’éthyltétraline ainsi obtenue, Barbot a préparé le 2-éthylnaphtalène. Ilest cristallisable et son picrate fond à 7:°-730, point de fusion notablement plus élevé que les précédents. Malheureusement, le rendement d'une condensation ne dépasse pas 35 0/0 et on ne peut affirmer qu'il ne se forme absolument qu'un seul isomère.
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1) Gaz. Clim. ital., A4 (1881), 265 ct 439.
?} Bull. Soc Chim. [4], 48 (1930), 1317.
c) IL existe enfin une troisième méthode qui consiste à réduire le 2-acétylnaphtalène. <
Avant d'entamer celte question, je signalerai d’abord une synthèse qui peut se rattacher à celle-ci et qui consiste à réduire le 2-acétyltétrahydronaphtalène (5, 6, 7, 8)suivant le schéma :
be H2C ia VA CH mc / NN cu cr :
re | : + H20 PNY Cre
puis à déshydrogéner Péthyltétraline obtenue.
La cétone en question a été préparée par Schwarzin (!) par action de chlorure d’acétyle sur la tétraline en présence de AICI dans le sulfure de carbone. L'auteur démontre la constitution de la cétone par transposition de Beckmann de son oxime suivant la réaction :