CHAPITRE II
Considérations anatomo-pathologiques et étiologiques.
I est peut-être un peu prématuré de vouloir décrire la marche et lévolution locales du cancer du eorps du pancréas. Les observations sont encore trop peu nombreuses et la plupart trop incomplètes, un grand nombre de constatations étant purement opératoires. Cependant il semble qu'on peut dès maintenant indiquer les grandes règles de cette évolution. La tumeur, irrégulière et bosselée, donnant souvent l'apparence de novaux multiples, durs, « farcie de nodules gros comme des petits pois », tend à faire saillie sur la face antérieure du pancréas. Elle siège généralement devant l'aorte qui peut lui communiquer des battements. Elle vient, d'autre part, se montrer au-dessus de la petite courbure; refoulant à travers larrière cavité des épiploons les deux feuillets de l'épiploon gastro-hépatique. En pareilles circonstances, elle vient se montrer sous la paroi et est perceptible à l'exploration. Si l'estomac est haut situé, la tumeur rencontre la face gastrique postérieure, la refoule, mais n’est pas perceptible à
Te l'exploration. Localement, elle tend à englober Les vaisseux spléniques (Kærte) et peut évoluer dans deux directions. Cette distinction est capitale, car c'est d'elle que dépend la symplomatologie terminale de la maladie.
Dans un premier cas, elle marche pelit à petit vers la tôle, qu'elle envahit secondairement et arrive finalement à prendre le masque d'un cancer céphalique, c'est-à-dire à créer, dans une période terminale, le syndrome d'ictère chronique (Une de nos observations personnelles. — Observation I de Chauffard).
Dans un deurième cas, la tumeur se porte vers la queue de l'organe. Les seuls symptèmes sont des douleurs et de Pamaigrissement. [n'y à jamais d'ictère.
Eloloyie. — Sur quinze observations (1) que nous avons pu réunir, nous trouvons 10 hommes et 5 femmes. Le plus jeune de nos malades avait 37 ans. Les autres étaient entre 40 et 45 ans. Huit avaient dépassé 60 ans. Un avait 75 ans. Dans les antécédents, rien de spécial à noter. Chez un malade de M. Poncet, nous avons relevé du paludisme ancien : dans un de nos cas, qui fut ultérieurement autopsié dans le service de M. le professeur Teissier, deux ans avant les premiers troubles pancréatiques, la malade avait eu de lictère par rétenlion, durant quatre mois. Notons à ce sujet que l’autopsie montra la présence de calculs dans la vésicule, ce qui explique parfaitement cet ictère ancien.
(1) Aux treize observations que nous rapportons, nous avons ajouté les deux citées par Kœærte, dans son article de la Deutsche Chirurgie, sur lesquelles les détails chniques manquent.