ÉVOLUTION
Un grand nombre des malades que j'ai examinés
sont déjà morts. 11 est vraisemblable que tous Îles
autres succomberont à leur affection en dépit de
quelques rémissions que j'ai observées après traitement.
La rapidité d'évolution est très variable.
Le minimum que j'ai constaté chez mes malades
est de huit mois comptés à partir du premier signe
(obs.no 11).11 s’agissait d’un malade de 46 ans. Uné 0
autre fois l’évolution totale fut de neuf mois (obs.
n° 19). Malade âgé de 70 ans). Un troisième malade enfin est actuellement en train de mourir :le début
de son affection remonte à dix mois (ob. n° 24).
Le plus souvent la ne d'évolution dépasse un. an.
Un de mes malades présentait des troubles depuis
six ans (obs. n° 22) mais il est vraisemblable que la
cancérisation ne remonte pas aussi loin.
Il est classique de dire que le cancéreux de l’æœsophahe meurt « littéralement de faim ». Ce n’est exactque dans un minimum de cas. Dans les trois cas d'évolution rapide que je viens de signaler,l’un
(obs. n° 11) avait une dysphagie très marquée : il
fut gastrotomisé et mourut Rte un état de caches xie épouvantable, quatre mois après son opération en dépit d’une alimentation copieuse par sa sonde.
Les deux autres n’avaient que peu de dysphagie et
s absorbaient journellement une quantité d’aliments
suffisante pour maintenir en équilibre un individu normal.
Chez certains malades (obs. n° 9, entre autres) j'ai
eu l’impression d’une consomption rapide de l’or-
ganisme du fait du cancer : le malade È paraît fondre.
Chez certains malades la mort est survenue au
milieu de complications pulmonaires (ob. ne 26). Je n’ai jamais vu de fistules œso-trachéales ou æso-bronchiques.
J'ai constaté une fois (dans un service de mede:
cine, une nuit de garde), une mort subite chez un
cancéreux œsophagien par hématèse foudroyante
par rupture de l'aorte dans l’œsophage.
Deux fois enfin la mort est survenue par médiastinite après application de radium. Je reviendrai sur ces deux cas au Chapitre du traitement.