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DIAGNOSTIC

Il peut paraître très osé de vouloir porter le diagnosüe du néoplasme du corps du pancréas, ef jusqu'à présent, un pareil diagnostic n'a été fait d'habitude qu'au cours d’une opéralion ou d’une autopsie.

Avec les nouveaux éléments dont on dispose actuellement, et en se basant sur le syndrome douloureux bien spécial, sur les caractères de la tumeur, tels que

nous les avons indiqués, il est peut-être possible cependant de le porter. Nous avons vu MM. Delore et Leriche l'énoncer et la laparotomie le confirmer. Ainsi en fut-il dans un cas de Chauffard: On se basera sur :

1° Douleur très violente, initialement localisée à gauche avee irradiations vers le dos et les épaules, profondément située, avee paroxysmes angoissants. Ceci est assez particulier et ne peut guère être confondu avec la douleur de l'ulcère gastrique, plus localisée, influencée par les ingestions alimentaires, moins angoissante, moins irradiée. L'uleère, d'autre part, sans son {vpe aigu, se voitchezdes gens jeunes et ne s'accompagne pas de cachexie ni d'amaigrissement propres au néoplasme paneréatique. L'analogie de la douleur pancréatique avec les crises gastriques du tabes est bien plus considérable. Môme acuité, même soudainelé, résistance à la thérapeutique habituelle, tout cela apparaît à la même période de la vie, aussi ne doit-on pas s'étonner d’être obligé de laisser quelquefois le diagnostic en suspens. Chez un malade de Chauffard il fallut aller jusqu'à la ponction

lombaire pour pouvoir rejeter à coup sùr le diagnostic du tabes. Oser, d'ailleurs, avait, en 1898, déjà insisté sur l'analogie elinique des crises pancréatiques et tabétiques. Il faudra donc, en pareille occurrence, faire une enquèêle clinique très minutieuse et chercher tous les signes du tabes funeste.

2° La tumeur est irrégulière, un peu bosselée, fait saillie dans ia partie gauche de la région épigastrique qu'elle soulève et dont on aperçoit l'asymétrie à jour frisant. La palpation en est douloureuse et elle donne l'impression que cette masse immobile, dans les mouvements respiratoires, plonge profondément.

Chez un homme cachectique, présentant le syndrome douloureux, les caractères sus-indiqués permettent d’éliminer l'idée de néoplasme gastrique. Les tumeurs de l'estomac, en effet, surtout celles siégeant au corps, s'étalent le long des parois gastriques. Elles sont en quelque sorte aplaties par les incessantes allées et venues respiratoires de l'estomac. Ce sont peut-être là des nuances difficiles à saisir au premier abord, mais, dans certains cas, suffisamment caractéristiques pour s'imposer à l'esprit. Ce sont elles qui permirent, dans une de nos observations, de prononcer, avant la laparatomie, le mot de cancer du corps du pancréas.

Quand la tumeur est pulsatile, soulevée par des battements aortiques, il a pu venir à l'esprit de la prendre pour un anévrisme de Paorte. Dans l'observation rapportée par Destot, M. Poncet avait porté ce diagnostic. Môme fait s'est produit entre les mains de M. Pie, de M. Barjon, si bien que l'on à créé le mot de forme pseudo-anévrysmatique. nous semble qu'aujourd'hui, avec

là connaissance du néoplasme du corps du pancréas et de son syndrome, pareille erreur serait plus difficile. En ous cas, l'examen comparé du pouls radial et du pouls général, des pouls fémoraux entre eux permettrait d'éviter l'erreur.

Il reste une dernière question à trailer au point de vue du diagnostic. La laparolomie étant faite et la masse d'apparence néoplasique élant constatée sur le corps pancréalique, peut-on affirmer lexistence du néoplasme ? En réalité, hors Le cas de généralisation et des symptômes rationnels, donnés par l'examen de l'état général, 11 nv à pas de signe différentiel absolu entre Pinflammation chronique ,tuberculeuse ou autre ,du pancréas elle cancer. Aussi est-il arrivé de voir sous la seule influence de la laparotomie exploratrice la tumeur considérée comme néoplasme rélrocéder, l'état général se remonter et le malade arriver à la guérison absolue. C’est là une heureuse éventualité sur laquelle on ne devra pas compter, mais qui est une raison de plus de recourir, en pareil cas, à la laparotomie exploratrice. Nous n’en voulons pour preuve que l'observation suivante :

Pancréatite chronique. — Laparotomie exploratrice — Guérison.

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