ETUDE CLINIQUE
Nous nous proposons, dans cet article, de passer rapidement en revue les diverses manifestations d’une néoplasie bilatérale du sein et nous distinguerons d’abord :
Le cancer aigu. — C'est la classique mastite carcinomateuse aiguë, heureusement rare, décrite par Klotz, puis par Volkmann; c'est l’ « acute cancer » des auteurs anlais. Ce cancer apparaît le plus souvent chez des femmes jeunes, presque toujours au cours de la grossesse ou de l'allaitement. Il apparaît presque simultanément dans les deux seins et a une marche presque foudroyante.
Cliniquement, il se caractérisé par des douleurs violentes, une tuméfaction diffuse des deux seins et augmente rapidement de volume. Sa consistance est ferme et on ne sent à la palpation aucune masse tumorale limitée.
L'évolution est d’allure nettement inflammatoire avec les signes cardinaux de l’inflammation, œdème, rougeur des téguments, chaleur locale. Les ganglions de l’aisselle sont précocement envahis et rattachés au sein par des traînées de lymphangite cancéreuse.
L'état général est très touché ; la fièvre est élevée, et les malades sont dans un véritable état typhoïde. La mort survient en quelques mois (en six semaines chez la malade de
+ Billroth, en trente-huit jours chez celle d’Aitkin) et l’autopsie
montre que le cancer est déjà généralisé.
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Quant aux cancers « primitifs » qui atteignent une glande saine, qu'ils soient simultanés ou consécutifs, ils ont le même aspect clinique que les cancers unilatéraux, et on peut trouver toutes les variétés décrites à propos du cancer unilatéral; squirrhe, cancer encéphaloïde et toutes les variétés d’épithéliomas.
Les cancers doubles simultanés peuvent avoir une évolution tout à fait identique. Patel, de Lyon, rapporte l’histoire d’une femme présentant un squirrhe double du sein. Les deux tumeurs étaient apparues en même temps et en des points symétriques de la glande, elles avaient le même aspect clinique.
Dans d’autres cas, les deux tumeurs sont dissemblables et comme structure histologique et comme aspect clinique, différentes dans le volume ou dans la consistance, une tumeur étant dure et à contours nets, l’autre étant une induration diffuse de la glande.
Les formes à évolution lente
Dans ce cas, il faut distinguer les cancers en apparence primitifs qui sont les plus fréquents et ceux qui se développent sur une glande présentant depuis un temps plus ou moins long des altérations préalables. |
Nous avons rapporté déjà une observation de Rousset et M"° Gasne, signalant le cas d’une cancérisation secondaire d'une maladie de Reclus. Lenormant cite Costantini qui a vu un cancer mammaire bilatéral associé à des lésions anciennes de mastite chronique. Dans le même article, il cite Soupault qui à amputé à deux mois d'intervalle les deux seins d'une malade atteinte d’une maladie kystique et chez laquelle étaient apparus des noyaux indurés qui furent reconnus par l'examen anatomo-pathologique comme étant des noyaux d’épithélioma atypique. Est aussi cité un cas d'Hofhauser qui s'était développé sur des « formations fibro-glandulaires an-
ciennes ». L'évolution, d’ailleurs, de ces tumeurs greffées sur
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