‹ Contribution à l'Étude du Cancer Iléo-CoecalChapitre 5 sur 36 · UTILE · texte numérisé non relu

UTILE

dessus de la valvule une plus ou moins grande portion de l'intestin, dont les parois sont transformées en une masse rigide, nacrée, blanche, dure, criant sous Île scalpel.

Parfois, ni le colon, ni l’iléon ne sont pris ; toute l’altération se reporte sur le cœcum, la valvule de Bauhin et même l’appendice (1).

Ritansky, Lemaître ont décrit un cancer primitif de l’appendice iléo-cœcal. Dans un cas de Beger, le carcinome avait débuté par l'extrémité libre de l’appendice, et de là, envahi lentement le cæœcum.

L'envahissement de l’iléon et du colon se traduit par une induration des parois latérales, le plus souvent, ou de la paroi postérieure (2), qui a pour résultat de troubler rapidement le fonctionnement de l'intestin en lui enlevant sa souplesse normale.

Le cancer donne habituellement naissance à des bourgeons plus ou moins volumineux, plus ou moins irréguliers, qui font saillie dans la cavité du tube intestinal, et rétrécissent sa lumiére. L’'intestin, de cette façon, est converti en un tube rigide, à parois irrégulières et anfractueuses. Le canal intestinal serpente à travers les végétations cancéreuses et sa direction est souvent des plus sinueuses. Le rétrécissement peut être considérable, donnant lieu à une dilatation de la partie intestinale située en amont de l'obstacle, pouvant se limiter aux parties inférieures de l'intestin grêle ou en occuper toute l’étendue.

(1) Observation 3.

(2) Observation 4,

; Dans les anfractuosités du canal cancéreux, on rencontre souvent des scybales, des corps étrangers apportés par l’alimentation, des pépins de pommes, pépins d'oranges, noyaux de cerises, etc... (1). L’envahissement cancéreux ne se limite pas toujours au tube intestinal ; le péritoine, le tissu cellulaire péri-cœcal peuvent être envahis à leur tour et créer des adhérences extrêmement serrées entre l'intestin et la fosse iliaque (observation (2) de Kôrte dans laquelle les adhérences au péritoine étaient si étendues qu'après l’extirpation de la tumeur, 1l ne put réunir complètement par une sutureles déchirures et sections qu'il avait du faire au péritoine de la fosse iliaque). La paroi abdominale elle-même n’est pas à l'abri de l’envahissement cancéreux, comme en témoigne une observation de Kôrte, dans laquelle il fut obligé de réséquer un morceau de la paroi antérieure (3). C’est à la suite de ces envahissements quelquefois considérabfes, que la tumeur peut parvenir jusqu’au niveau de l’ombilic, du rebord des fausses-côtes droites (4), faisant saillie à un endroit éloigné du siège du cancer primitif.

Le nombre et le volume des ganglions envahis peuvent varier dans des limites très étendues. Ils peuvent n'être ni tuméfiés ni indurés ; Hausmann, en effet, cite au moins deux cas de cancer de l'intestin,

(1) Du Castel. loco-citato.

(2) Observation 4, (3) Observation 4.

(4) Observation 5,

Sambon : 2

ce dans lesquels les ganglions étaient absolument sains:

Les ganglions abdominaux, dans le cancer iléocæcal; ne sont donc pas toujours nécessairement dégénérés. Dans les observations que nous citons, assez souvent, il n’est point parlé de l’état des ganglions: Quand il est signalé, c'est pour noter leur envahissemeht, comme par exemple dans les cas du docteur Ilott, où les ganglions de l’aîne sont pris à droite et à gauche avec un ganglion droit plus volumineux (1).

Il serait important de savoir s’il y a des cas semblables aux deux que cite Hausmann, où les ganghons ñe sont pas envahis, car ce fait de la possibilité du non-envahissement des ganglions, engagerait fortement à l’extirpation de la tumeur.

Histologie. — Dans la plupart de nos observations, l'examen microscopique a démontré que la tumeur cancéreuse 1léo-cœcale était de l’adéno-car« cinome débutant très probablement par de l’adénôme typique qui dégénère, et se combine avec l’épithélioma pour former de l’adéno-carcinôme (2).

(1) Observation 3.

(2) Observations 3, 4, 5, 6, 7.

va va mie = CE ï j Fe Fe ver Me > d' — ere à S ET 7 A à ; : 2: fe MS: Chapitre Il 3 __ Symptomatologie

on | I. 7 Désur N

Habituellement, le canéer iléo-cæœcal, dans sa

Le

Asa PPT LA

Der

node de début, alors qu'il ne produit ni rétré-

de cissement intestinal, ni tumeur, ne traduit sa rez sence que par des phénomènes très effacés. Il peut LS dans certains cas, rester latent jusqu'à sa … période ultime.

Ce que l’on remarque le plus souvent, c’est de la constipation pouvant avoir une durée très variable, de quelques jours à un an; chez lesuns, à cettecons- tipation succède de longues périodes de diarrhée ‘à continue ; chez les autres, constipation et diarrhée “ alternent à peu près régulièrement.

Il'existe toujours des phénomènes dyspeptiques Dans plus ou moins accentués, se traduisant par des trouae bles mal définis, par de la lenteur des digestions, de Dia flatulence, de la constipation se terminant par une nn. suivie d'amélioration temporaire; puis, la

durée des périodes de constipation augmente, le ventre tend à se ballonner ; et bientôt, le patient offre à peu près les symptômes de l’obstruction chronique:

Les vomissements sont rares à cette période.

