‹ Contribution à l'Étude du Cancer Iléo-CoecalChapitre 9 sur 36 · INTESTINALE · texte numérisé non relu

INTESTINALE

Après avoir, au moyen des signes précédemment indiqués, essayé de rechercher quel est le‘siège de l’occlusion intestinale, et sans nul doute, on le découvrira dans un certain nombre de cas, il reste à en reconnaître la cause, c’est-à-dire à reconnaître la présence du cancer iléo-cœæcal.

Quelles sont donc les affections qui, dans les cas d'occlusion intestinale, peuvent simuler le cancer

iléo -cœcal, alors que ce dernier ne traduit sa présence par aucune tuméfaction ?

a) Dans le cas d’occlusion chronique. — Ce sont surtout le rétrécissement, et l’invagination chronique.

Le rétrécissement intestinal simple peut en effet, donner lieu aux mêmes symptômes que le cancer ; cependant il ne provoque pas de selles sanglantes. Et, généralement, l’histoire du malade en fera supposer l'existence. Si le malade est jeune, si l’on note dans ses antécédents de la dysenterie, de la fièvre typhoïde, s'il existe des signes de tuberculose, ou enfin, si antérieurement, l’abdomen a reçu une contusion, on aura beaucoup plus de chances d’avoir affaire à un rétréci de l'intestin qu'à un cancéreux, et il ne faut pas oublier que ce n’est que dans quelques cas exceptionnels que le rétrécissement intestinal se présente avec tous les symptômes fonctionnels du cancer, puisque le rétrécissement, à moins d’une coïncidence dont il faudra toujours se méfier, ne donne pas d’écoulement de sang par l’anus.

L'invagination chronique peut, elle aussi, offrir une assez frappante similitude de signes avec le cancer. Mais dans 60 °/, des cas, d’après Trèves (1), elle occasionne une tumeur à forme de boudin, mollasse. De plus, dans l’invagination chronique, la diarrhée est beaucoup plus fréquente que la constipation, le ténesme est très accuenté. Et, point capital, l’invagi-

(1) Trèves; Société médicale de Londres, 1887,

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fation chronique est l’apanage de l'enfance et du commencement de l’âge adulte.

Enfin, certaines occlusions chroniques par larges adhérences peuvent encore simuler le cancer par leurs symptômes fonctionnels, mais ces adhérences le plus souvent perceptibles, sont toujours produites, soit par de la tuberculose, soit par de l’inflammation des organes pelviens, qu'il sera toujours possible de re-

connaître.

b) Dans le cas d’occlusion aiguë. — Les affections qui, sans provoquer de tumeur, donnent lieu à des symptômes d’occlusion aiguë, sont, le plus souvent, la péritonite aiguë, le volvulus, les calculs biliaires.

Or, la péritonite aiguë, ne présente pas les mêmes antécédents que le cancer. Quand c’est elle qui donne lieu aux symptômes habituels de l’occlusionaiguë, laconstipationest moinscomplète,lemalade peut encore évacuer quelques gazs par l’anus, les vomissements sont moins habituellement fécaloïdes. La généralisation de la douleur très superficielle est beaucoup plus rapide, le plus souvent, dans les cas de péritonite aiguë, la température est élevée, au moins au début, tandis que dans l’occlusion aiguë typique occasionnée soit par un cancer, soit par une autre cause, la température s’abaisse généralement au début de la crise.

Le volvulus siège habituellement sur l’'S illiaque, et n’est point précédé de signes de rétrécissement intestinal ; il provoque une douleur vive, précoce, d’abord

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intermittente, puis continué, réveillée par la préssion dans la fosse iliaque gauche.

Les calculs biliaires, comme le volvulus, ne sont point précédés de symptômes ou d'occlusion chronique. De plus, ce n'est guère que chez les vieillards que des calculs biliaires oblitérent ainsi la lumière intestinale ; et, l’on a toujours pour éclairer le diagnostic, les commémoratifs qui relatent des attaques de coliques hépatiques, dans le passé du malade

2° Quand 1l y a une tumeur perceptible.

