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cancéreux. Toutes ces formations sont caractérisées par une couche généralement unique de cellules cylindriques épithélioïdes périphériques. De là les cellules convergent en S'enroulant de façon à faire un véritable globe perlé. Tous ces globes s'étendent dans le chorion et contre le cartilage dans les parties profondes. Les travées cellulaires voient quelquefois leurs éléments modifiés dans leurs formes par suite de la pression réciproque et de la présence d’autres éléments cellulaires. De même leur orlentalion arrive a être complètement modifiée mais on les reconnaît toujours comme dérivant du type cylin-
drique.
Le stroma peut êlre dans certains cas envahi par l'infiltration cancéreuse, mais il est souvent aussi le siège d’une prolifération cellulaire propre de cellules jeunes et constitue ainsi dans certains points une barrière protectrice. Le cancer s'étend d’une manière très intéressante : au début il se forme à la limite du périchondre une zone extrêmement irritative qui s'étend ensuite au cartilage ; les cellules cartlagineuses sont pressées les unes contre les autres de telle sorte que l’on trouve des foyers d’infiltration d'ilots cartlagineux polygonaux. Dans leurs inlerstices s’avancent les éléments cancéreux qui finissent par les envahir, dans d’autres cas les flots cartilagineux éclatent par usure düûe à la pression el par nécrose.
Dans d’autres cas le stroma est le siège d’une production de faisceaux élastiques nombreux, avasculaires, ressemblant au tissu squirrheux. Dans ces cas, l'évolution se montre relativement bonne, même si le sujet est âgé.
D'après Haug, le point de départ du cancer se ferait dans les couches profondes de l’épithélium.
Symptômes. — Le cancer du conduit au début se présentera selon son siège sous des aspects différents.
Il pourra, comme dans notre cas (III), siéger dans les parties moyennes et externes du conduit, en provoquer l’atrésie et même l'obstruction complète, ce qui aura pour conséquence une diminution très notable de l'audition.
Il apparaîtra alors comme une verrue, comme un chondrome, l’épiderme qui le recouvre ne se différenciant en rien de celui des parties voisines.
Dans d’autres cas il donnera l'impression d’un furoncele. En effet, lorsque le malade que nous avons eu l’occasion
de suivre vint dans le service à Lariboisière, on diagnos-
üiqua un furoncle du conduit qui fut incisé à plusieurs reprises et ce n’est que devant l'inefficacité de tout traitement que l’on songea alors à un épithélioma.
Si au contraire le conduit est libre dans sa presque lotalité. on pourra, à l'examen otoscopique du fond du conduit, apercevoir de nombreuses granulations paraissant venir de la caisse et donnant lieu à un écoulement sanguinolent et fétide : celles-ci, enlevées, récidiveront rapidement.
La tumeur s’accroissant, le conduit est bientôt obstrué ; 11 en résulte le symptôme dominant du cancer du conduit qui est la douleur, symptôme qui ne manque jamais.
Le début pourrait pourtant passer inaperçu et c’est ce qui se produisit dans notre dernier cas observé (obs. IT). La douleur faisait complètement défaut et le malade venail consuller pour insuffisance respiratoire nasale. Ce n'est qu'au cours de l'examen qu'ilse plaignit d'entendre un peu moins de son oreille gauche et que nous tûmes
amenés à regarder son oreille. Ces douleurs sont néanmoins décrites par tous les auteurs, elles prennent chez certains malades un caractère d’acuité tel que ceux-ci songent au suicide. Elles siègent dans l'oreille, irradient dans la région du cou, derrière l'oreille, fréquemment aussi au niveau de l'articulation temporo-maxillaire dont elles empêchent tout mouvement de mastication, le malade redoutant même d'ouvrir la bouche pour s’alimenter. Ces douleurs surviennent soit par crise el prennent un caractère aigu ou sont constantes et Insupportables.
Le retentissement ganglionnaire n’est pas toujours en rapport avec l'étendue de la tumeur. Les ganglions pré, sous et rétro-auriculaires peuvent être pris ainsi que ceux de la région cervicale. Dans certains cas ils manquent complètement ; dans d’autres ils semblent être d'ordre purement inflammatoire et rarement l'examen histologique a permis de retrouver des métastases.
A un degré avancé, le cancer se sphacèle, laissant écouler un pus fétide, sanieux, avec débris épithéliaux et ne tarde pas à se propager aux régions avoisinantes.
En avant, l’envahissement de l'articulation temporo-
maxillaire entraîne une gêne très grande de la mastication.
En arrière, la mastoïde est prise et peul simuler une mastoïdite comme dans le cas de notre observation (IT) dans lequel la malade avait un conduit atrésié et tous les symptômes d'une mastoïdite chronique fistulisée pour laquelle elle fut opérée. Ce n'est que pendant l'opération que l'on constata la présence de tissu néoplasique.
Le cancer peut proliférer vers l'extérieur et gagner le