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OBSERVATION V (Civiale !)
Le nommé P., âgé de quarante-auatre ans, et d'une forte constitution, entra en 1834, à l'hôpital-Necker, pour y subir la lithotritie. Ce malade souffrait depuis longtemps de la pierre, mais les douleurs avaient d'abord été légères et séparées par de longs intervalles ; il avait fallu qu'elles prissent beaucoup d'intensité pour vaincre l’aversion que lui inspirait toute espèce d'opération chirurgicale. Au moment de son admission, la santé générale était encore bonne, quoique les besoins d’uriner fussent très rapprochés, que la sortie de l'urine causàt de fortes douleurs, el que ce liquide fût très chargé de mucosités.
Le cathétérisme fit connaître que la vessie contenait une grosse pierre, qui paraissait néanmoins s'engager en partie dans le col, ce qui indiquait qu'elle avait une forme allongée et qu'elle offrait une extrémité peu volumineuse, ou que le col de la vessie était fort dilaté.
Je fus frappé de la saillie que le corps de l'organe faisait à la région hypogastrique. C'était une tumeur arrondie, soulevant les téguments, que l’on distinguait nettement par le toucher, et faisant penser ou que le calcul avait beaucoup de volume, ou que la paroi vésicale possédait une grande épaisseur.
Du reste, 1l n'y avait rien de particulier ni dans le caractère des douleurs, n1 dans l’état général du sujet, ni dans les qualités de l'urine, Le volume présumé de la pierre et le racornissement
de la vessie me faisaient seulement craindre que la lithotritie
! Civiale, Trailé des maladies des organes génilo-urinaires 184N, lome IIT, p, 88.
LUS ces fût impraticable, D'autant plus que, l'urètre étant étroit, il n'y avait pas moyen d'employer de gros instruments.
Toutefois, je parvins à saisir et à fixer le corps étranger : mais le malade souffrit beaucoup : il survint un engorgement du testicule,
Je crus donc ne devoir point insister sur l'application de la nouvelle méthode, dont le succès était au moins douteux.
La cystotomie fut proposée quelque temps après et accueillie par le malade. Mon confrère, M. Laugier, la pratique par le procédé bilatéral.
L'extraction de la pierre ne présenta rien de particulier, à l'exception d'un écoulement de sang, qu'on arrêla par les astringents et une compression légère. L'opération fut aussi simple et aussi prompte que possible.
Pendant les premiers jours, il ne survint pas d'accidents, mais on remarqua qu'il ne se faisait aucun travail du côté de la plaie el que la réaction était nulle. Le malade mourut le 9€ jour.
A l'autopsie, on découvrit deux calculs et quelques petits abcès dans les reins. La paroi postérieure de la vessie était envahie par une énorme lumeur carcinomateuse, ramollie au centre, où se trouvait une caverne qu'on eût pu prendre pour la vessie elle-même, dont Ja cavité réelle était située au-devant et audessus de la masse cancéreuse. C'était cette cavité vésicale, presque entièrement occupée par la pierre, qui faisait: tumeur à l'hypogastre : elle était soulevée et rendue sullante par la masse
cancéreuse de la paroi postérieure.
OBSERVATION VI (Civiale {).
Un homme, âgé de soixante-cinq ans, et fortement constitué, souffrait depuis longtemps de la pierre, dont l'existence n'avait cependant point été reconnue, malgré plusieurs explorations faites à ce sujet avec des sondes droites et des sondes courbes. On se contenta de prescrire des moyens propres à calmer l'irrilation de la vessie, mais dont l’usage prolongé n'amena aucun résultat.
Le malade prit le parti d'entrer à l'hôpital Necker le 10 décembre 1832.
Je m'assurai, par le cathétérisme, que la vessie contenait une grosse pierre, que, d'autre part, la prostate était fort volumineuse, enfin que la poche urinaire et l’urètre saignaient avec une grande facilité.
Ces premières notions ne me laissaient guère de doutes sur l'impossibilité d'appliquer la Hthotritie.
