‹ Contribution à l'étude du cancer du corps du pancréasChapitre 25 sur 26 · TRAITEMENT · texte numérisé non relu

TRAITEMENT

n présence d'un cancer aussi douloureux et d'évolution aussi rapide que le cancer du corps du pancréas, là thérapeutique médicale est évidemment impuissante à calmer les souffrances : la morphine est la seule ressource qu’elle puisse offrir.

Chirurgicalement, peut-on davantage et doit-on opérer de tels malades?

Comme le dit Chauffard, on le peut et on le doit pour plusieurs raisons. |

Tout d’abord, le diagnostic de cancer du corps n’est qu'un diagnostie de probabilité. Il n'est que juste de

faire bénéficier le malade de la possibilité d'une erreur. L'observation que nous avons rapportée au chapitre précédent en est une preuve convaincante; (rois ans après la laparotomie purement exploratrice qui avait montré une tumeur de la parie médiane du pancréas, la malade était en parfaite santé, la mise à l'air ayant fait rétrocéder une masse inflammatoire douloureuse.

Il faut, d'autre part, intervenir, car, dans un {rés grand nombre de cas, l'opération à été un sédatif immédiat et a supprimé ‘pour un temps les crises douloureuses. Chauffard insiste sur ce bénéfice très appréciable constaté dans les deux faits qu'il relate.

Dans une de nos observations, il en fut de même et le malade partit très amélioré. Evidemment, le répit n’est pas de très longue durée, mais c’est déjà beaucoup que d'apporter aux malades de ce genre quelques semaines de soulagement.

D'autre part, la laparotomie n’est pas forcément exclusivement exploratrice, dans certains eas on doit faire davantage.

4° Il est des cas en effet où, comme nous l'avons indiqué, le néoplasme à des tendances à marcher vers la tête du pancréas et à comprimer le cholédoque.

Lorsqu'on constate une extension de ce genre, il est prudent de faire une anastomose cholécysto-intestinale qui préviendra l'ictère. Parmi les différents types d'anastomoses possibles, la cholécysto-gastrotomie que M. Jaboulay à défendue dans les cas de cancers de la tète du pancréas, nous parait remplir toutes les indications nécessaires. Faite à l’aide de son bouton anastomotique, elle ne demande que quelques minutes et ne

D iDoree

saurait aggraver le pronostic de la laparotomie exploratrice. Elle permettra d'éviter les surprises désagréables, comme cela arriva à l’un de nos malades (observaion 1), qui prit un ictère progressivement plus foncé avant même d'avoir pu quitier son lit, après sa laparotomie exploratrice.

2° Peut-on faire davantage ? — Si le diagnostic précoce est porté, dit Chauffard, il n'est plus impossible de l'espérer.

« La pancréatectomie céphalique, récemment étudiée et préconisée me paraît chose difficile et d’une hardiesse bien risquée. Mais enlever un noyau néoplasique par résection médiane du pancréas ne me semble pas chose impossible, si on opère de bonne heure, dès que les premières crises douloureuses ont éveillé Ia pensée de la lésion possible. Peut-être est-ce beaucoup demander à la chirurgie, mais ses progrès incessants, ses admirables succès, dont nous, médecins, sommes chaque Jour les témoins reconnaissants, ne nous permettent-ils pas toutes les espérances ? »

Un pareil enthousiasme est peut être prématurée, cependant il existe des pancréatectomies partielles du corps suivies de succès. Dans son travail sur la chirurgie du pancréas, Villar (de Bordeaux) cite celles de Ruggi (Giorn. int. del Sc. med, Napoli, CXIL, 1890, p. 81-90) ; de Briggs (St-Louis med a. surq. journ., 1890), Le LVI, p. 154-155) ; de Briondi (Clümico-chirurgico, 1896, p. 131-145); résumé in Kærte (1898, p. 134) ; de Malthe (Gode Lt. a Lerift [. Hebebery Kristiania, 1895); de Sculer (Deut. Zeitschrift für Chir., 1896, bd. XI, DA

LÉrborse

Il nous semble qu'en pareil cas le mieux serait de passer par voie gastro-colique, et de reporter fortement en bas eten haut le colon et l'estomac : la résection elle-même, dans le plus grand nombre des cas, devrait, nous semble-t-1l, comporter toute la partie gauche, corps et queue de l'organe. Une telle ablation pourraitelle se faire en conservant l'intégrité des vaisseaux spléniques ? Au cas où 11 faudrait les sacrifier, quel serait l'avenir de la rate ? Autant de questions que l'avenir seul peut trancher. L'hémostase directe du moignon cervical nous parait parfaitement possible à seule condition d'une extériorisation suffisante. Mais que doit-on faire de la tranche de section pancréatique? On à parlé de l’aboucher à la peau, de lisoler par des compresses… Tout ici est encore bien théorique. Et nous ne pouvons faire autre chose que de poser la question, sans avoir les éléments de la résoudre.

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