OBSERVATION IV
Carcinome du cœcum et du colon ascendant. — Résection. — Entérorraphie. — Guérison. — Kôrte. Berliner Kliniche Wochenschrift, 11 septembre 1893.
G..., 31 ans, entre à l'hôpital le 21 novembre 1891.
En mai 1891, a eu de violentes douleurs dans la fosse iliaque droite. Constipation. Amaigrissement.
Le malade vient à l'hôpital pour inflammation cœcale. Je trouve une tumeur compacte, dure, douloureuse, peu mobile, dans la région du cæœcum.
Avec la seringue à ponction, je trouvai du pus à un endroit.
Le 1er octobre 91, j'incisai, mais le pus ne s’échappa pas tout d’un coup; c'était une petite cavité avec des parois dévastées. Je pensais que le pus se résorberait peu à peu, et j’ajournai.
L’inflammation augmenta ; en conséquence, je vis nécessairement qu'il fallait retirer le diagnostic, et l’extirpation de la tumeur fut résolue.
Opération le 21 noverabre 91. Devant la grosseur de la tumeur, je dus faire une incision partant de la région cœcale, s’inclinant en haut et faisant un angle en dehors jusqu’à la ligne axillaire. Pour mettre en liberté latumeur, le décollement d'avec la fosse iliaque fut très laborieux : je dus exciser tout le péritoine de la fosse iliaque droite et un morceau de la paroi abdominale. Après la mise en liberté de la tumeur, l'iléon fut sectionné entre deux ligatures à un travers de doigt devant la valvule iléo-cœcale. On lia le mésentère par portions : le colon fut ensuite sectionné entre deux ligalures dans la région du foie. La tumeur occupe la paroi postérieure du côlon qui est malade sur une longueur de 12 à 15 centimètres.
La grosse difficulté maintenant est de réunir les 2 intestins. La difficulté vient de ce que les conduits intestinaux sont inégaux, que l'iléon est beaucoup plus étroit que le colon, difficulté d'autant plus accentuée ici que les 2 intestins ne peuvent être approchés l'un de l’autre que
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grâce à une forte tension. L'opération avait aussi, duré suffisamment longtemps. C'est pourquoi, je me décidai à ne pas faire d’entérorraphie. J'enveloppai les 2 intestins dans de la gaze iodoformée, je les plaçai dans l'angle de la plaie et cherchai à réunir la grande plaie; ce quine réussit que partiellement. Il restait un assez grand vide que je garnis de gaze iodoformée. Les matières fécales s'évacuaient par l'anus artificiel.
Le 5 janvier 1892, je traite l’anus artificiel par résection et suture de l'intestin. Par formation de plis, je pus rendre égales les 2 lumières intestinales.
Le malade, à la suite de ce grand manque, a forcément une hernie abdominale qui, cependant, ne le gêne pas, puisqu'il peut remplir ses fonctions de garçon de recette.
Le 20 février 92, part guéri et capable de travailler.
Janvier 93. Est bien portant.
Septembre 93. Va extraordinairement bien, a gagné 66 livres depuis l'opération. Grosse hernie abdominale.
Mars 95. Très bien portant,
Descriplion de la tumeur.— Sur la paroi postérieure du colon existe une tumeur de 10 centimètres de longueur. 5 centimètres d’iléon sont envahis.
Hislologie. — On a constaté que cettetumeur était un cancer à cellules cylindriques.