Illaire
Le malade est très faligué mais peu amaigri. Pas de ganglions. Pas de siallorhée. Syphilis avouée : traitée assez sérieusement.
Œsophagoscopie : tumeur ulcéro-bourgeonnante de la lèvre antérieure de la bouche œsophagienne évidemment cancéreuse.
Biopsie. Pas d'image de néoplasie sur le fragment examiné.
Leucoplasie.
La famille de ce malade et son médecin se sont opposés à üune deuxième biopsie et à toute tentative de traitement.]
Au mois d'avril 1932 son état s'était considérablement
aggravé et on envisageait sa mort comme imminente.
OBSERVATION No 14.
M. L. C..., 54 ans, boulanger.
Début en mars 1931, insidieux.
Dysphagie progressive, en décembre 1931 ne peut avaler que de faibles quantités de bouillon et a maigri de 45 kilos.
Entre le 5 décembre 1932 dans le service du D' Ramond où l’on contrôle radiologiquement l’existence d’une sténose œsophagienne. Passé d'urgence en chirurgie il est gastrostomisé.
Après cette intervention on l’adresse au service d'U.-R.-L, Le 11 janvier 1932, état très médiocre, il prétend cependant aller mieux.
La peau de son ventre et de ses membres paraît flotter.
Ses fosses temporales sont extrêmement excavées.
Il se nourrit exclusivement par sa sonde. Lorsqu'il essaye
d'avaler une gorgée de liquide il ressent une douleur rétrosternale à l'union du tiers moyen et du tiers inférieur du sternum et rejette le liquide peu après.
Salivation abondante. Régurgitations salivaires avec quelques filets de sang de temps en temps.
Œsophagoscopie facile le 11 janvier 1932. À 27 centimètres des arcades masse implantée sur le bord gauche de l’œsophage et débordant légèrement sur la face postérieure. Le pédicule est égal à la moitié du diamètre de la tumeur et occupe environ un sixième du pourtour œsophagien. Aspect mamelonné : une vingtaine de gros bourgeons, rouge vif, aspect lisse, saigne abondamment, paraît molle. La muqueuse œsophagienne au niveau de l'implantation de la tumeur et sur la portion voisine de la tace antérieure paraît figée. La bicpsie ramène de très gros fragments, friabilité extrême, hémorragie abondante.
Examen histologique (D' Delerue) épi. cylindrique à petites cavités glanduliformes de type gastrique, forme très rare développée Sur un flot hétérotopique de muqueuse à type gastrique de l'æœsophage.
Application du radium par le procédé habituel (8 millicuries) après quoi son état général s'améliore, il reprend 6 kilos. La dysphagie persiste. Du 18 février au 5 mars, il subit neuf injections intraveineuses de chlorophile. Pas de modifications de la dysphagie : la déglutition des liquides s'accompagne de douleurs localisées cette fois au creux épigastrique.
Le 5 mars œsophagoscopie : à 27 centimètres la tumeur a complètement disparu. Son point d'implantation a un aspect
pâle, cicatriciel et paraît adhérer dans la profoudeur : la
LS
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muqueuse de la face antérieure bridée par cette boisare décrit un repli falciforme souple que l’on franchit aisément, L'on s’arrête à 35 centimètres. |
La dysphagie persistant l’on demande un examen radiologique qui révèle un arrêt sus-cardiaque à peu près complet.
Le 19 mars, œsophagoscopie : à 39 centimètres, masse bourgeonnante occupant la face antérieure et les bords de l'œsophage : la lumière, réduite à son dixième est refoulée três en arrière La masse est rouge, molle, saignante, friable.
Biopsie : épi. cylindrique à petites cavités réalisant la même image. Stroma en réaction inflammatoire subaiguë à prédominance plasmocytaire avec prolifération fibreuse,
En un mois le malade subit deux applications de radium à ce riveau, en tout 16 millicuries.
Le 27 avril 1931, ilrevient, va bien, bon aspect, a pris 4 kilos (71 kilos), plus de dysphagie. S’alimcnte uniquement par les voies naturelles : viande, poisson, légumes, pain. Il réserve la sonde de gastrostomie pour les médicaments.
En juin le même état persiste : 72 kilos.
En septembre 1932, bou état général. Même poids mais la dysphagie est réapparue : le pain et la viande ne passent plus qu’en toutes petites bouchées.
Le 12 septembre, œsophagoscopie : à 27 cm. même aspect, avec peut-être plus de souplesse des parois.
A 37 em. gros bourgeon, implanté sur le bord gauche et occupant le tiers de la lumière ; coloration analogue à celle de la muqueuse voisine. N'est pas dur, saigne peu. La muqueuse œsophagienne est molle et ne semble pas infii-
trée. Une biopsie montre seulement « des dépressions
glandulaires ou îlots glandulaires en voie de métaplasie
malpighienne : : sans signe absolument certain d'épi ».
