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ANATOMIE PATHOLOGIQUE

C’est là un chapitre sur lequel nous n’insisterons pas, les travaux modernes n'ayant fait que confirmer des notions acquises depuis longtemps. Macroscopiquement, les lésions consistent essentiellement en un état d’hyperhémie plus ou moins accentué de tous les organes, s’accompagnant de ruptures vasculaires et d’extravasations sanguines. Localement, des signes d’irritation particulièrement nets peuvent être relevés sur les parois de l’estomac et de l’intestin, qui sont opacifiées, ramollies et dont, par places, la muqueuse est détruite.

Histologiquement, c’est avant tout au niveau du système nerveux central et dans toute son étendue que les modifications pathologiques sont importantes, frappant à peu près exclusivement la substance grise et plus spécialement les noyaux moteurs bulbaires et les cellules des cornes antérieures de la moœælle. Elles intéressent :

A) Les cellules nerveuses, consistant au premier degré :

En une raréfaction des éléments chromatophiles, surtout prononcée à la périphérie de la cellule.

Au deuxième degré, en une désintégration granu-

leuse avec chromatolyse.

Au troisième degré, en une extension du processus atteignant la substance achromatique qui est détruite à son tour, d’où alvéoles et lacunes.

B) La névroglie, dont les éléments qui se trouvent au voisinage des cellules nerveuses se multiplient rapidement, rongeant la substance de la cellule nerveuse et jouant ainsi le rôle de macrophages.

C) Les vaisseaux du névraxe, qui sont le point de départ de suffusions sanguines.

Le foie est tout d’abord congestionné puis, à une phase plus avancée, présente des lésions d’inflammation interstitielle et parenchymateuse plus ou moins marquées, auxquelles peuvent s’adjoindre des phénomènes de dégénérescence graisseuse des cellules hépatiques et surtout de l’endothélium des capillaires sanguins, lésions que l’on retrouve du reste dans la plupart des organes. Au niveau de la moelle osseuse, le nombre des cellules adipeuses diminue rapidement ; par contre, les cellules médullaires et les globules blancs à granulations éosinophiles augmentent.

Plus intéressante que l’étude de ces lésions est celle du mécanisme qui les détermine et actuellement un fait sur lequel nous avons déjà insisté, est bien acquis : elles sont d’origine toxique, car même avec les procédés d'investigation les plus minutieux, on ne trouve jamais de bacilles dans les organes lésés.

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