VALEUR PRONOSTIQUE
Pour Potain, le galop indique la faiblesse relative du cœur, relative, car il y a des cas où cette faiblesse n'existe que par suite de l'obstacle anormal.
Il résulterait également des observations de Lépine et Fraentzel que le bruit de galop est un signe d'asthénie cardiaque.
« Ce n'est pas, dit Lépine, un signe de forte tension artérielle, mais l'indice qu'il y a disproportion entre la tension artériclle et l'énergie que le ventricule est capable de développer. »
La disparition du galop sous l'influence du repos et de la digitale plaiderait en faveur de cette opinion.
Pour Cufter et Guinon, il faut distinguer les différentes modalités du bruit de galop, dont chacune a une valeur pronostique différente.
L'état du cœur a, en effet, une influence souvent prépondérante sur la marche de la néphrite interstitielle.
La dilatation est l'état ultime vers lequel tend l'hy-
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pertrophie brightique, comme les autres; quand la dilatation existe, quand le cœur est forcé , la maladie revêt l'aspect clinique d’une affection du cœur; c’est la phase cardiaque du mal de Bright, bien mise en évidence par Debove et Letulle. Aussi la digitale produit les meilleurs effets comme dans une lésion valvulaire.
Le pronostic absolu est donc sous la dépendance de l’état d'hypertrophie ou de dilatation du ventricule gauche.
Or, la forme même du bruit de galop peut servir à
distinguer la varièté d'hypertrophie cardiaque : l'hypertrophie concentrique se reconnaïîtra au bruit de galop simulant un dédoublement du deuxième bruit ; l'hypertrophie avec dilatation se reconnaitra au bruit de galop vulgaire dont le bruit surajouté se rapprochera beaucoup plus du premier bruit du cœur, en même temps que pourra apparaitre un souffle systolique d'insuffisance mitrale, souffle passager, indice certain de la dilatation.
Quant au pronostic relatif de l’hypertrophie avec dilatation et de l'hypertrophie concentrique, bien que cette dernière soit plus favorable, et que la première indique souvent une terminaison fatale prochaine, les deux peuvent également se compliquer de phénomènes d'urémie, indépendants de l’état du cœur et dont l'apparition brusque viendrait dérouter le pronostic.