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ans. On ne sait s’il y eut des coliques néphrétiques. Pas de graves maladies antérieures.
Quelques jours avant l'entrée à l'infirmerie, l'écoulement de l'urine devint involontaire et presque continuel, A l'entrée, on constate une hyperesthésie générale; le malade est tres irritable et semble beaucoup souffrir de l'introduction de la sonde. Le cathétérisme s'opère facilement et donne issue à de l'urine sanglante contenant des flocons grumeleux, blanchâtres, analogues à ceux qui se déposaient depuis quelque temps en grande quantité au fond du vase. Le toucher rectal, par lequel on croyait arriver sur une grosse prostate, permet de sentir une masse dure, large, située assez haut et comprimant le rectum; on diagnostique : cystite fongueuse avec grosse prostate, et on pratique le lavage de la vessie un moyen d’une solution saturée d'acide borique.
Dans la journée, le «malade a quelques frissons, la bouche devient sèche et la température monte à 39°5. Bain; sulfate de quinine 60 centigrammes; capsules de térébenthine.
Ce premier cathétérisme ayant peu réussi, on s'abstient de le renouveler les jours suivants. L’urine, de plus en plus épaisse, visqueuse, et de moins en moins abondante, présente un dépôt puriforme et sanguinolent. L'odeur en est ammoniacale, trés forte, putride parfois, et rappelant celle de la macération anatomique. Les douleurs sont continues ou à peu près, l'appétit est presque nul, la langue sèche et le sommeil absent.
18 mal.
L'odeur de l'urine, qui s'écoule presque continuellement, devenant exagérée, on introduit lentement dans la vessie une petite sonde en gomme, eton pratique encore unlavage avec la solution saturée d'acide borique. Bien que le tout ait été fait avec de grandes précautions, l'injection revient mêlée de sang: Dans la journée, frisson et fièvre.
Trois jours avant la mort, le 19 mai, le malade, de plus en plus prostré, tombe dans un coma accompagné d'une respiration courte et pénible. En même temps, la peau est souvent couverte d'une sueur fétide, d'une coloration légèrement Jaunâtre, qu'elle n'avait pas jusque-là,
22 mai, — Je coma va croissant et le malade meurt à 10 heures du matin.
Autopsie dix-huit heures après la mort.
Abdomen : pas d'épanchement, pas d’adhérences.
Vessie : globuleuse, du volume des deux poings, comprime le rectum ; on aperçoit sous le péritoine, à sa face supérieure el postérieure, de petites masses arrondies, tranchant par leur coloration blanc jaunâtre sur la couleur plus foncée de la séreuse. On enlève facilement la vessie de l'excavation du bassin, et la verge ayant été fendue sur la face supérieure, on entre dans la cavité vésicale sans avoir rencontré de rétrécissement ; seule, la partie membraneuse de l’urètre présente un peu de rougeur, d'épaississement et de friabilité de la muqueuse.
La cavité vésicale, fort réduite comme capacité,occupe la partie antérieure et un peu supérieure d'une masse encéphaloïde, du volume des deux poings environ. Cette masse, très fongueuse, végétale, s'effrite avec facilité et offre, à la partie qui proémine ainsi dans la vessie, une coloration générale grisâtre, avec des îlots bruns ou rougeûtres.
Fendue suivant une direction antéro-postérieure, elle présente l'aspect macroscopique de l’encéphaloïde peu vasculaire, blanc rosé, avec des foyers ramollis. La muqueuse vésicale, au pourtour de la tumeur, est parsemée de petites masses cancéreuses isolées et de volume variable, Les uretères sont dilatés, le droit est encore facilement pressé et ne traverse que peu du tissu de la tumeur; le gauche vient s'ouvrir entre deux mamelons du néoplasme, simulant un col de l'uténus.
Son trajet à travers la masse est d'environ 7 centimètres, un peu tortueux et cloisonné par des brides,
Aussi cet uretère est-il plus dilatéque le droit, et le rein correspondant offre-t-il des lésions plus avancées que son congénère.
La prostate est atrophiée, facilement délimitée, bien qu'elle ne donne au toucher qu'une sensation peu nette; elle est tout à fait en dehors de la tumeur et ne saurait, par conséquent, être
incriminée comme point de départ.
sl
Rein droit : bassinet très dilaté, plein d'un liquide purulent. La muqueuse est grisâtre et épaissie. Nombreux petits kystes dans la substance corticale, réduite à une épaisseur d’à peu près 2 centimètres.
Rein gauche : très diminué de volume, portant à sa surface, un peu vers sa périphérie, deux assez gros kystes à contenu Jjaunâtre.
