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OBSERVATION XVII (Adenot) {.
T... Aristide, âgé de soixante-six ans, né à Saint-Léger-sur- Beuveray, demeurant à Miribel (Rhône), entre le 25 décembre 1894 à l'Hôtel-Dieu, salle Saint--Joseph, n° 18.
J'étais alors chargé du service en remplacement de M. le professeur Pollosson. Le malade ne donne aucun renseignement sur des blennorragies antérieures. Il ne répond pas et son état d'obnubilation s'oppose à un interrogatoire utile. Depuis trois ou quatre mois surtout 1l éprouve des difficultés pour uriner.
Le jet d'urine diminuait aussi de force en même temps que les mictions devenaient de plus en plus fréquentes, indiquant une infection vésicale croissante.
Pas d'hématuries antérieures. Bien que le malade ne puisse donner de détails précis, il paraît certain quil n'a pas connaissance d'avoir eu une hématurie un peu abondante. Depuis quelque temps les urines sont purulentes, il s'en est aperçu lui-même.
Il y a huit jours il fut pris d’une rétention complète et se fit alors cathétériser par un médecin qui eut les plus grandes difficultés à passer. Je n'obtins aucun renseignement sur le genre de sonde employée. Etat général mauvais, langue sèche, rôtie. (La feuille de température a été égarée.)
Le toucher rectal est négatif. Malgré l’âge du malade, je ne constate qu'une prostate légèrement grosse, mais pas d'une façon
très anormale.
1 Adenot, Annales des maladies des organes génilo-urinaires. Ann. 1899, p. 621.
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Le cathétérisme est très difficile. Il existe dans la région membraneuse un rétrécissement qui paraît très serré, mais qui ne semble pas absolument infranchissable.
Je parviens à passer à grand'peine une sonde filiforme en gomme.
IL s'écoule quelques gouttes d'urine très troubles. Pensant pouvoir introduire immédiatement une sonde un peu moins fine, de manière à faciliter l'évacuation de l'urine, je retire la sonde précédente, mais il m'est impossible de repasser une autre sonde, même la précédente.
Le malade, très fatigué, excité, se prête mal à des tentatives douloureuses et qui ne semblent pas devoir être facilement couronnées de succes. Je pense pratiquer une cyslostomie suspubienne, mais le malade se refuse à une intervention de ce genre.
La surdistension de la vessie; l’état des urines, révélé par les quelques gouttes obtenues par le premier cathétérisme, les phénomènes d'infection très grave que présentait ce malade me déterminent néanmoins à pratiquer une ponction hypogastrique, en ayant soin d'employer pour cela une aiguille très fine de l'aspirateur Potain. Les urines retirées sont très troubles.
>7 décembre, — Le lendemain, l'interne de service ayant échoué aussi dans la journée précédente à cathétériser le malade, ce dernier se décide à se laisser opérer, et je pratique séance tenante la cystostomie sus-pubienne.
Suture de la vessie à la peau ; l'orifice est bordé par les deux muscles droits de l'abdomen et, en raison de la pression exercée par ces muscles sur l’orifice, je place les tubes de Perrier, moins pour faire le drainage de la vessie que pour faciliter la béance de l'orifice.
L'exploration digitale du fond de la vessie n'attire mon attention sur aucune particularité. Pas de calculs. La prostate n'offre pas de saillie anormale. L’exploralion, que je fis alors soigneusement, parce qu'à l'entrée du malade, j'avais cru tout d'abord (avant tout cathétérisme) qu'il s'agissait d'un prostatique, ne me
procura donc aucun signe de tumeur vésicale.
>9 décembre. — Elat général satisfaisant. Les tubes fonctionnent bien. On tentera un nouveau cathétérisme lorsque la vessie sera reposée. La cystostomie a soulagé considérablement le malade.
Les urines ont meilleur aspect. Lavages boriqués abondants.
8 janvier 1895. — Etat général assez bon. Le malade mange. Bien que les urines soient encore troubles, l'amélioration est progressive. La plaie hypogastrique est en trés bon état.
Je pratique alors une urétrotomie interne, Le guide de Maisonneuve passe assez facilement. Le conducteur métallique passe de même ; mais éprouvant quelque peine à le faire pénétrer, J'attire la bougie de Maisonneuve par la boutonnière suspubienne et j'exerce ainsi une légère traction.
Section du rétrécissement à l’'urétrotome, sonde à demeure pendant vingt-quatre heures, Lavages abondants à l'acide borique, de haut en bas par la vessie, de l’urètre, et de bas en haut par le canal et la vessie. Ces lavages sont facilités par une sonde placée dans l’orifice sus-pubien et par celle introduite dans le canal.
Ce drainage bifatéral, interrompu pendant les irrigations, a l'avantage de permettre de véritables remous dans la vessie, et par conséquent de rendre les lavages plus efficaces. Les lavages terminés, les sondes sont supprimées. On pratique deux grands lavages par jour.
9 janvier. — Depuis vingt-quatre heures, l’état général est très bon. La fièvre a complètement disparu. La plaie abdominale se rétrécit peu à peu. Quelques points de suture ont lâché. Les bords de la plaie granulent activement.
25 janvier. — Le malade se lève, se promène, a repris un peu d'activité. Il mange bien. Les urines sont claires, mais il ne pisse pas par le canal de l’urètre, bien que la sonde de Nélaton, de fort calibre, passe très facilement.
Pour calibrer le canal, je passe à deux ou trois reprises une sonde de Nélaton, à demeure pendant vingt-quatre ou quarantehuit heures. Cette sonde est très bien supportée et ne cause aucune douleur à ce moment,