‹ Contribution à l'étude du cancer de l'œsophageChapitre 7 sur 36 · SIÈGE · texte numérisé non relu

SIÈGE

La plupart des travaux sur le cancer de l’œsophage contiennent des statistiques sur la fréquence des cancers selon leur siège. Il est classique de dire que les cancers sont plus fréquents aux points rétrécis de l’œsophage : bouche œsophagienne, rétrécissement broncho-aortique, traversée diaphragmatique. L’on accuse en général une prédominance pour le tiers inférieur. J’ai observé des cancers sur toute la hauteur de l’œsophage : depuis la bouche œsophagienne jusqu’au cardia. Il y avait une prédominance très légère pour le tiers moyen, soit entre 25 et 30 cm. des arcades dentaires. Les cancers de l’œsophage cervical, de 15 à 25 cm. étaient les moins fréquents.

J’ai trouvé :

14 cas de cancers du tiers moyen.

6 du tiers supérieur.

10 du tiers inférieur.

Cette constatation dans l’état actuel de la thérapeutique est sans intérêt. Elle fait seulement ressor-

J. Illaire 2

tir la rareté relative des cas de cancers si nie

et cela est fort regrettable car ce sont là les seuls

sur lesquels on peut espérer pouvoir intervenir

chirurgicalement.

J'ai noté également le siège des néoplasmes par

rapport à la circonférence de l’œsophage. Les cancers les plus fréquents sont ceux de la face antérieure et du bord gauche; puis viennent ceux de la

‘face postérieure et enfin ceux du bord droit. J'ai trouvé 11 cas de la face antérieure.

10 du bord gauche.

7 de la face postérieure.

2 du bord droit.

Une fois le cancer m'est apparu à peu près circu-

laire : il était impossible de dire où était son point

de départ. Il s'agissait d’un cancer très avancé, gas-

trostomisé depuis longtemps dans un autre hôpital

etque l’on m'avait demandé de vérifier (obs. n° 46).

Le petit nombre des cancers du bord droit que

fa

Se

j'ai constaté me parait trop petit pour être le fait

d'un hasard. Peut-être faut-il l’attribuer au fait que le bord droit de l’œsophage est le segment de la périphérie de cet organe qui offre le moins de rap- «i port intime avec les organes voisins. Cela n’oftre

d’ailleurs pour le moment aucun intérêt pratique. |

DimMENs10Ns.

“Il en serait tout autrement des dimensions du can- . cer selon certains auteurs qui pensaient proportionner la dose de radium appliquée au volume de la tumeur. Les calculs qu’il faudrait effectuer pour calculer ce volume m'ont paru entachés à léur basé même de tant de causes d’érreurs que jé ne m'y suis jamais livré. (We Îlest aisé d'apprécier la largeur d’une tumeur et même son épaisseur par la vue que l’on à à l’œsophagoscope. Il est par contre beaucoup plus diffi- | cile de mesurer sa hauteur car à part quelques cas spéciaux on ne tente pas de pousser le tube en aval du cancer. Les mensurations par radioscopie sont très sujettes à erreur.

__ Seules sont précises les constatations nécrop- siques. | | J'ai, parmi les cas que j'ai vus, trouvé toutes les dimensions, depuis la simple plaque de leucoplasie en voie de dégénérescence qui n’a pour ainsi dire aucune épaisseur {obs. n° 9) ou le petit cancer pédi- culé gros comme un pois que l’on prendrait aisément pour un petit polype (obs. n° 8) jusqu’au cancer étendu à toute la circonférence (obs. n® 5 et 16), supprimant toute la lumière (obs. no 920. A8 et A1) et s'étendant en hauteur sur 8, 10 et même 15 cm. (obs. n° 22, 29 et 17).

Le volume des cancers de l’œsophage est avant

“L'AUFENIRENS

LOT MS Le tout en rapport avec leur âge mais leur rapidité

d'évolution est très variable selon les cas.

AsPecr.

Guisez et Sencert ont divisé les tumeurs néoplasiques œsophagiennes en bourgeonnantes, ulcéreuses et infiltrées.

Parmi les cancers que j'ai observés à l’œsophagoscope, la forme qui m'est apparue la plus fréquente, 17 sur 31, est une forme mixte uicéro-végétante à base infiltrée.

Sur une paroi œsophagienne, débordant souvent sur un bord ou même sur les deux, le cancer apparaît comme une masse dure faisant saillie dans la

lumière œsophagienne, qu’elle diminue plus ou moins. Sa surface est irrégulière, ulcérée, bourgeonnante par places, surtout sur les bords. Au premier coup d'œil cette tumeur ulcéro-végétante est parfois sphacélique. Un enduit grisâtre la recouvre, que l’on enlève aisément au porte-coton. Cette pellicule enlevée, elle apparaît rouge vif, saignant, parfois très abondamment. Des attouchements à la cocaïne au dixième adrénalinée sont nécessaires pour pouvoir poursuivre l’œsophagoscopie et pratiquer une biopise. Les cancers de ce type que j'ai observés occupaient du dixième à la totalité dans un cas de la circonférence œsophagienne.

Je n’ai jamais vu un cancer purement ulcéreux : j'entends par là une ulcération qui ne fût qu’une

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