L = ET
Var.
mènes qu'il présentait du côté de son appareil urinaire, mais surtout étant donnée l'apparition de la masse dure dans la fosse iliaque droite, nous émimes l'hypothèse que l'on se trouvait en présence d'une tumeur du plancher vésical et de la prostate, ayant évolué sans donner lieu aux symptômes classiques de cette affection.
Supposant que le col était obstrué par des caillots, nous praüquâmes la taille hypogastrique. Celle-ci nous permit en effet .de voir que la cavité vésicale était remplie par d'énormes ceaillots. Nous pûmes également sentir une tumeur dure sur le plancher vésical; à droite, tumeur -en connexion presque directe avec la masse sentie dans la fosse iliaque,
C'est la première fois que le malade avait saigné de la vessie.
Il mourut deux jours après.
A l’autopsie, on trouva les lésions suivantes :
Dans la fosse iliaque droite, un peu au-dessus de la portion moyenne de l’arcade fémorale, se voit une masse dure, résistante au toucher, adhérente aux parties avoisinantes et affectant d'assez grandes dimensions.
Elle mesure en effet 8 centimètres environ dans sa portion la plus large, sur 9 à 10 centimètres de longueur, et a plus de 1 centimètre d'épaisseur.
Quant à l'aspect de la vessie, l'examen des planches ei-jointes le rendra plus compréhensible !,
La paroi postérieure de la vessie fait défaut, mais restent encore les faces latérales, et la face antérieure sur laquelle se voit l'orifice de la cystostomie,
Quant au plancher vésical, siège de la tumeur, il fait corps avec la prostate, d'où la présence d’une masse aux dimensions inusitées,
Perpendiculairement, on trouve une moyenne de 7 centimètres, bien que le lobe droit descende d’une manière plus marquée et en mesure près de 8.
! Nous tenons ici à remercier publiquement M. Verni, dont nous avons mis à contribution l'obligeance et l'habileté bien connues, pour la confection des planches relatives à eette observation,
Transversalement on note 8 centimètres, et enfin, d'avant en arrière, on trouve 7 centimètres.
Le canal de l’urètre, que l'on a essayé d'isoler, se perd au milieu de cette masse et, pour le rendre perceptible au niveau du trigone, on a dû y passer une petite sonde.
L'examen microscopique de la tumeur aélé pratiqué par M. le professeur agrégé Paviot, médecin des hôpitaux, et a donné les résultats suivants :
« Les coupes révélent une tumeur à grands alvéoles constitués par un tissu conjonctif peu dense. Ces alvéoles sont remplis pa des cellules qui, à un faible grossissement, sont toutes rondes e gardent en elles un noyau faiblement coloré. »
« A un fort grossissement ces cellules sont bien rondes, mais il est manifeste alors qu'elles ont un protoplasma abondant, granuleux et un peu jaunâtre, que leurs limites cellulaires, sans être tres apparentes, sont au moins visibles, que leurs noyaux sont vésiculeux, à chromatine peu dense. Au total, ces cellules, tout en étant rondes, sont nettement épithélioïdes, et, n'était la dimension des alvéoles, on est frappé de la ressemblance que la tumeur offre avec l’épithélioma testiculaire à petites cellules,
« Nulle part, au moins dans le fragment que l’on a soumis aux coupes microscopiques, il n’est possible de voir la transition entre les glandes de l'organe et la néoplasie ci-dessus décrite.
« [ne semble cependant pas qu'il y eût de doutes pour son origine épithéliale ; on peut du moins affirmer que ce n’est pas un cancer du tissu musculaire lisse de l'organe, car ces cellules rondes sont trop volumineuses, et de plus, dansles parties où les faisceaux musculaires lisses de la prostate sont envahis par la tumeur, on les voit disparaitre brusquement, fondre devant l'envahissement, et non pas présenter une persistance plus ou moins complète avec petites cellules sarcomateuses apparaissant çà et là. »
En somme, l’autopsie el l'examen histologique viennent corroborer le diagnostic fait par notre maître, M. Rochet. On s’est trouvé en présence d’un cancer épithélial glandulaire de la prostate, à petites cellules, qui a gagné le plancher vésical et a évolué en l'absence de tout symptôme propre.
EL yine
OBSERVATION XXII (inédite!)
X , âgé de soixante-quatre ans, est soigné depuis deux ans pour de la rétention incomplète d'urine mise sur le compte d'une hypertrophie prostatique. Et, en effet, par le toucher rectal on sent une prostate grosse et dure.
Des essais de sondage quotidiens régulièrement faits n'ayant amené aucune amélioration, de la cystite purulente étant même survenue avec vives douleurs, et le malade périclitant comme état général (fièvre, amaigrissement rapide, etc.), nous lui proposâmes la taille sus-pubienne pour évacuer largement la vessie,
L'opération fut suivie d'une détente marquée de la part de tous les phénomènes généraux et d'une grande amélioration.
On entretint la fistule hypogastrique ouverte, car au moindre essai de fermeture, le malade recommençait à souffrir.
Au bout de quatre mois, l’état général est parfait, Le malade a repris appétit, il engraisse et il peut être considéré comme guéri. |
Mais bientôt, quoique la vessie se vidât toujours bien par la fistule hypogastrique, des symptômes de cachexie progressive commencèrent à faire leur apparition.
Le malade avait des accès de fièvre assez répétés, du dégoût pour les aliments, son temt devenait jaune, terreux, etc.
Ces symptômes alléreni en s’accentuant, sans que rien pût les expliquer localement. La prostate était toujours grosse et très dure.
En même temps, le malade commençait à se plaindre d’une pelile grosseur survenue dans la fosse iliaque gauche. Cette tuméfaction était dure, profonde, douloureuse à la pression,
1 M. le Pr Rochet.
RO es
Nous pensâmes alors qu'il s'agissait, averti par notre cas précédent, de la généralisation d'une tumeur du plancher vésical et de la prostate.
Pour éclaircir la question et nous rendre compte de l’état intérieur de la vessie, le malade fut anesthésié. La fistule hypogastrique fut agrandie el nous pûmes introduire le doigt.
On sentit alors très nettement plusieurs noyaux durs, résis- Lants, disséminés sur la base de la vessie.
Le malade succomba quelque temps après cette intervention. La première opération datait de quatorze mois et lui avait procuré le plus grand bénéfice.
Voici donc une tumeur du plancher vésical, partie probablement d'une hypertrophie prostatique dégénérée en cancer, et qui n'avait donné lieu au début qu'à des symptômes de rétention.
Plus tard, quand la rétention eut élé mise hors de cause par la cystostomie, la tumeur se manifesta par de la cachexie progressive el, finalement, par un engorgement ganglionnaire périvésical. Notons que le malade n'avait jamais eu d'hématurie à
proprem ent parler.