LE A
pour essayer de nous rendre un compte un peu plus exact de la durée de vie à laquelle il peut bien avoir le droit de prétendre, interrogeons celles de nos observations qui rapportent l’histoire de ces malades, atteints de cancer iléo-cœcal, qui n’ont pas été opérés.
Kôrte en signale deux cas (1): dans le premier, 21 mois après la découverte de la tumeur, se produisent une occlusion intestinale, un anus artificiel, et la mort arrive deux mois plus tard.
Dans le deuxième, c’est une femme âgée de 41 ans, qui a, depuis 4 ans, dans la fosse iliaque droite, une tumeur qui n’occasionne aucune gêne. Quand elle se présente à l'hôpital, la tumeur grossit depuis quelque temps. Il se forme un abcès. Six semaines plus tard, perforation de la vessie, 4 mois après, mort dans le marasme.
M, du Castel cite cing cas (2) :
Dans le premier, le malade ne se sent fatigué que depuis un mois; depuis cette époque, il a des digestions difficiles, des douleurs épigastriques. Il entre à l'hôpital, et cinq jours après meurt de péritonite.
Dans le deuxième, la malade souffre depuis six mois ; elle entre à l'hôpital le 3 avril, et meurt le 16 mai suivant, de péritonite cancéreuse.
Dans le troisième, c’est un homme qui souffre depuis six semaines, entre à l’hôpital le o décembre ; le 17, succombe à la suite d’obstruction intestinale:
(4) Observations 13 et 44. (2) Observations 8, 9, 10, 11, 12.
Dans le ess on constate la‘ tumeur cœcale pour la première fois, à la fin d’août ; le malade meurt le 4 février suivant, dans la plus profonde cachexie.
ans, meurt dans le coma, à la suite de diarrhée incoer-.
cible, 7 mois AS avoir ressenti les premiers RFO
Dlesee
æ pe F
Enfin dans le cinquième, le malade, âgé de 76
Cnapitre IV
Intervention chirurgicale
1° Indications opératorres
Intentionnellement, nous laisserons de côté les cas d’occlusion aiguë, provoquée par le cancer iléocœcal ; car, le plus souvent, dans ce cas-là, le chirurgien a la main forcée, et sa conduite se base surtout sur le degré de résistance qu'offre le patient.
En présence d’un malade qui souffre, qui a une tumeur, et qui maigrit, et c'est ainsi, comme le montrent nos observations, que se présentent la plupart des malades atteints de cancer iléo-cæcal, quelle conduite doit-on tenir ? |
Oubienon n’a pufaire de diagnostic précis, hésitant entre tumeur de l'ovaire, des annexes, etc.
Dans cette hypothèse, la règle est, croyons-nous, d'intervenir par la laparotomie exploratrice ; dans quel cas, en effet, sera-t-elle plus indiquée qu'ici, où l’on a tout à la fois souffrances, amaigrissement et tumeur abdominale.
DAaah nl En t
D. Ou bien, et c’est ce qui arrivera plus souvent, on À n'hésitera qu'entre tuberculose et cancer du cœcurm. Dans ce cas-là, notre conviction intime est que le chirurgien doit intervenir (à moins cependant qu'il n’y
ÿ ait des contre-indications sérieuses : contre-indica- 14 .. tions dont nous parlerons plus loin). ë pe ns En effet, si on a affaire à une affection tubercufe “1 = leuse, à la rigueur, on pourrait espérer une guérison 3 radicale de la tumeur: Mais les chances en faveur de 14 cette supposition sont si faibles, les souffrances du Que ; malade qui dépérit de plus en plus sont si pénibles, : DL l’état où 1l se trouve est si pitoyable, les dangers … locaux auxquels il est exposé, c’est-à-dire l’obstruc-
tion aiguë, la perforation intestinale, sont si imminents, que ce serait une témérité de mettre sa confiance dans ce si minime espoir.
Et, on doit se déterminer à intervenir chirurgicalement, d'autant plus que les chances de la réussite opératoire sont très favorables, comme en témoigné la statistique de la thèse du D' Baillet (1).
Si, au lieu d’être une lésion tuberculeuse, c’est un carcinome du cœcum, le malade n’a même plus cette si minime chance du tuberculeux, de guérir sans intervention ; et, 1l est infailliblement voué, en supposant qu'ilne soit pas emporté par l’un des accidents énumérés plus haut, à la misérable mort du cancéreux, dans le marasme et la cachexie, après les plus terribles souffrances.
(À) Ballet. Thèse de Paris, 1804.
Sambon À
Ou bien, enfin, le diagnostic ferme de cancer 1léo-cœcal aura été porté.
Dans ce cas-là, encore moins que dans le précédent, l’hésitation ne sera permise, puisqué nous savons le sort réservé à notre malade, si on ne l’opère pas: Nous verrons plus loin les contre-indications opératoires, et les résultats de l’opération:
2° Procédés opéraltorres.
L'intervention chirurgicale décidéé, quel procédé opératoire doit-on choisir, car on a le choix entre les trois modes d'intervention suivants :
A. Anus contre-nalure; — [L'avantage de l’opération dé l'anus contre nature est qu’elle est d’une bénignité relative; mais cet avantage est fortement contrebalancé par l'ennui de laisser au malade une infirmité de cette nature:
De plus, er laissant la lésion marcher son train, on ne fait rien contre les complications qu'amène inévitablement sa généralisation ou son extension.
Aussi, croyons-nous que cette opération doit être réservée aux seuls cas où l’état d’affaiblissement du patient ne peut permettre une plus longue opération, et encore à ceux d’occlusion aiguë.
B. Entéro-anastomose (de Maisonneuve). = L'entéro-anastomose se recommande aussi par sa bénignité résultant de la rapidité d'exécution,
Mais elle a l'inconvénient de rendre possible l’ac-