FEAR
Une fois enfin le diagnostic du cancer de l’æsophage thoracique à sa partie moyenne paraissait évident. L’œsophascopie montra une coudure de l’æœsophage en arrière à 26 cm. des arcades : coudure brusque déterminant la formation d’un éperon antérieur franchissable d’ailleurs à l’œsophasoscope. Je n'ai pas trouvé d'explication satisfaisante pour ce cas.
20 Chez certains malades indemnes de toute lésion organique œsophagienne l’on peut voir la bouillie s'arrêter en un point précis sous forme de boules surmontées par une bulle d’air. Cet aspect qui a pu parfois être constaté à plusieurs examens successifs cerrespond vraisemblablement à des lésions de médiastinite.
En somme, il m'apparaît que les examens radiologiques sont indispensables dans l’examen d'un malade suspect de cancer œsophagien. Mais ils doivent être pratiqués avec beaucoup desoins et demeurent malgré tout susceptibles de causer de graves erreurs. [ls apportent lun argument de plus pour ou contre le diagnostic, mais ne peuvent permettre de trancher absolument. C’est là le privilège de l’œso-
phascopie seule,
OEsoPpHAcoscOPIE
L’œsophascopie est en eftet le seul mode d’exploration qui permet chez le vivant de poser avee une certitude absolue le diagnostic du cancer de l’œæso-
phage. Sans l’œsophagoscopie le meilleur clinicien, le radiologue le plus averti ne penvent arriver qu’à
une présomption. Le diagnostic de cancer en raison
du pronostic fatal qu’il comporte jusqu'à maintenant ne doit être posé qu'à bon escient, aussi bien dans l'intérêt du malade que dans celui de son entourage. C’est pourquoi je n'ai jamais hésité à pratiquer cet examen.
L'œsophagoscopie a dans les milieux médicaux très mauvaise réputation. Dans l'ouvrage si remarquablement documenté de Bérard et Sargnon qui constitue la Revue générale la plus récente sur le
cancer de l’œsophage, on peut lire « plus encore
que le cathétérisme, lœsophagoscopie ne peut être tentée qu'à bon escient, nous dirions presque en cas de nécessité et seulement après un examen radioscopique minutieux qui permettra parfois de s’en passer. En effet, plus encore que les sondes et les cathetères demi-mous, les tubes œsophagoscopiques rigides, rectilignes, sont agressifs pour les
tuniques malades, friables, saignantes du conduit
alimentaire cancéreux. Et en cas d’ectasie aortique il y aurait encore plus de chance de perforation
qu'avec le catheter ». Je cite ces phrases car elles
expriment bien l'état d'esprit de la majorité. Quant à moi, je pense qu’on n'a pas le droit de poser un diagnostic de cancer sans preuve absolue. L’examen radiologique peut être en défaut. En ce qui concerne le danger de cette exploration ; l’œsophagoscope est évidemment rectiligne et rigide,