‹ Contribution à l'étude du cancer bilatéral du seinChapitre 14 sur 19 · PRONOSTIC · texte numérisé non relu

PRONOSTIC

Evidemment, le pronostic du cancer double du sein est un pronostic très sombre. Les malades qui sont atteintes de ces iumeurs semblent posséder un terrain particulièrement favorable à l’évolution du cancer, d’où une plus grande gravité du pronostic que dans les cancers unilatéraux. Cependant, cette gravité varie suivant la forme clinique du cancer double.

La mastite aigué bilatérale des femmes enceintes ou des aourrices comporte un pronostic très rapidement fatal; on n’a jamais vu, en effet, guérir ces affections. Nous avons déjà relaté le cas d’Aitkin dont la malade est morte trente-huit jours après l'apparition de la tumeur.

Le cancer double simultané comporte lui aussi un pronostic particulièrement grave. D'après l'étude que fait Dessaint dans sa thèse, aucune des malades atteintes de cette affection n'ont dépassé une année de survie. Cependant, Jeannney et Mathey Cornat ont publié le cas d’une malade atteinte d’un squirrhe bilatéral dont le début remontait à dix ans. Meilleur est le pronostic des cancers qui se développent sur une affection chronique pré-existante de ja mamelle, adéno-fibromatose ou maladie kystique de Reclus. Nombre d'auteurs établissent leur pronostic sur les ganglions lÿmphatiques rencontrés. Cependant, cette opinion n’est pas admise par Delbet pour qui la question des ganglions n’a qu'un intérêt restreint, car certains cancers ont des adénopathies satellites volumineuses et précoces; d’autres en ont très peu. Il en conclut à l'existence

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de cancers lymphopiles et Rd De plus, souvent, lorsque le néoplasme est ulcéré il y a infection secondaire de la tumeur et retentissement inflammatoire sur les ganglions.

Cette hypertrophie ganglionnaire signe alors une réaction ba-

nale et non une extension du processus cancéreux.

Nous pourrons résumer la question du pronostic dans le cancer bilatéral d'emblée en citant l'opinion de Mac Williams, qui résulte d’une vaste enquête. Cet auteur affirme : « Le cancer simultané a un pronostic très grave. La survie moyenne n’atteint pas à deux ans. »

Très sombre aussi est le pronostic dans le cas du cancer bilatéral successif. Et il semble que dans ce cas, plus l'apparition de la deuxième tumeur suit de près celle de la tumeur première, plus le pronostic est grave. Ces malades semblent être en état de moindre défense contre le cancer et la tumeur aura rapidement une évolution fatale. Cependant, si l'apparition de la deuxième tumeur se fait dans un temps assez long après l'apparition de la première, si un diagnostic précoce est posé, et si une extirpation totale est faite à temps, la malade se présente dans des conditions pronostiques analogues au cas d'un cancer unilatéral primitif. C’est le cas de la malade du professeur Jeanneney dont nous rapportons le cas dans notre observation n° VI : le 27 juin 1932, Willy Meyer à droite; le ä juillet 4932, ablation du sein gauche. Guérison parfaite. Revue les 24 octobre 1932, 27 avril 1933 et 27 novembre 1933, et en novembre 1934 cette malade paraissait encore en parfaite santé, ne présentant aucun signe de récidive locale ou éloignée. ;

Ceci tendrait à prouver que le second cancer est bien une tumeur primitive. En effet, pas de métastase dans une autre région, différence du type histologique et allure clinique, et pronostic non nécessairement fatal qui devrait être celui d’une récidive d'un cancer unilatéral.

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