Un traitement médical, sous l'influence duquel lirritation déterminée par la présence des calculs se calme presque toujours, au moins pour un certain laps de temps, ayant été inutile, il fallut songer à faire choix d’un procédé opératoire,
Le malade se décida d'autant plus promptement à subir la cystotomie, que celle opération ne lui causait pas trop d'effroi, et qu'elle réunissait en effet des chances favorables.
Elle fut faite par l'hypogastre, mais présenta quelques difficultés; l'extraction de la pierre fut surtout longue, malgré la
dextérité du chirurgien qui la pratiquait,
! Civiale, tome IT, p. 95.
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La mort eut lieu le septième jour.
A l'autopsie, on trouva une énorme tumeur carcinomateuse occupant la face postérieure etle côté gauche de la vessie, et formant une saillie qu'on aurait pu sentir par l'hypogastre, si le malade eût eu moins d’embonpoint, et si l'on eût été conduit par le moindre indice à faire des recherches minutieuses de ce coté.
La partie de cette tumeur saillante dans la vessie, était ramollie et ulcérée, tandis que celle qui se trouvait confondue avec les
parois de l'organe avait une dureté considérable.
OBSERVATION VII (Civiale !),
Le 11 mars 1839, se présenta à la consultation de l'hôpital Necker un ancien militaire, D..., âgé de soixante-dix ans, qui, depuis plus d'une année, souffrait du côté de la vessie.
Les douleurs, toutefois, n'avaient pas de caractères constants. On employa d’abord divers calmants, puis on eut recours aux eaux de Vichy.
Les urines, jusque-là troubles, reprirent une couleur citrine; mais, malgré l'usage des eaux, continué pendant six mois, le malade fut si peu satisfait de sont état, qu'il prit le parti de se faire admettre à l'hôpital.
IL était faible, sans appétit ni sommeil, avec des besoins d’uriner fréquents, des douleurs vives pour y satisfaire, et du dévoiement. Je me bornai à calmer les douleurs de la vessie par un traitement médical approprié, ne me dissimulant pas qu'il y avait peu d'espoir à fonder sur une constitution si minée.
Plusieurs fois on introduisit la sonde pour savoir si la vessie se vidait bien, On n'obtünt qu'un léger soulagement qui ne se soutint même pas; le hoquetl survint etle malade mourut.
À l’autopsie, on trouva dans le rein gauche, trois vastes foyers purulents : l'uretère du même côté était dilaté et plein de pus: il présentait deux rétrécissements marqués : Fun à la partie moyenne et l’autre à l'orifice vésical,
Les parois de la vessie élaient hypertrophiées.
On rencontra dans ce viscère du pus et quelques graviers,
! Civiale, Maladies des organes yénilo-urinaires, livre IH, p: 96.
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A l'orifice interne de l'urètre et sur le trigone, du côté gauche, était une tumeur cancéreuse, peu saillante, mais évasée et à bord relevés, d'où s'écoulait un ichor extrêmement fétide.
Au côté droit du col vésical, on remarquait une autre petite tumeur arrondie et pédiculée. Le passage du fongus à l’état cancéreux était ici très prononcé; mais, pendant la vie, on n'avait aperçu aucun symptôme propre à faire soupçonner ni un fongus, ni un cancer.
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OBSERVATION VII (Civiale !).
En faisant des recherches anatomiques à l'hôpital Beaujon, nous avons trouvé en 1828, M. Costello et moi, un cas de cancer fort remarquable, qu'on n'avait pas soupçonné pendant la vie.
Dans la région de l’aine, du côté droit,existait une tumeur du volume des deux poings, formant saillie dans la cavité abdomie nale, et aussi dans la vessie, dont les parois étaient en partie envahies, ainsi que l'uretère.
On remarquait dans cette tumeur les divers degrés de la dégénérescence carcimonateuse, et sur quelques points le ramollissement était si avancé, qu'on sentait de la fluctuation; elle renfermait un liquide d'apparence crémeuse, bien qu'il fût impossible de découvrir les voies de communication entre la vessie et l'intérieur de la tumeur.