La douleur spontanée peut manquer, et la douleur provoquée par la pression sur l'abdomen, quand elle existe, est habituellement peu accentuée, diffuse, et intermittente.

La palpation même de l'abdomen ne donne aucun résultat le plus souvent, car il est bien rare qu'il y ait déjà une tuméfaction appréciable dans la fosse iliaque

droite.

Îl. — PérioDe D'Érat 1° Symplômes F'onctionnels

a) Douleur, — Dans la plupart des cas, le maladé se plaint de souffrances spontanées, et, il localise la douleur soit à la fosse iliaque droite, soit à l’épigastre; M. Du Castel parle de deux malades dont il cite les observations, qui éprouvaient des douleurs épigastriques, donnant lieu à des crises pseudo-gastralgiques très violentes, où provoquées et exaspérées par l’ingestion des alimsnts (1).

La malade de M. Rafin (2) avait des accés de coli-

(1) Observation 9, (2) Rañfin, Lyon médical, 1897.

| ques habituels, devenant aun moment donné, intenses

Le et répétés, puisqu ‘elle en souffrit jusqu’à 10 et 12 fois

À par jour; ces souffrances, localisées à la région péri-

3 FA * HAS EEE obligeaient la patiente à prendre la posi- ‘tion assise, les coudes sur les genoux.

Cescoliques survenaient surtoutaprès lesrepas(1), Elles sont probablementela conséquence de con- «1 tractions violentes auxquelles l’intestin est obligé de fie livrer pour vaincre l'obstacle que le rétrécissement sh oppose à la circulation du contenu intestinal, et elles | atteignent leur apogée quand la gêne de la circulation arrive à produire une obstruction complète.

b) Constipation. — La constipation manque ra-

rement et peut devenir absolue dans le cas de rétré-

& cissement très serré, mais elle est très irrégulière et Fe peut même ne pas exister du tout, par exemple dans les cas où le cancer est localisé à l’une des parois de É l'intestin. Il est bien rare que le rétrécissement occa- sionné par le cancer de l'iléo-cœæcal, soit assez accentué à pour REA le rejet de gazs par l'anus. Ainsi M. 14 Du Castel rapporte le cas d’un homme qui, bien que souffrant d’une constipation absolue depuis 21 jours, | "a continuait à évacuer des gazs par l'anus (2) Au contraire, un malade cité par le même auteur nese plaignait que de diarrhée et jamais deconstipation (3).

La malade de Rafin, n'avait ni constipation, ni (1) Observalion 2.

4 F. __ (8) Observation 9, 2 (2) Observation 10.

diarrhée, elle allait régulièrement tous les jours à la selle.

c) Diarrhée: — Dans la plupart dé nos observations, la diarrhée alterne avec la constipation, bien que ses périodes soient habituellement moins longues que celles de la constipation. Le malade de M. Du Castel est le seul gui ne se soit plaint que de diarrhée.

De véritables débâcles de diarrhée peuvent succéder à une opiniâtre rétention, quand il se produit des phénomènes de fluxion congestive consécutive à l’ulcération du néoplasme : mais ces débäcles ont surtout lieu quand la valvule disparaît, subitement emportée à la suite de l'effort intestinal. Dans ces cas là, on peut retrouver la valvule iléo-cæœcale au milieu de selles à fétidité spéciale, composées de matières fécales, de pus, de sang, de matières colloïdes.

a) Vomissements. — Tantôt il y a vomissements, tantôt il n’y en a pas.

Korte (1) n’en a observé qu’une fois (2).

La malade de Rafin raconte qu’elle n’a jamais vomi (3).

Presque tous les malades dont M. Du Castel rapporte l’histoire ont souffert de vomissements.

L'un n'avait que dés vomissements muqueux et bilieux, assez fréquents, le matin surtout ; un autre

des vomissements bilieux, puis alimentaires, sans

(1) Korte. — Deutsche Zeitschrift tir Chirurgie 1895, (2) Observation 6.

(3) Observation 2.

Es DR ee

obstruction ; un troisième n’a vomi que des aliments, mais seulement à la période cachectique.

e) Hémorragies. — Le vomissement marc de café É n’a été signalé que dans une des observations de M. du Castel (1).

Ç Il n'a jamais été constaté de vomissements de sang pur, au moins dans nos observations. Chevet a cité un cas dans lequel un homme eut 7 hémorragies assez abondantes. ;

Deux seulement des malades dont nous rapportons l’histoire ont eu du melæna, l’un a été ohservé par M. du Castel (2), l’autre par M. Korte (3) ; celui-là eut pendant 3 semaines des selles noires de sang.”

f) Caractères des selles. — Les selles ne présentent pas toujours des caractères spéciaux ; elles pourraient être filiformes, par exemple dans les cas où à l’autopsie on trouve les 2 lèvres de la valvule de Bauhin, rigides et ne laissant entre elles qu'un intervalle minime ; mais on ne l’a jamais remarqué. Assez souvent elles contiennent du mucus sanguinolent ; parfois du mucus (4).

Le malade n’a jamais de fièvre à moins qu'il ne se forme un abcès.

L'amaigrissement rapide du malade atteint de l'angle iléo-cæcal, son affaiblissement général consi-

- dérable noté dans toutes les observations, en un mot

(1, Observation 2.

(2) Observation 2.

(3) Observation 6.

(4) Observations 3 et 7.

Page 1