‹ Contribution à l'étude du cancer latent de la vessieChapitre 16 sur 35 · SITES · texte numérisé non relu

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très vive et une pesanteur du côté de l'anus ; il a du ténesme vésical et rectal, en même temps que de la fièvre, de la céphalalgie, de l'inappétence. Il est probable qu'il y a eu une poussée congestive du côté de la prostate.

À peine remis, le malade consulte M. le professeur Guyon, qui ne trouve pas de calcul et lui prescrit des supposiloires calmants, du quinquina et un régime rafraîchissant.

Malgré tout ce que fait le malade, les envies d’uriner deviennent de plus en plus pressantes et fréquentes ; elles se succèdent coup sur coup, ne lui laissant aucun répit; il se décide de nouveau à rentrer dans le service de M. Horteloup.

Au moment de son entrée dans le service, on constate que l'état général est bon ; le malade n'a pas maigri; l'appétit est conservé. Les urines ne renferment ni albumine ni sucre; par le repos on constate un très léger dépôt. Cependant, vers la fin de la miction, les dernières gouttes sortent mélangées à du pus. Le malade nous montre aussi quelques petits graviers qu'il rend de temps en temps.

Le traitement consista dans le cathétérisme régulièrement répété par le malade, en lavages boriqués de la vessie, capsules de térébenthine et benzoate de soude,

L'exploration de la vessie fut pratiquée avec la sonde coudée de Mercier. Voici ce qu’elle permettait de constater :

Lorsqu'on introduisait l'explorateur, on avait très nettement, au moment où on entrait dans la vessie la sensation d'un frottement ; une fois dans la vessie, on ne trouvait plus rien, mais en retirant la sonde et en relevant le pavillon, la main retrouvait cette sensation de frottement ,qui permit à M. Horteloup de penser à un gravier,situé soit à l'extrémité postérieure de la prostate, au niveau du col de la vessie, soit derrière le col de la vessie, contre lequel il serait accolé. L'examen rectal avec le doigt ne permet pas de sentir le moindre changement dans l'épaisseur de la vessie pouvant faire supposer la présence d'une tumeur ou d'un corps étranger.

Le malade souffrant cruellement d’envies incessantes d'uriner,

de ténesme vésicalinsupportable.est chloroformé le 27 février 1886.

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M. Horteloup introduisit d'abord dans l'urètre un cathéter cannelé, puis pratique une incision médiane sur le raphé périnéal, longue de 5 centimètres, touchant presque à la marge de l'anus, Les tissus sont incisés couche par couche jusqu'au cathéter; puis une boutonnière est faite au canal de lurètre, par laquelle est introduit le dilatateur de Dolbeau.

L'instrument, après avoir dilaté le col de la vessie, ramène quelques fragments de graviers.

L'introduction du doigt permet de reconnaître derrière le col de la vessie une surface recouverte d’incrustations ; le doigt retiré est remplacé par une tenette de petit volume. Faisant tourner la tenette pour diriger les cuillers versla partieinférieure, M. Horteloup saisit entre les mors une masse ayant environ 5 centimêtres; mais, en faisant un mouvement de torsion de maniere à remplacer la concavité de la tenette en haut, la partie saisie s'échappe et la tenette est ramenée remplie de graviers.

Une nouvelle introduction ne fait plus retrouver la masse saisie etil est impossible de rien rencontrer dans la vessie. Ne disposant pas d’autres pinces pouvant servirutilement à de nouvelles recherches, M. Horteloup fait avec la sonde à double courant plusieurs lavages de la vessie, qui permettent de faire sortir quelques graviers en poussière, Le malade est reporté dans son lit, après un pansement fail avee de la gaze 1odoformée.

