‹ Contribution à l'étude du BotulismeChapitre 9 sur 14 · SO EE · texte numérisé non relu

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ble de sécheresse de la gorge dont se plaignaïit notre malade et qu’on retrouve dans toutes les observations, associée à un état rouge et luisant des muqueuses salivaires très fréquemment noté. Même, mais à titre exceptionnel, on a pu rapporter des cas où ces manifestations s'étaient accompagnées d’ulcérations buccales et de parotidite.

D’autres fois, sans être taries, les sécrétions sont altérées dans leur qualité et c’est alors qu’apparaissent des mucosités épaisses, grisâtres, pouvant s’accumuler dans l’arrière-gorge et entraîner des crises de toux et de dyspnée des plus pénibles. Quoiqu’il en soit, de tels troubles déterminent une soif vive d’autant plus difficile à étancher que bien souvent, comme ce fut le cas dans l’observation que nous avons rapportée, il existe une dysphagie rendant la déglutition particulièrement difficile.

Dans les formes très sévères, l’alimentation peut devenir totalement impossible et la moindre tentative entraîner des accès de suffocation menaçants, l’intensité de ces troubles étant liée au degré plus ou moins accentué de paralysie des muscles du pharynx et du voile du palais. C’est ainsi que chez notre malade, dont les réflexes vélo-palatins, nauséeux du voile et du pharynx étaient conservés, la déglutition restait encore partiellement possible, une partie ‘es liquides seulement refluant par le nez ou étant rejetée au milieu de quintes de toux.

Enfin, dans notre observation, la paralysie intéressait seulement le pharynx et le voile du palais et

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encore, de façon incomplète. Tel n’est pas toujours le cas, et bien souvent on voit s’y associer une paralysie plus ou moins complète des muscles du larynx et des cordes vocales, entraînant un assourdissement de la voix, qui parfois même peut s’éteindre, le sujet devenant aphone.

Fréquemment on a noté des difficultés des mouvements de la langue. Il n’est pas jusqu’à la mastication elle-même qui ne puisse parfois devenir difficile.

De même, c’est à des phénomènes parétiques, nous semble-t-il, qu’il faille rattacher les troubles auditifs qui revêtent tous les types, depuis de simples bourdonnements d'oreilles jusqu’à une surdité plus ou moins complète ; et les troubles du goût et de l’odorat, qui sont loin d’être exceptionnels.

Mais surtout il existe une constipation intense, opiniâtre, avec inhibition des fonctions motrices, à tel point que l’abdomen, comme ce fut le fait chez notre malade, se laisse plus ou moins distendre par les gaz. Il est même des cas où cette distension très accusée a pu faire discuter le diagnostic d’occlusion intestinale. Nous en rapprocherons la rétention d’urines, dont quelques observations ont été signalées. Mentionnons en passant l’oligurie et l’albuminurie, constituant des manifestations assez fréquentes.

Ajoutons pour terminer l’affaiblissement général de la contractilité volontaire avec, assez souvent, une diminution ou une abolition des réflexes tendineux.

Enfin, l’anorexie habituelle, l’insomnie souvent rebelle, les vertiges quand le malade s’assied sur son

lit, associés à un certain degré de bradycardie, à un assourdissement léger des bruits du cœur, complètent le tableau dans ces formes de moyenne intensité, que caractérise encore l’absence de fièvre, de troubles de la sensibilité générale et de l’intelligence, de la circulation et de la respiration.

Mais il n’en est pas toujours ainsi et à côté des formes que nous venons d’étudier, formes susceptibles de se terminer par la guérison bien plus souvent qu’on ne l’estime généralement, il en est d’autres particulièrement sévères, au cours desquelles, aux signes précités, s'ajoute tout un cortège de symptômes généraux dont l’issue fatale vient en règle confirmer la gravité en dépit de toutes les thérapeutiques.

C’est alors que l’on peut noter de la faiblesse et de l’irrégularité du pouls, de l’hypotension, une respiration accélérée, irrégulière, superficielle, entrecoupée d'accès dyspnéiques et, dans les dernières heures, un état soporeux ou un peu de subdélire.

En opposition à ces formes sévères, mortelles, fréquentes nous apparaissent les formes frustes, atténuées, pouvant réaliser les tableaux les plus divers : simples troubles visuels avec ophtalmoplégie légère, comme l’épidémie que nous avons rapportée en fournit un type. Il s’agit là d’un fait qui se retrouve dans un grand nombre de publications. Dans sa description des accidents d’Ellezelles, pour ne citer que cet exemple, Van Ermengem signale qu’une dizaine de convives n’ont présenté qu’ « un peu d’enrouement, une sensation de sécheresse et de constriction de l’arrière-

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gorge, de la dilatation des pupilles, de la faiblesse de la vue. En même temps, elles ressentirent de la gêne dans la déglutition des aliments solides et restèrent fortement constipées.

Aïnsi donc, du simple point de vue symptomatologique, le botulisme nous apparaît, à l’instar d’un grand nombre d’affections, comme capable de réaliser les formes cliniques les plus variées et il va sans dire qu’un tel polymorphisme n’est pas sans répercussion sur le pronostic.

VAUGELADE) DU BREUILLAC 3

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