‹ Contribution à l'étude du cancer primitif du médiastinChapitre 5 sur 8 · MARCHE, TERMINAISON, DURÉE · texte numérisé non relu

MARCHE, TERMINAISON, DURÉE

La maladie débute tantôt par la douleur rétro-sternale, tantôt par l’œdème, tantôt encore par les troubles nerveux, comme dans le cas observé par Rosbach, dans lequel l’aphonie fut le premier symptôme. Ce fait est néanmoins exceptionnel, car généralement les nerfs pneumogastriques et récurrents ne sont envahis qu’en dernier lieu. Pour M. Rendu, il y a dans l’évolution de la maladie deux étapes, l’une correspondant aux symptômes auxquels la compression des vaisseaux a donné naissance, l’autre caractérisée par ceux qui sont dus à la compression des nerfs. Cette deuxième période est annoncée par l’apparition des accès, accès tout à fait comparables aux attaques d’asystolie des cardiaques ou même à celles de l’angine de poitrine avec tendance syncopale, vertiges et quelquefois troubles de la sensibilité. Bientôt les symptômes de la première période s’accentuent davantage, la face s’injecte déplus en plus, les extrémités sont froides, les accès de suffocation sont plus fréquents et occasionnés par le moindre exercice. A ce moment si la tumeur a une tendance à faire saillie au dehors,

les symptômes paraissent s’amender comme nous l’avons déjà dit ; mais ils reprennent bientôt avec une intensité croissante et le malade meurt subitement ou bien dans un accès de suffocation.

La mort subite a lieu dans une syncope et la cause doit en être attribuée à un arrêt du cœur en diastole, comme cela arrive après la section du pneumogastrique, ou bien encore aux complications dont nous avons parlé, péricardite et hydrothorax, qui ne comptent que trop souvent la mort subite parmi leurs modes de terminaison.

La mort par suffocation a tous les caractères d’une véritable asphyxie et survient pendant un de ces accès dont nous avons parlé. Les* phénomènes , au lieu de s’amender au bout d’un certain temps comme dans les accès précédents, vont en s’aggravant, la respiration devient stertoreuse, la cyanose augmente, les extrémités deviennent froides, le cœur est tumultueux, la face se recouvre d’une sueur froide, puis apparaissent des convulsions et des contractures et le cœur cesse bientôt de battre.

La durée de la maladie, à partir du moment où le malade en a ressenti les premières atteintes, est relativement courte. Le cancer du médiastin évolue plus rapidement que celui des autres organes. Dans l’observation que nous avons empruntée au Bulletin de la Société anatomique, 3 mois environ se sont écoulés depuis l’apparition des premiers accidents jusqu’à la mort. Dans notre observation, cette durée a été de 4 mois environ ; il est bien rare qu’elle dépasse 6 mois.

Page 1