Byron-Bramwell, British medical Journal, 30 octobre
A. PIC et J. BRET. — CANCER SECONDAIRE DU CŒUR 1025
des observations ne nous renseignant que sur le nombre brut des cancers secondaires, mais non sur leur place dans la classification nosologique des tumeurs. Dans le plus grand nombre des cas cités par Ely, par MM. Potain et Rendu, l’examen histologique est donné avec des détails trop insuffisants pour qu’il soit permis de conclure au sujet de l’espèce cellulaire du néoplasme considéré. — La plupart des auteurs attribuent à la morphologie du stroma une importance qu’elle n’a pas, discutent sur la question de savoir si, dans leur cas particulier, il s’agissait d’un cancer encéphaloïde, d’un squirrhe, d’un épithéliome ou d’un cancer mélanique ; c’est dans cet ordre de fréquence que se rangeraient les diverses tumeurs secondaires observées dans le cœur.
Barthélemy 1 et Salvatore Gacciola 2 sont les premiers à faire remarquer que, dans les cas qu'ils ont observés , l’épithéliome secondaire était de la même variété que l’épithéliomc primitif.
Barthélemy, à la suite d’un cancer primitif du pylore, trouve des noyaux secondaires du foie et du cœur, tous de nature épithéliale, à cellules cylindriques; Gacciola, à la suite d’un cancer primitif du rectum, trouve un épithéliome cylindrique du cœur, avec stroma alvéolaire ; — du même, existe une observation de cancer primitif du sein; les noyaux secondaires, « tant du cerveau que du myocarde ou de la peau, sont la reproduction métastatique de l’épithéliome primitif du sein ». Girode, dans les Bulletins de la Société anatomique (1885), relate un cas d’épithéliome de la paroi du cœur, secondaire à un cancroïde du pénis. La tumeur primitive et la tumeur secondaire présentaient toutes deux la structure de l’épithéliome pavimenteux lobulé, avec globes épidermiques.
De ces observations, nous voulons rapprocher trois cas de cancer du cœur; des deux premiers, nous n’avons observé que les pièces histologiques; la troisième observation, de beaucoup la plus probante, nous appartient aussi bien par l’histoire clinique que par l’étude anatomique.
C’est dans la clinique de notre maître M. le professeur Bondet, à l’Hôtel-Dieu, où l’un de nous (A. Pic) était chargé des fonctions de chef de clinique, et l’autre (J. Bret) était interne, qu’a été recueillie la troisième observation ; nous prions M. Bondet d’agréer nos remerciements pour avoir bien voulu nous autoriser à la publier.
Nos maîtres, M. le professeur Raymond Tripier et M. Bard,