Ouvert, ilse montre réduit à une mince coque, d'où partent des cloisons irrégulières convergeant vers le hile.
Il en résulte la formation de cryptes profondes, au fond desquelles on trouve les fragments d’un calcul en forme de plaque convexe, stratifié, de couleur noirâtre.
La tumeur vésicale donne au raclage un suc blanchätre, grumeleux, qui, au microscope, se montre composé de cellules rondes à deux ou trois noyaux, de cellules fusiformes plus grandes,et de très grandes cellules polymorphes à plusieurs
prolongements.
OBSERVATION XII (Bruhl!).
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Le nommé Paul F.., âgé de cinquante-trois ans, tailleur de pierre, entre dans le service de M. Horteloup, le 8 février 1886.
Ce malade est exempt de toute tare héréditaire. Son père mort à l’âge de quatre-vingt-quatre ans. sa mère morte à cinquante-trois ans d'un érysipèle survenu à l’époque de la ménopause, avaient toujours Joui d'une excellente santé. Plusieurs frères et sœurs sont morts d’affections aiguës ou d'accidents. Très : robuste et très vigoureusement constitué, notre malade n’a jamais fait de maladie sérieuse. On ne trouve chez lui ni rhumatisme ni alcoolisme. Il y a plus de trente ans, il se rappelle avoir eu sur le gland un bouton, suivi quelques mois après d’un bubon dans l’aine gauche, bubon dont la cicatrice est à peine visible. Sur le gland on retrouve à la partie inférieure et droite une cicatrice arrondie et lisse, légèrement déprimée mais sans induration ;ses dimensions sont bien inférieures à celles d’une pièce de 5o centimes.
À la suite de cet accident, le malade n'a jamais présenté ni éruption sur la peau, ni plaque muqueuse. Il n'a pas perdu ses cheveux, il n’a pas souffert de céphalalgie ni de maux de gorge. En présence de tous ces signes négatifs, il nous est impossible d'affirmer que notre malade soit un syphilitique.
Il faut arriver au mois de septembre 1884 pour trouver les premiers signes fonctionnels, indices de l'affection qui a amené le malade à la maison de santé.
C'est à cette époque que le malade a éprouvé pour la première
! Brubl, interne des hôpitaux, Progrès médical, 18 septembre:1886, p.779, 2#série, t. IV; n° 38.
DE ect
fois des troubles de la miction; celle-ci devenait difficile et était plus fréquente que d'habitude, surtout la nuit.
En janvier 1885, une chute n'a eu aucun retentissemen fâcheux sur les troubles que le malade accusait.
Cependant ces symptômes s'aggravaient progressivement et s'accompagnaient de douleurs. Deux ou trois fois, le malade constata que son urine était légèrement teintée par du sang. Cette coloration était plus marquée vers le milieu de la miction. Le malade affirme n'avoir jamais uriné de sang pur ni au début ui à la fin de la miction. D'ailleurs cette hématurie passagère ne s'est jamais plus reproduite.
. Au mois de mai 1885, il se rend à la Pitié; Ïà on lui passe une sonde en caoutchouc; un léger écoulement sanguin. suit l'opération. Le même jour le malade prend un bain; en y entrant, il est saisi d’une douleur extrêmement vive dans la vessie.
Quelques jours après, 1l consulte M. Humbert à l'hôpital du Midi ; ne lui trouvant aucune lésion, ce chirurgien lui prescrit de la térébenthine et des bains. Cependant le malade n'éprouvant aucune amélioration se décide à entrer une première fois dans le service de M. Horteloup, suppléé par M. Reynier. Celuici lui prescrit des douches et des bains sulfureux, des lavages boriqués de la vessie et de la térébenthine.
A partir deson entrée à la maison Dubois,le malade voit son état notablement s'aggraver : les envies d'uriner, fréquentes, impérieuses, s’accompagnaient d'épreintes très douloureuses. Malgré des efforts pénibles, le malade ne parvenait à excréter que quelques gouttes d'urine à chaque tentative de miction. En se rendant de chez lui à la maison Dubois, il a été obligé de faire arrêter la voiture au moins huit fois.
En arrivant, on le sonde et on retire environ 1 litre et demi d'urine. C’est la première rétention d’urine que le malade avait eue. Grâce à un cathétérisme régulier, grâce au traitement de M. Reynier, le malade quitte l'hôpital au bout de dix-huit jours extrêmement soulagé, Il se sondait lui-même sans difficulté.
Au mois d'octobre, à la suite d’une course en voiture, une
notable aggravation survient. Le malade éprouve une douleur