ACTION DE L'AIR
Le Bacillus Syncyanus étant essentiellementaérobie, loxygène lui est absolument indispensable pour vivre et se développer.
La production de sa matière colorante exige un renouvellement constant d'air. Il doit donc se produire une certaine consommation d'oxygène.
Il nous a semblé intéressant de rechercher la quantité de ce gaz que peut absorber une culture normale de la bactérie.
Pour cela, nous avons pris un rectificateur d'environ 300 em* de capacité et y avons mis 150 cm*’ de bouillon. Après stérilisation et ensemencement, nous avons fermé hermétiquement le col. Le tube latéral, qui avait été recourbé, puis rempli de coton pour servir de filtre, fut mis en communication au moyen de caoutchouc à vide, avec un tube barométrique plongeant dans HS0, de densité, d — 1,85.
Nous avons constaté que l'acide sulfurique était monté dans le tube :
À 54 % en 24 heures ;
À 225 % en 48 heures, soit 171 % de plus que la veille ; A 325 % en 72 heures, soit 100 % de plus que la veille ; À 270 % en 96 heures, soit 55 % de moins que la veille.
Puis, la colonne barométrique descend progressivement pour retomber à 0 le sixième jour.
Dans nos expériences suivantes, nous avons toujours observé la même allure dans la marche du phénomène.
Malheureusement, dans ces cultures où l'air ne se renouvelle pas, il ne se produit que très peu de matière colorante. Et encore, est-elle grisâtre plutôt que bleue.
C'est pourquoi nous avons été amené à remplacer l'atmosphère ordinaire par de l'air oxygéné pour essayer d'obtenir une meilleure production de pigment bleu.
Après avoir stérilisé, puis ensemencé une culture, nous fermons hermétiquement le col du hallon ; ensuite, par
l'intermédiaire d'un robinet à trois voies, nous attelons ce ballon à une trompe à eau munie d'un tube barométrique el à une cloche contenant de l'oxygène. Nous faisons dans notre ballon un vide parliel et déterminé et laissons ensuite entrer de l'oxygène dans tout l'appareil jusqu'à ce que se soit rétablie exactement la pression atmosphérique du moment. Après avoir mis le ballon à l'étuve, nous adoptons un tube barométrique destiné à mesurer la dépression due à l'absorption d'oxygène. Dans ces conditions, cette absorption est assez grande ; C'est pourquoi nous avons dû remplacer H,S0, dontla densité estun peu faible. De plus, ceite densité ne reste pas constante par suite de l'avidité de cet acide pour l'humidité.
Le mercure nous donnant des variations lrop petites, nous avons employé leliquide indiqué par M. Thoulet, c'est-à-dire une solution saturée de KI, où l'on dissout Hgl,. Nous avons ainsi obtenu un liquide de densité 3,096.
Parmi différentes expériences, nous avons obtenu les résultats suivants :
Dans un ballon de 305 cm: de capacité lotale, nous avons mis 100 cm3 de bouillon. Après avoir fait un vide correspondant à une colonne de 300 % de mercure, nous avons fait “rentrer de l'oxygène. Le mélange ainsi obtenu était de :
O3 105 cms à la pression N 100 cm3 du moment.
La plus forte dépression constatée dans le tube barométrique à liquide mercuriel a été de 485 %, ce qui correspond à une absorption de 30 cms d'oxygène à la pression atmosphérique normale.
Dans un ballon de 370 cm? de capacité totale, nous intro-. duisons 150 em* de bouillon. Après addition d'oxygène, l'atmosphère du ballon se trouve formée par un mélange de 105 em: d'oxygène et 115 cm3 d'azote. Dans ces conditions, la solution mercurielle, de densité 3,096, s'estélevée de 315 % dans le tube barométrique, ce qui correspond à la disparition de 21 cms d'oxygène.
Dans toutes les expériences de ce genre que nous avons
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faites, nous avons constaté que la dépression retombait toujours à O, entre le cinquième et le sixième jour.
Pour rechercher s'il se formait de l'acide carbonique dans ces cultures, après la disparition de la dépression, nous avons attelé le ballon à une trompe à eau en interposant un barboteur contenant une solution de la Ca(OH),. Immédiatement, nous avons obtenu un notable précipité de CaCOï.
Pendant son développement, le Bacillus Syncyanus forme donc de l'acide carbonique.
Nous avons essayé de doser les quantités de CO, ainsi produit, mais nous n'avons trouvé aucune constance dans ces dosages. Les variations sont relativement grandes et dépendent de la marche de la culture.