Au réveil, le malade continue à beaucoup souffrir. Vers 1 heure de l'après-midi, une légère hémorragie en nappe se déclare; on en a facilement raison par l'application de compresses glacées Cependant, durant tout l'après-midi, les douleurs deviennent de plus en plus intenses, et, au dire du malade, on peut les comparer à des douleurs expultrices. Le malade crie, se débat; il est couvert de sueur; l'effort qu'il fait amène un prolapsus de la muqueuse rectale. Effectivement, vers 5 heures, le malade accouche par sa plaie périnéale d’une tumeur ayant environ 5 centimètres de long, sur 2 de large et 2 d'épaisseur, de forme ovoïde et présentant le volume d'un gros œuf de

pigeon.

À partir de ce moment, le malade éprouve un grand bien-être, un soulagement énorme, Le soir, le thermomètre dans l'aisselle ne marque que 37,5.

Depuis l’opération jusqu'au soir, il n'avait pu uriner; mais à la suite de l'expulsion de sa tumeur, une grande quantité d'urine s’est écoulée par la plaie. Depuis, il à uriné à la fois par son canal et par sa plaie.

L'examen de la tumeur, dont venait d'accoucher ce malade, permettait de se rendre très nettement compte de ce qui s'était passé.

La tumeur avait une forme aplatie, et présentait une implantation de 1 centimètre à la face postérieure de la prostate. Si on veut se rappeler la disposition donnée aux tenettes, on comprendra que, saisissant latéralement cette tumeur, elle a pu être maintenue assez solidement pour subir un mouvement de torsion; mais une fois le pédicule détaché, la tumeur a basculé entre les cuillers de la tenette et, lorsque M. Horteloup a cherché à la reprendre, il lui a été impossible de saisir cette tumeur plate entre des cuillers qui ne pouvaient pas se toucher.’

Le lendemain de l'opération, l'état général est excellent; l'état local n’est pas moins satisfaisant. La température est à 37,2. Déjà le malade urine davantage par son canal que par sa plaie. Le mieux s'accentue notablement.

> mars. — C'est-à-dire le quatrième jour à partir de l'opération, le malade éprouve déjà la sensation du besoin d'uriner,

6 mars, — La miction est de nouveau soumise à la volonté. Le jet est régulier et volumineux. Le malade pisse uniquement par son canal.

12 mars, — La plaie périnéale est presque cicatrisée. Le malade mange, boit, dort, urine sans douleur. Il quitte l’hôpital guéri, le 29 mars.

M. Horteloup a revu le malade à la fin du mois de juin : la guérison s’est maintenue parfaite.

La tumeur ainsi rendue, présentait sur la coupe, à l'œil nu, un aspect grisâtre, homogène; de consistance moyenne, elle était peu vasculaire; on constatait seulement quelques arborisations vasculaires près de son point d'implantation.

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L'examen histologique a été pratiqué par M. Rémy, agrégé de la Faculté. Voici la lettre qu'il a adressée à M. Horteloup à ce sujet : « J'ai quelques doutes sur la nature de la tumeur, mais je crois qu'il s’agit d’un cancer. Ce qui est la cause de mon doute, c'est que les cellules épithéliales des alvéoles cancéreuses

ont presque toutes disparu, »

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OBSERVATION XII (Nicolich{, Résumée).

Homme de soixante ans, ayant depuis quelque temps des troubles de l'urine, que le toucher rectal fait attribuer à une hypertrophie de la prostate avec cystite consécutive, Le traitement ordinaire de la cystite est constitué et reste sans effet au bout d'un mois.

Après avoir fait une boutonnière périnéale par la méthode de Thompson, l’auteur place un tube à drainage qui fonctionne mal; il se décide alors à la cystotomie sus-pubienne, pour placer un tube à drainage hypogastrique. Le tube fonctionne bien pendant les quatre jours que survécut le malade à la dernière opération,

A l’autopsie, on trouve une infiltration cancéreuse diffuse de toute la vessie, avec noyaux dans les poumons.

Rien dans les reins.

® Nicolich, Rivista di scienze mediche, 1889 (Annales des maladies des organes génilo-urinaires, 1890, p. 241).

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