Nous éliminons, tout d’abord, du cadre de notre diagnostic, les tumeurs abdomineles utérines, ovariques ou autres, qui, par une compression possible de l'intestin, pourraient, à la rigueur, faire songer à la présence d’un cancer iléo-coccal ; nous agissons de même avec les différentes péritonites chroniques qui, nous semble-t-il, sont suffisamment caractérisées par leur marche et leurs symptômes spéciaux, excepté dans les cas où le ballonnement est considérable.

Nous ne discuteronsle diagnosticdecancerde l’angle iléo-cœcal qu'à propos des affections avec lesquelles ce cancer peut être ou a été le plus souvent confondu.

À notre connaissance, ces affections sont : les occlusions par matières fécales, par invagination chronique (nous laisserons de côté cette dernière cause

d’occlusion, puisque nous en avons parlé un peu plus

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haut), les tumeurs fibromateuses de l'utérus, les tumeurs ovariennes, les tumeurs du rein, le rein flottant, l’appendicite et la tuberculose cœcale.

a) Occlusion par masses fécales. — Ce genre d’occlusion s’observe de préférence chez des femmes adultes, hystériques, et chez les aliénés ; les antécédents de cette affection peuvent être confondus avec ceux du cancer, puisque le point important de ces

antécédents est la constipation par longues périodes.

La douleur n’est accusée par les malades atteints :

d’occlusion par masses fécales, qu’à une période très avancée de la maladie, et quant il y a douleur, elleest localisée à un point fixe, ce qui n’est qu'exceptionnellement le cas du cancer cœcal. Les coliques, habituelles, se rapprochent beaucoup par leurs caractères de celles occasionnées par lecancer. Les vomissements sont tardifs, et rarement fécaloïdes.

Les gardes-robes contiennent des matières dures, ovillées, évacuées après de violents efforts ; quelques fois se produisent des évacuations diarrhéiques ; mais, malgré les évacuations, la tumeur ne disparaît pas.

À la palpation, on perçoit une tuméfaction päteuse, gardant l'empreinte des doigts, bien loin par conséquent de présenter les caractères de la tumeur cancéreuse toujours dure, compacte, bosselée ; d’autres fois on sent sous les doigts une série de masses arrondies, dures, mobiles, échelonnées le long du gros intestin ; la sensation seule de plusieurs masses mobiles doit éloigner l’idée de cancer.

Et lorsque pour une raison ou pour une autre, le

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palper est rendu difficile, l'étude des antécédents et des symptômes fonctionnels suffira le plus souvent, pour mettre dans la bonne voie.

b) Tumeurs fibromateuse de l'utérus. -- De prime abord, il peut sembler étrange de parler des fibromes de l'utérus, à propos du cancer iléo-cœcal. Cependant l'observation du D' Rafin (1) nous indique nettement que ce diagnostic peut avoir besoin d’être fait.

Cet auteur ne dit-il pas, en effet, que, quand la tumeur très mobilisable avait été refoulée dans le cul de sac latéral droit et le cul de sac postérieur, on avait absolument la sensation d’un fibrome, d'autant plus que l'impulsion en haut donnée à la tumeur, se propageait quelque peu à l'utérus. Supposons pour un instant, que dans l’observation du D' Rafin, la tumeur fut adhérente aux ligaments larges comme dansle cas observé par M. le docteur Monod. Qui, alors, n'aurait pas songé à l'existence d’un fibrome ? Nous savons bien que le fibrome de l’utérus traduit sa présence par des signes importants, par l’augmentation de la cavité utérine, par des hémorrhagies utérines ; mais, n’existe-t-il pas des fibromes sous-péritonéaux, pédiculés, sans connexions utérines, ne donnant ni pertes sanguines, ni agrandissement de la cavité de l'utérus ? Et, est-ce que le cancer iléo-cœcal ne peut pas coïncider avec des pertes hémorrhagiques ou autres, occa-

sionnées, par exemple, par une métrite,

(1) Observation 2,

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