‹ Contribution à l'étude du cancer primitif du médiastinChapitre 7 sur 8 · PRONOSTIC ET TRAITEMENT · texte numérisé non relu

PRONOSTIC ET TRAITEMENT

Est-il nécessaire d’ajouter que le cancer du médiastin une fois reconnu, le Pronostic est fatal et que la rapidité de l’é—

volution est intimement liée à l’importance des complications et à la gravité des symptômes?

De toutes les manifestations de cette terrible diathèse, l’affection que nous avons essayé de décrire est peut-être celle devant laquelle le médecin se sent le plus désarmé. Combattre les complications qui donnent à la maladie une marche plus rapide, soulager les malades en calmant la douleur, tel est le rôle auquel nous devrons nous borner.

Les émissions sanguines et la digitale, peuvent pendant quelque temps amoindrir la dyspnée , mais ce ne sont que des palliatifs dont l’action est bien vite épuisée. Les arsénicaux et l’iodure de potassium, ne peuvent avoir d’efficacité que dans le cas d’une erreur de diagnostic. C’est surtout à la belladone et aux préparations opiacées qu’on devra demander un apaisement pour les souffrances qu’endure le malade.

Quant au traitement chirurgical, nous croyons avec Nélaton que l’impossibilité absolue de reconnaître par avance toute l’étendue du mal, de préciser ses rapports avec les vaisseaux devra toujours arrêter un chirurgien prudent. Et cependant, en 1818, Richerand tenta une opération, semblable et le succès couronna son audace. Assisté de Dupuytren, il pratiqua la résection de deux côtes cancéreuses et d’une partie de la plèvre dégénérée ; il n’y eut, dit Vidal (de Cassis), ni hémorrhagie, ni écoulement de sang, mais l’air extérieur s’engouffra dans le côté gauche du thorax repoussant le poumon de ce côté, tandis que le cœur, seulement enveloppé de son péricarde, venait battre à l’ouverture de la poitrine. Les suites de cette opération furent aussi heureuses qu’on pouvait l’espérer : le péricarde et le poumon contractèrent des adhérences avec le pourtour de l’ouverture et la cicatrisation se fit régulièrement.

Malgré l’enthousiasme que souleva cette opération que

Percy, dans son rapport à l’Académie des Sciences, regarda comme une des grandes conquêtes delà chirurgie française, nul ne s’est senti depuis lors, le courage d’imiter une pareille témérité. D’ailleurs les difficultés deviendraient encore plus grandes pour une tumeur ayant des rapports intimes avec des organes aussi importants que ceux du médiastin. Nous croyons donc que cette tentative restera toujours isolée.

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