Le 25 septembre, œsophagoscopie : même aspect. Biop-
sie (épi. du même type que le précédent mais tendant à
prendre une morphologie beancoup plus atypique. Stoma
nécrotique et œdémateux, infiltré de polynucléaires : défa vorable. » . De j
Mise en place de radium, Laissé 48 heures : 8 millicuries.
Le malade sort au bout de ro jours : sa dysphagie a
F disparu à nouveau. Il paraît cependant un peu fatigué.
É | Revu le 15 octobre, bon aspect, 91 kilos. Il peut manger R be de tout en mastiquant bien. N’utilise toujours sa sonde que | pour les médicamenis.
Revu le 29, très bon état général. même poids, la viande
et le pain ne passent plus.
M.C.F.,66 És, malade dysphagique depuis plus d’un È an (traité ‘comme anorexique), Début insidieux. Evolution progressive, dans l’ensemble, avec une période de stabilisation de six mois qui a cessé il ÿ a deux mois.
2 Actuellement ne peut avaler que des purées très claires
en petite quantité et des liquides. Douleur à la déglutition
située par le malade à la partie moyenne du cou et à
gauche. Siallorbée et fétidité de l’haleine.
Es | Malade petit, d’aspectcongestif, encore gros, quoiqu'il ait
beaucoup maigri (10 à 15 kilos) : impression de mauvais
terrain. : i.
Œsophagoscopie : le 5 mars 1932 : pénible car n'ouvre
La pas la bouche et a des incisives longues. À 19 cent. masse cancéreuse de la face antérieure : aspect ulcéro-végétant, déborde légèrement sur les deux bords. Lumière très large encore.
Biopsie. Kpi. malpighien spino-cellulaire à globes épidermiques cornés. Stroma réaction inflammatoire subaiguë intense.
Application de radium le 9 mars 1932 : $ millicuries ; sept injections intra-veineuses de chlorophile.
Amélioration nette de la dysphagie. Sort le 20 mars.
N'est pas revenu comme on le lui avait recommandé pour
une nouvelle application. Le ro mai était encore bien.
M. D. E., 56 ans, malade traité dans un autre hôpital déjà gastrostomisé et traité par le radium à trois reprises (un de mes externes qui le connaît me demande de faire une œsophagoscopie),
Début il y a un an. Gastrostomie depuis 4 mois. Ne prend rien par les voies naturelles. Les liquides peuvent cependant passer. Malade extrêmement amaigri mais ne s’alimente pas autant qu’il le pourrait. Ganglion sus-clavieulaire.
Œsophagoscopie : A 35 cm. masse annulaire, aspect typique du néo, mais saignant peu. La sténose paraît à peu près compléte. Je ne puis passer une sonde n° 10.
Biopsie. Ne montre qu'une inflammation subaiguë du
chorion.
Je n’ai pas eu l’occasion de pratiqner une nouvelle biop-
PTE
sie pour contrôler si l'absence de formations néoplasiques
était due au siège de la coupe ou aux irradiations.
M. T. C., 69 ans, mécanicien. Adressé au service pour traitement par une consultation d‘O.R. L. qui ne possède pas de radium. Malade fatigué, paraît très amaigri (15 kilos). Début il y a plus d’un an, progressif, Evolution avec des alternatives de mieux et d’aggravations. Actuellement ne peut avaler que des liquides peu consistants. Pas de siallorhée. Régurgitation lorsqu'il prend des liquides en trop grande quantité à la fois. Pas de douleur. A été œsophagoscopé 8 fois.
Le 20 avril 1932. (Œsophagoscopie. L’œsophage paraît un peu élargi. À 27 cm. masse bourgeonnante implantéé sur le bord gauche et oblitérant plus qu’au 2/3 la lumière. Aspect de cancer évident.
Biopsie. Epi. spino cellulaire à ‘globes épidermiques cornés, d'ailleurs atypique du type muqueux. Les éléments épithéliomateux apparaissent sur le fragment biopsié, développés en plein tissu musculaire et entrainent la dégénéres. cence des fibres musculaires. Stroma en réaction fibreuse par place, œdème et réaction inflammatoire du type aigu du chorion à distance de la tumeur
Pose d’une sonne radifère : la sonde engagée des deux tiers de sa longueur bute sur un obstacle dur. Je ne pousse pas, pensant qu'il y a au-dessous une sténose plus marquée
ue peut-être à un deuxième cancer. La sonde dépasse largement la tumeur mais est bien fixée. On la laisse en place
48 heures : 8 millicuries. Pas d'incident,