Celle-ci, du reste, avait déplacé la vessie, qui se trouvait visà-vis le trou sous-pubien gauche ; le col vésical et l’urètre, qui avaient été rejetés aussi du même côté, participaient, ainsi que le tissucellulaire voisin, à la lésion qui avait respecté le canal
intestinal,
! Civiale, Maladies des organes qénilo-urinaires, 1848,
livré IL, p.97.
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OBSERVATION IX (Duplay ‘).
Homme âgé de soixante-dix-neuf ans, qui suecombe à l’hospice des incurables, sans s'être Jamais plaint des voies urinaires.
L'autopsie a montré, outre des tubercules dans les poumons, une production fongueuse au bas-fond de la vessie, production formée par une foule de filaments très larges, très ténus et très ramifiés.
Ces filaments ont leur siège dans la membrane muqueuse. Ils renferment dans leur sein des cellules cancéreuses terminées par des prolongements caudiformes.
Les autres parties des voies urinaires étaient à l’état normal.
Duplay, Gazette médicale de Paris, 1849, p. 353.
OBSERVATION X (Flurint).
Malade entré à la maison municipale de santé au mois de décembre 1862, pour se faire traiter d'une cystite dont il faisait remonter le début à trois ou quatre mois. Il en souffrait peu, disait-il, mais il était atteint de rétention d'urine et se sondait lui-même.
A son arrivée à l'hôpital, il était déjà notablement affaibli et émacié ; 1l y est mort après un séjour de moins d'un mois.
A l’autopsie, on a constaté l'existence d’une tumeur occupant out le bas-fond de la vessie, mais plus développée à gauche qu'à droite, et intéressant aussi une portion de la région postérieure.
L'uretère gauche était très dilaté et rempli d'urine jusqu au niveau du rein, qui lui-même, était évidemment enflammé.
La tumeur, dans laquelle le microscope a démontré l'existence de cellules cancéreuses, s'était développée dans la paroi même de la vessie, de façon à obstruer l'orifice de l’uretère gauche. L'organe malade n'avait contracté aucune adhérence avec le rectum.
La prostate élait saine.
! Flurin, Bullelin de la Sociélé analomique, janvier 1863 Da
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OBSERVATION XI (F; A., Hüe!).
Jean E., soixante-treize ans, entre, le 12 mai 1880, au n° 26 de la salle Saint-Victor, dans le service de M. Gillette, à Bicêtre.
Depuis cinq mois, il s'est aperçu qu'il s’affaiblissait et maigrissait assez rapidement; depuis deux mois seulement, il à commencé à souffrir du côté du bassin : c'étaient des pesanteurs, puis des douleurs assez vives, contondantes, parfois même brûlantes, irradiant dans toute la région et provoquées par les émissions d'urine.
Cette douleur s'exaspérait à la fin de la miction et atteignait alors son maximum au méat urinaire. Jamais, avant son entrée dans notre salle, il n'avail eu d'hémaluries, jamais son linge n'élait tach5 de sang; lui-même l'assure et les renseignements pris à cet égard sont formels. Dans les derniers temps, les urines étaient parfois peu colorées ; d’autres fois, surtout le matin et le soir, elles étaient chargées et contenaient un peu de matière puriforme, blanchâtre. La constipation était habituelle et dificilement vaincue par les purgatifs et les lavements. L’appétit allait s'amoindrissant en même temps qu'apparaissait une soif continue et, à son entrée, le malade présente un aspect cachectique assez marqué, sans coloration spéciale de la peau, de teinte blafarde.
Rien dans les antécédents héréditaires, Une . hémorragie
assez légère, paraît-il, d'une durée d'un mois, vers l'âge de vingt
1 K, A. Hüe, interne des hôpitaux, Bullelin de la Soctélé
analomique, mai 1880, p. 393.