‹ Contribution à l'Étude du Cancer Iléo-CoecalChapitre 6 sur 36 · SAT · texte numérisé non relu

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l'aspect général caractéristique des cancéreux, sutout des cancéreux du tube digestif, est bientôt le résultat

des divers symptômes énuméres.

1° Symptômes physiques

Ce sont surtout les symptômes physiques qui

permettent de faire le diagnostic exact de l'affection. Quels sont-ils ?

a) Volume de la tumeur. — Il est facile de concevoir, par l'étude anatomo-pathologique de ja question, que le volume du cancer iléo-cœcal peut varier énormément. puisque on l’a trouvé tantôt de la grosseur d’une noix, tantôt de la grosseur d’un poing, de deux poings, et quelquefois beaucoup plus considérable.

Le volume de la tumeur dépendra principalement de l’envahissement ou de l'intégrité des ganglions qui. lorsqu'ils sont pris, peuvent atteindre un volume plus considérable que celui du cancer primitif.

Dans les cas où lés ganglions ne seront pas envahis, et où il ne sera pas trop formé d’adhérences, le volume de la tumeur sera plus ou moins appréciable selon qu’elle siègera sur telle où telle partie de l’angle iléo-cæcal, selon qu’elle formera une masse arrondie saillante, ou qu'elle s’étendra en se dissimulant sur une des parois de l'intestin, ‘par exemple sur la paroi postérienre.

D'autre fois, le volume de la tuméfaction sera

"M! Elus ou moins appréciable. selon que l’ abdomen sera plus ou moins souple ; la tumeur pourra -même par-

fois échapper complètement au palper, par exemple dans les cas de ballonnement du ventre. Le fait suivant, rapporté par Du Castel, le prouve surabondam-

ment : une femme âgée d'une cinquantaine d'années,

est atteinte d'obstruction intestinale manifeste depuis 10 jours ; le diagnostic de la-cause ne püt être fait qu'après une débâcle produite par un traitement approprié, débâcle faisant tomber la tension du ventre. M. du Castel, seulement à ce moment, sentit une tumeur du volume d’un marron, nettement située au siège du point de rencontre de l'iléon et du colon. Pour toutes ces raisons, le volume appréciable

du cancer iléo-cæœcal peut être très variable.

: Dans nos observations, deux fois la tumeur a été

comparée au volume du poing, une fois à celui d’un:

marron, une autre fois/à celui d’une noix.

Dans un ou deux cas de Korte, elle envahissait presque tout l’hypochondre droit; cet envahissement donne une idée du volume qu’elle devait présenter. |

b) Forme. — La forme de la tumeur, bien que variable, présente le plus souvent les caractères sui-

vants : elle est bosselée, inégale, dure, ronde (1).

Dans l’observation Prise dans le service de M. le

D Monod, la tumeur donnait la sensation du bord

(La ñ . A . À * : .

antérieur d’un foie atteint de cancer secondaire ; la

(1) Observations 1, 2, 3, 12, 10,

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tumeur, en effet, de la grosseur du poing, rappelait tout à fait au palper la sensation donnée par les bosselures multiples du cancer secondaire du foie.

Excepté dans les cas où il y’eut formation d'abcès, et dans ceux où l’envahissement était considérable, la tumeur cancéreuse iléo-cæcale s’est toujours présentée sous une forme ronde, compacte, dure, inégale, bosselée.

Dans l'observation du D' Ilott, la tuméfaction augmentait constamment dans la position assise.

c) Mobilité de son siège. — La mobilité du siège du cancer iléo-cœcal peut ètre vraiment remarquable. Rafin (1) rapporte qu’à l'examen de sa malade, on trouvait la tumeur dans la partie droite de l’abdomen ; qu'il était possible de la refouler en dehors, vers la région lombaire, sans que cependant elle put être conduite dans la région rénale. Si on tentait de la chasser vers la partie gauche de l’abdomen, on la sentait jusqu'à la ligne médiane, puis on la perdait ; elle pouvait être portée au contact du foie, et elle descendait sans difficulté dans la région illiaque jusque vers l’utérus. Sa saillie était alors très appréciable à la vue et à la palpation.

Dans une observation de Korte, la-tumeur se dissimule en grande partie sous le lobe droit du foie, et si on la sort de cette position, elle se laisse déplacer dans toutes les directions, si bien qu’on fait le diagnostic de « Reïn flottant »,(2).

(1) Observation 2.

(2) Observation 6,

Dans l'observation de M. Monod, la tumeur

paraît bien mobile sur l'utérus.

Dans celle du Dr Ilott, elle est aussi facilement : mobilisable, surtout en dedans (1).

Dans les autres observations de Kôrte où la tuméfaction est peu ou pas mobile, limmobilité relative ou complète est due, soit à la présence d’abcès sous lesquels se cache la tumeur, abcès occasionnant forcément de notables adhérences, soit au trop grand envahissement du cancer (2). |

Malgré cette si grande mobilité, le siège de la tumeur est toujours le côté droit de l'abdomen, et quand on ne la déplace pas volontairement, il est bien rare que la tuméfaction soit éloignée de la fosse iliaque droite. ;

| d) Sensibilité à la pression. — L'observation seule du D' Rafin rapporte que la pression de la tumeur provoquait de la douleur. Dans celle de M. Monod, la malade n’accusait aucune douleur, même à une pression assez forte. | Le D’ Ilott et Kôrte ne notent point le résultat de leurs constatations.

Dans une observation du D' du Castel, la région épigastrique et la fosse illaque sont douloureuses à la pression, mais il n'y est pas perçu de tumeur (3).

D’après ces résultats, le symptôme « douleur à la

pression », ne semble pas devoir mériter qu'on y N (1) Observation 3.

(2) Observations 4-5.

(3) Observation 11.

Loop

attache grande importance, puisque, tantôt il y a douleur, tantôt il n’y a pas douleur.

e) Etat des ganglions. — Rien d’important n’est signalé dans les diverses observations, sur l’état des ganglions, sans doute que dans les cas de cancer de cette région, ils n’offrent rien de particulier. Le D' Ilott, seul, a signalé l'état des ganglions, en constatant la tuméfaction de ceux des deux aînes, et notamment celle de l’un des ganglions du côté droit (1).

C'est cependant l’envahissement secondaire des ganglions de l’abdomen, du mésentère et de la fosse iliaque qui fait, parfois, acquérir un volume considérable à la tumeur.

La percussion de la tumeur donnera évidemment des résultats variables, suivant que la tuméfaction sera bien limitée, ou au contraire, confondue avec les organes voisins, grâce aux adhérences.

Dans certains cas, le toucher rectal et le toucher vaginal donneront des renseignements sur la tuméfaction. Le plus souvent, ils ne donneront aucun résultat, car 1l est assez rare que la tumeur soit perceptible par le vagin ou le rectum. Et, il semble qu’il serait à souhaiter qu'il en fut toujours ainsi, pour la sécurité du diagnostic à en juger par les deux seuls cas où le toucher vaginal donne quelque résultat.

Dans l’un, celui du D' Rafin, la tumeur descend sans difficulté dans le cul-de-sac latéral et le cul-desac postérieur, donnant absolument l'impression d’un flbrome ; il semble même que l'impulsion en haut

(1) Observation 3.

l'autre, ne ni Dr Monod, L par le toucher |

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