MISE
t) Radiographie. Nous présentons quatre radiographies de ce bassin, destinées à compléter l'examen par le toucher. Les deux premières ont été publiées dans le mémoire de l'auteur.
Sur la première radiographie (fig. n° 2), faite dans la position dorsale, le contour du bassin est nettement visible. Le diamètre antéro-postérieur est conservé ; les sinus sacro-iliaques sont effacés, et, au niveau des symphyses, se coude brusquement la ligne innominée pour se reporter obliquement et presque directement en avant, vers le pubis.
En cherchant à inscrire un mobile en regard de ce détroit, on voit que tout au plus serait acceptable pour lui une tête ayant un diamètre de 6 em. maxima, et dans l'arrière-plan, les épines sciatiques, peu visibles d’ailleurs, présenteraient un obstacle encore plus marqué.
Dans l'ensemble, le bassin est légèrement asymétrique, la partie gauche, côté de la cicatrice étant plus projetée du côté du centre du bassin.
Sur la deuxième radiographie (fig. n° 3), on voit, en outre, que la ligne des symphyses sacro-iliaques est absente et on peut en déduire une synostose complète des deux articulations.
Le troisième cliché (fig. n° 4) est la radiographie métrique du bassin faite selon le procédé de FABRE, de Lyon, pour mesurer les diamètres transverses. Le quatrième cliché (fig. n° 5) est sa mise au carreau pour corriger Ja déformation. Les mensurations ont donné : diamètre oblique droit, 10 cm. ; chlique gauche, 10 cm. 2 ; promento pubien, 10 cm. 7 ; transverse médian, 5 cm. 9; transverse maximum, 8 cm. 8.
D'autre part, l'examen de cette radiographie montre que ce bassin est légèrement asymétrique, ce qui traduit le fait que la lésion initiale sacrée était prédominante d’un côté du Sacrum.
g) Diagnostic. — La synostose sacro-iliaque jointe au rétrécissement transversal rapprochait ce bassin de celui de Robert, auquel il peut être assimilé : les mensurations anatomiques ont été faites avec soin sur la femme vivante
et confirmées par la radiographie.
h) Pathogénie. — « C'est, écrit M. le D° Plauchu, une
déformation absolument exceptionnelle, et c'est le pre-
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mier cas, croyons-nous, observé à la période obstétricale d’un bassin vicié par ostéomyélite du sacrum. Le D’ Durand, qui a bien voulu examiner cette malade, a fait quelques recherches chirurgicales, à ce sujet, et n'a pu trouver dans la science que vingt-cinq cas environ d’ostéomyélites du sacrum, toutes publiées chez l'enfant, mais aucune observée à la période adulle et ayant entraîné des déformations telles que l’opération césarienne était formellement indiquée. »
Les ostéomyélites sacro-iliaques sont en effet chose rare, et touchent plus volontiers l'os iliaque que le sacrum. Il paraît cependant indiscutable en ce cas qu'il s'agissait d'une véritable ostéomyélite du sacrum. Les commémoratifs et l'aspect de la cicatrice font éliminer la tuberculose. Le séquestre enlevé, les poussées successives aiguës de cette maladie, le bon état général, sont des faits au contraire en faveur de l'ostéomyélite du sacrum.
Cette ostéomyélite a détruit les cartilages d’accroissement juxta-épiphysaires, et produisit ainsi l’atrophie du sacrum. La synostose sacro-iliaque suivit l’arthrite propagée par contiguïté.
f) Conclusion. — En définitive, ce bassin, avec son atrophie du sacrum, son ankylose sacro-iliaque, est en réalité un bassin de Robert ; la lésion causale est une
ostéomyélite du sacrum.