ET, NE
ulcération , qui put faire hésiter pour le diagnostic comme le fait par exemple le cancer du col utérin au début dans sa forme ulcéreuse avec une ulcération métritique. J'ai toujours vu les ulcérations cancéreuses reposer une base non seulement indurée mais encore nettement surélevée et de surface toujours bourgeonnante.
J'ai par contre rencontré plusieurs cas de forme bourgeonnante.
Deux fois seulement et sur le même sujet (obs. n° 8)il s’agissait de bourgeons lisses, régulièrement arrondis, assez finement pédiculés qui évoquaient absolument l’idée de tumeur polypeuse bénigne.
Toutes les autres fois il s’agissait de tumeur bourgeonnante à implantation large (un sixième environ de la circonférence œsophagienne), à surface mamelonnée, rappelant l’aspect d’une müre. Les bourgeons secondaires étaient d’ailleurs de finesse différente : pour une tumeur occupant le tiers de la lumière, j'en ai compté de 6 à plus de 40 selon les cas.
La coloration de ces tumeurs muriformes varie du rouge intense, congestif, presque violet au rose pâle. Dans un cas (obs. n° 27), le seul que j'ai observé chez la femme la tumeur était presque décolorée : semblable à une mûre blanche.
Je n’ai pas trouvé de parallélisme entre l’aspect macroscopique et la formule histologique du cancer. Pour un aspect identique à l’œil j'ai eu des épithéliomas malpighiens et cylindriques.
Quant à la forme infiltrée, elle m'apparaît rare.
Plusieurs fois j'ai porté le diagnostic de cancer infiltré ; quelques instants plus tard, après cocaïnisation de la muqueuse, après quelques manœuvres,
toujours prudentes, je poussais le tube de l œsophagoscope et arrivais sur l'ulcération habituelle. Je crois que les cas où l’on dit cancer infiltré, alors que l'on apercevait seulement le bord supérieur
d’une forme ulcéro-végétante ne sont pas rares.
À l’autopsie je n’ai rencontré que des formes top J
mixtes, il s'agissait toujours de cancers intéressant
plusieurs centimètres (jusqu’à 15) de la paroi œso-
phagienne qui était largement infiltrée et cartonnée, toujours ce cancer était ulcéré du côté de la lumière, ;
avec à la surface de l’ulcération 1. bourgeons ‘el
friables parfois exubérants.
Nomsre.
na 29 cas sur 314 ils ’agissait de cancer unique.
Dans deux cas il s'agissait de cancers multiples. +
Le premier est celui relaté dans l'observation n° ‘Sa
Il s’agit de M. F.C... À l’æœsophagoscope j j'ai vu:
10 À 927 cm. des arcades dentaires, pt sur la face antérieure de l'œsophage une masse de. la, grosseur d'un. gros pois : arrondie, lisse, de
coloration rouge, un peu plus foncée quela muqueuse
œsophagienne, reliée à l’œsophage par un pédicule
équivalent au tiers environ de son diamètre, mobile,
au contact du porte-coton, ne saignant pas au cours de ces manœuvres, dure. La muqueuse au niveau de son implantation était de coloration normale ét ne paraïssait pas indurée. Cette masse donnait absolument l'impression d’un polype fibreux.
20 À 30 cm. des arcades dentaires, une deuxième tumeur implantée sur la paroï antéro-latérale droite x de l’œsophage (2 heures) absolument comparable à la première ; seulement un peu plus allongée et moins finement pédiculée.Son implantation œsophagienne ne paraissait pas infiltrée. |
30 A 37 cm. une masse implantée largement sur toute la moitié gauche de l’œsophage occupait les deux tiers de la lumière : remarquablement dure. La muqueuse qui la recouvrait était rougeâtre et paraissait faire corps avec elle comme si on l'avait écrasée. L'aspect de l’ensemble fait penser à un cancer infiltré. |
L'examen microscopique montra que les deux premières tumeurs étaient des épithéliomas spinocellulaires. Pour la troisième tumeur Îa réponse
fut : leucoplasie. Les biopsies furent pratiquées une deuxième fois et donnèrent le même résultat.
J'ai pensé que la troisième tumeur était également un cancer et que mes prises furent trop superfi-
cielles.
Ils’agirait donc d’un cas de cancer triple. Le deuxième cas est celui de M. L. C. (obs. n° 44) observé du 5 décembre 1931 à ce jour.
Chez lui j'ai trouvé :
PAC AE UE T Rn à
| none
lo À 27 cm. des arcades une masse occupant la.
moitié de la lumière œsophagienne implantée sur le bord gauche et sur la portion voisine de la face postérieure (en tout 1/6 environ du pourtour œæsophagien). Le pédicule paraissait égal à la moitié du diamètre de la tumeur. Le cancer avait un aspect mamelonné à gros bourgeons (une quinzaine environ), était recouvert d'une muqueuse rouge vif d'aspect lisse vernissé, saignant abondamment au contact du porte-coton. La muqueuse œsophagienne sur tout le pourtour de la base de la tumeur paraissait infiltrée. Cette masse était friable : la prise pour biopsie ramena un très gros fragment avec hémorragie abondante.
L'examen histologique montra qu'il s'agissait d’un épithélioma cylindrique à type gastrique.
20 À 39 cm. une deuxième tumeur constatée trois mois plus tard après application de radium qui firent disparaître la première.
Elle se présentait commeune masse bourgeonnante occupant la face antérieure et les bords de l’æœsophage, réduisant au dixième environ la lumière qui était refoulée en arrière. Cette masse était rouge
vif, plus vif que la muqueuse environnante, saignant
très facilement, friable.
La biopsie donna le même résultat.
30 Six mois après ce dernier examen, j'ai trouvé
à 37 cm. des arcades dentaires et sur le bord gauche
une tumeur bourgeonnante occupant le tiers envi-
Fm