DESCRIPTION BOTANIQUE
La description botanique du C. Inophyllum L.
(guttifères) a été faite: à plusieurs reprises, mais c’est à CUZENT (1) que nous devons l’étude la plus complète.
En effet, dans ses Considérations géologiques, météorologiques et botaniques des Iles de la Société, cet auteur s'étend lenguement sur ce bel arbre, qui peut atteindre 15 à 20 mètres de haut.
Le Calophyllum dispense généralement un ombrage, qui justifie le souci, qu'ont les Indigènes, et
principalement les Annamites, d’en parer leur jardin, les enclos de pagodes et les Avenues conduisant au Village.
CREVOST et PETELOT (2), dans leur catalogue des plantes médicinales de l’Indochine l’identifient au voisinage de la mer, dans les sols sableux, arides, mais nous pensons qu'il croît de même façon, au bord des cours d’eau. Le Jardin Botanique de Saïgon possède un beau spécimen de cet arbre, au bord immédiat de
l’Arroyo Chinois. On le trouve, malgré cette constatation, plus fréquemment au voisinage de la mer. Il préfère les terrains humides et les régions de plaine. L'occasion ne nous a pas été donnée de le rencontrer dans les régicns plus élevées qui bordent la Cochinchine
(1) Cuzent - Iles de la Société - Tahiti - Considérations géologiques, météorologiques et botaniques.
(2) Crevost et Petelot - Catalogue des produits de l’Indochine, p. 52.
UN AVTEE
et les Annamites interrogés ne le situent que dans les
régions basses.
Nous n'avons pu que limiter notre étude botanique à la vérification des données de CUZENT sur la variété de Cochinchine. Cet examen nous a conduit aux mêmes définitions botaniques.
Le tronc est généralement irrégulier, tortueux, quoique par exception, ncus ayions rencontré des C. {nophyllum L. au tronc parfaitement droit. L'écorce est rugueuse, d’un rouge brun ; incisée, elle laisse exsuder une résine verdâtre.
La ramification commence à deux ou trois mètres du sol, par de grosses branches, dont les rameaux sont glabres. La ramification est abondante et donne à l’arbre un pcrt majestueux.
Feuilles :
Les feuilles sont oblongues, cunéiformes à la base. Elles sont opposées, pétiolées, elliptiques, légèrement marginées au sommet. La nervure médiane sur la face intérieure est jaune, saillante. Des nervures plus petites, très fines, parcourent le limbe, régulièrement parallèles, très nombreuses de part et d’autre de la nervure médiane. La feuille verte est très cassante, et justifie par son aspect l'appellation vulgaire de Laurier d'Alexandrie, que l’on donne parfois au C. Inophyllum L. Les feuilles, détachées de l'arbre, sèchent lentement et prennent une couleur gris argent.
Le pétiole est long de deux à trois centimètres, blanc, odorant.
Fleurs :
L’inflorescence est axillaire ou terminale, au bout des rameaux ; elle est formée de grappes de cymes groupées souvent par 4, 5, 6 ou 10 fleurs, pour chaque grappes. Les pédoncules sont blancs et lisses. Les pédicelles, munis à leur base de bractées très petites, triangulaires, scarieuses et caduques, sont opposés, longs de 25 mm., décussés, les inférieures triflorées. Ces fleurs sont blanches et exhalent une odeur douce
et agréable, qui rappelle celle du tilleul.
Le calice est formé de deux verticilles, composés chacun de deux sépales blancs, épais. Les deux extérieurs sont ovales, entiers, un peu capuchcnnés, les deux intérieurs plus allongés.
Les sépales externes sont longs de 8 mm., larges de 7 à 8 mm., orbiculaires, très concaves :; les internes sont longs de 11 mm., larges de 7 à 8 mm.
La corolle est à préfloraison quinconciale, composée de quatre pétales à peine onguiculés, plus longs que les divisions du calice, et alternant avec elles, blancs, épais, un peu étalés, concaves à leur sommet. Les pétales longs de 12 mm., larges de 5 mm., sont également blancs et odorants.
Les Ftamines sont très nombreuses, aussi longues que le style, libres, inégales. Le filet très grêle, long de 5 mm., de couleur jaune verdâtre. Les anthères sont allongées, longues de | mm., dressés, ovales, émarginées au sommet, à connectif étroit, de couleur jaune vif, et s’ouvrant latéralement par des fentes longitu-
dinales.
En ONE
Le Pistil se compose d’un ovaire sphérique, arrondi, long de 5 mm. uniloculaire, monosperme.
Le Style, long de 5 mm. est cylindrique, terminé par un stigmate aplati, glutineux, concave.
L'Ovule est solitaire, ascendant, à microphyle inférieur et externe.
Le Fruit est une drupe sphérique de 25 à 35 mm. de diamètre, complètement inodore. Parvenu à maturité, il présente un épiderme lisse et d’une couleur orangée. Le mésocarpe est charnu, mince, l’endocarpe gris, ligneux.
Immédiatement au-dessus de cet épiderme lisse, se trouve une couche pulpeuse, agréable au goût, qui, aux Indes étant plus abondante, serait comestible. Cette couche pulpeuse recouvre une noix sphérique, lisse, dont la coque est mince, ligneuse, grise, peu résistante au choc. Le poids moyen de cette noix est de 12 à 15 gr.
L’amande, presque pyriforme, de couleur crème, est enveloppée d'une couche épaisse, spongieuse, à face interne, lisse. Elle est formée de deux cotylédons d’un jaune pâle, épais, charnus, soudés ensemble. Fraîche, cette amande est inodore ; mâchée, elle empâte la bouche, émulsionne la salive et la rend spumeuse : son goût fade d’abord, devient ensuite légèrement âcre.
Son poids moyen est de 7 grammes.
Si l’on opère une coupe transversale sur une amande fraîche et qu’on l’examine au microscope, on voit que les vaisseaux laticifères, contenant le suc jaune verdâtre, qui s'épanche aussitôt que l’incision a été pratiquée, sont accumulés dans toute la périphérie. Le